|
Une jolie petite histoire, que ce combat, étrange, tissé d'amertume et de souffrance, d'une princesse enfantine murée dans un silence qui l'enserre, et d'un page trop zélé, aveuglé par la richesse, l'opulence d'un royaume, et le charme de la jeune fille, se laisse malgré lui entraîner vers la chute finale, que l'on pressent assez rapidement.
Le début de ton conte assimile de prime abord la tristesse, comme trame de fond, en une série de descriptions qui s'attachent avec une certaine tendresse, non pas au monde que tu décris, mais à ton héroïne ; bien vite cependant le rythme s'accélère, la vengeance se met en place…la cruauté sans appel, cette cruauté sans remords aucun, qui naît d'un rejet, d'un sentiment d'abandon, est bien amorcé avec la relation intéressante qui se noue entre tes deux personnages, cette enfant hautaine, méprisante, et froide, que l'on sent pourtant bouillonner d'une envie de vivre, et cet humain trop confiant, naïf et complice d'une action que la jeunesse de ta princesse rend d'autant plus terrible.
La fin, cette rédemption par l'éducation, cet apprentissage des caractères et cette découverte de la noirceur des âmes, achève l'histoire sur un fond de douceur, fermant quelque peu la parenthèse de violence que tu as entrouverte, par cet amour que rien ne peut effacer, cette compréhension implicite de deux êtres qui n'auraient jamais dû se rencontrer, et moins encore se parler…de là à dire que la parole est un vecteur universel, et que l'écrit n'en est que le transcris, le plus fidèle possible, lorsque le mutisme s'installe.
La princesse peut parler, mais par une ironie du sort, c'est le jeune page qui est condamné à se taire, et à lire, à tracer des lignes sur le papier, il se retrouve dans la situation exacte de celle qu'il a jadis, sans vraiment le vouloir, épaulée…
Quelques petites critiques toutefois viennent contrebalancer les bonnes impressions que j'ai ressenties à la lecture de ton écrit, sans réussir à les éteindre : l'univers est trop hâtivement tracé à mon sens, il aurait mérité d'être plus approfondi (le système monarchique, le royaume dont tu esquisses les contours et qui me semblait intéressant à développer, ce d'autant plus que tu dessines quelques descriptions qui ne manquent pas de charme (notamment celle des cuisines)). L'intrigue se dénoue elle aussi trop rapidement, la fin est abrupte, rompant avec ce récit que tu étirais le long de l'étude de tes personnages, et il existe encore quelques maladresses dans le style narratif (que je ne relève pas ici, le but n'étant tout de même pas de faire – prétentieusement, qui plus est- un catalogue des petites fautes ou des ruptures du récit)
Par exemple, cette façon elliptique de traiter des trois rencontres, apparait précipitée, j'aurais vraiment aimé que tu nous en apprennes plus sur l'état d'esprit de Nokika, ou du héros, ça laisse un peu sur sa faim ;)
Edité par Thaïs Erin le 04/03/2007 à 19h04
|