C’était un temps de crise
Les Maîtres des Arcanes,
Dans une vallée grise,
Chantaient autour d’un feu.
Les humains et les orques
Belliqueux et stupides,
Avaient encore une fois,
Pris les armes insipides.
Les hommes avaient la fille
Cette orque au teint si pâle
Les autres avaient l’humain
Mâle au regard de l’aube.
Ils avaient pris les armes
Depuis déjà deux ans
Quand de tout ce vacarme,
Où se croisaient les sangs,
Un message aux Arcanes
Sous la forme d’un lys
Vint à tomber matin
Au jardin des délices.
Ils ont appelé le vent
Dans la langue d’antan
Là où la vallée grise
Flotte entre tous les temps.
Les Maîtres des Arcanes
Ne comptent pas en seconde
Puisque de monde en monde
Ils refont le beau temps.
Le sang coulait à flot
La fille sanglotait
Les vies étaient tranchées
Et le mâle pleurait
Et dans la nuit d’étoiles
Jour après jour naissait
Un grand oiseau de voiles
Où se nouaient leurs baisers.
C’est ainsi que les Maîtres
Au jardin endormis
Virent de leur amour
Une larme couler.
Ils ont appelé le temps
Pour qu’il se mette en vrille
Ils ont appelé le Feu
Pour qu’il grille la haine
Ils ont appelé la Terre
Pour que d’elle renaisse
Avec le vent complice
Une terre promesse.
La fille tendit la main
Par-delà les barreaux
Le garçon entendit
Fit un saut sans comprendre
Et leurs deux âmes alors
Aux douces espérances
Se trouvèrent emportées
Au-dessus des combats,
Et dans la plaine immense
Où l’on croisait les armes
On entendit un chant
À couper même les charmes.
Les Maîtres des Arcanes
Apparurent soudain
Pour marier les enfants
Les dieux avaient parlé
De leurs lèvres enlacées
En un chaste baiser
Les armes dans la poussière
Se trouvèrent à tomber.
La femelle et le mâle eurent une destinée
Mais c’est une autre histoire et sachez simplement
De leurs tendres baisers naquirent les filets
Où l’amour enlacé brise toute frontière.