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Etonnement, parce qu’en général j’aime les longs poèmes langoureux, ton écrit m’a semblé, malgré sa courte durée, très complet ; car il regorge de petits détails qui créent peu à peu, à l’instar de ces mirages, de ces illusions provoquées par l’afflux de chaleur, ou les prémisses du rêve, une trame précise sur laquelle tu apposes tes images.
Les phrases sont longues, elles s’étendent, comme les dunes d’un désert où les âmes sombrent, et pourtant, la ponctuation les découpe, en change lentement le rythme, devenant plus court d’instant en instant, provoquant une sensation d’essoufflement et de dureté à la lecture du poème ; je pense notamment aux premiers vers de chacune de tes strophes « soleil écrasant, étouffant, dans un ciel sans orage » et « Mirages insolites, oasis introuvables ». Le décor se met en place avec une grande aisance, et la beauté ressort plus vivace encore de ce carcan sévère que tu dresses autour de tes mots.
Ma seule petite critique concerne l’utilisation du terme « courageux » (je rejoins Sylph sur ce bémol), ou l’utilisation pêle mêle, un brin catalogue, des races qui affrontent « cet enfer » comme tu l’appelles, qui n’étaient peut être pas indispensables, dans la mesure où tu crées déjà un élément de fantasy pure en traitant de cette ombre (d’ailleurs jolie formulation au passage « l’ombre seule survivante qui, nuit et jour, erre »). Ce maître d’une fournaise où plus rien ne vit, et qui se nourrit des dernières traces de pénombre, dans cet endroit où chaleur et lumière, à l’inverse de ce qui est communément admis, déchirent et font ployer les hommes
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