Une excellente nouvelle de science fiction, qui prend le temps nécessaire pour installer une douce ambiance de mélancolie, ce genre d’ambiance qui attire et retient l’attention du lecteur, jusqu’à la fin.
Comme pour ton précédent récit, tu nous emmènes avec facilité dans l’univers peint avec précision, de touches de couleurs disparates, dans une succession d’images toutes plus réalistes les unes que les autres, comme si nous devenions nous-même Victoria, dont le personnage, bien que finalement peu décrit, nous apparaît de plus en plus attachant.
En effet, ses traits de caractère, parce qu’ils sont très humains (les espoirs parfois déçus, l’étrange fascination que nous éprouvons tous, ou avons éprouvé, à contempler la vie sous toutes ses formes), la rapproche peu à peu du lecteur, et, dans cette atmosphère qui lentement s’appesantit, augurant d’une fin teintée de douceur par l’introduction de cette enfant innocente, joueuse (qui est, malgré le fait qu’elle demeure, par la force des choses, muette, une très jolie héroïne), nous nous surprenons à rêver, et à espérer que les illustrations que tu esquisses avec beaucoup de subtilité ne se ternissent pas. Le contraste entre cette existence idyllique, au travers de cet écran figé, une fenêtre sur un autre univers, une porte de communication unilatérale, mais qui ne filtre pas les émotions, et la vie de Victoria, ce monde réel qui demeure en retrait, est souligné de façon délicate, tu n’alourdis pas ton récit avec de fallacieuses comparaisons, et il se crée une sorte d’alchimie entre le lecteur et les mots de ton histoire.
Puis, la fin arrive, brusque et pourtant pressentie, tout comme dans ton autre nouvelle, la dernière page vibre encore entre nos mains (amateur de fin sous forme de questions, ou d’univers qui bascule)…
Encore merci pour cette autre nouvelle, dont la fin paraissait non pas plus évidente car l'autre était explicite, mais logique, prévisible. Néanmoins, je ne te le reproche pas, c'est toujours la même ambiance un peu paisible, tranquille, qui avance sans s'embrouiller ni accumuler les détails farfelus et inutiles. Une fin qui laisse sur sa faim, j'aime ça moi.
L'idée de cet écran géant par lequel les personnes peuvent voir des paysages lointains apparaissait déjà, il me semble, dans le roman Farenheit 451 de Ray Bradbury. L'auteur en faisait un outil dont les humains se servaient pour se sentir mieux. Ils s'affalaient devant ces images, s'empêchant ainsi de réfléchir. J'ai l'impression qu'il en est de même pour Victoria dans cette nouvelle. Et la prise de conscience est brutale, lorque les images visant à la rassurer se transforment en une vision d'horreur. Pour cette scène, je ne peux que te feliciter. C'est très bien rendu.
En fait, si cette référence à Bradbury t'as paru une critique plutôt négative, je t'assures qu'il n'en est rien. J'ai vraiment bien accroché cette nouvelle. Seul petit bémol peut-être, ces relations que Victoria enchaine, et dont on ne sait rien. Si l'on suit ma théorie initiale, je suppose que c'est plutôt de son fait, car elle s'est laissée happée par la vie derrière son écran, mais cela transparait très peu en fait. Sinon, le reste est impeccable.
Voilà un très beau texte, comme souvent^^ J'ai pris la journée pour y réfléchir.
Ca démarre d'une façon assez banale, sur un concept simple et au fur et à mesure que j'avance dans l'histoire, le tableau évolue et je m'attend à un revirement.
J'ai l'impression que la vie de Victoria passe au second plan et qu'elle passe énormément de temps à admirer ce paysage.
La fin est terrible.
A plus d'un titre, en fait.
D'abord, l'enfant est tué par des barbares et ça, c'est quand même dur quand on a passé des mois, voire des années à rêver devant un écran en ne désirant qu'une chose: aller là-bas.
Et ensuite, j'ai une impression de mal être terrible en lisant la derière phrase.
Voilà ce que je comprends.
Elle tombe comme un couperet, la phrase... non, la sentence.
Comme si la tragédie qui s'était jouée devant elle ne revêtait qu'une importance toute relative devant ses certitudes bien établies de petite terrienne. C'est horrible comment j'ai l'impression de pas être claire du tout ^^'
Si ton but était de déranger, c'est réussi.
Pour moi, la question, c'aurait été: "pourquoi est-il mort?" "Pourquoi ces enf***** ont-ils fait ça?"
Pourtant, Victoria est effrayée par le gamin!!! en tout cas par sa nature. Les hommes en armes n'ont fait que montrer la vérité, finalement...
J'aime cette façon que tu as de nous mettre face à nous-même. Voir qu'on se pose des questions en restant à côté de la plaque.
On regarde de haut les gens différents, on les méprise, on s'amuse d'eux et même si on refuse de se l'avouer, ils nous font peur. Alors, on ferme les yeux face à leur détresse et on cherche à justiifier la barbarie qui les accable.
"Ils n'étaient pas comme nous" pourrais-je entendre au loin. *Un frisson parcourt l'échine de Leonteen.*
J'entends ton cri, pour peu que je le comprenne...