Eclairée par la lune
Elle m'apparut dans la brume
Seule dans la nuit, dans sa robe d'onde
Belle comme les hommes sont immondes
Ses cheveux d'ébène caressaient ses seins,
Et tels les flots glissaient dans son dos
Ils encadraient son doux visage, pâle, beau
Trop pour être celui d'un humain
Je remarquai alors malgré ma fascination
Qu'elle avait, faute de jambe, une queue de poisson
Je restai stupéfait et surpris
Ne sachant plus où j'étais, trop ébahi
Soudain elle chanta, sa voix sublime portée par l'air et les flots
Je me crus dans un rêve et m'avançai vers le bord du bateau
Sa voix s'amplifia, résonnant dans la nuit et en moi
Alors je voulus la rejoindre, rendu fou par son éclat
Mais alors une force terrible me ramena en arrière
Et me plaqua, m'obligeant à rester à terre
Je me débattais, furieux, enragé
Ne voulant que retrouver la sirène de mes pensées
Puis la réalité s'imposa à moi, cruelle, immonde:
J'étais étendu sur le navire, entouré de monde
Foule grotesque et horrible, me fixant, m'épiant
Je me relevai et les écartai, voulant retrouver la belle et son chant
Mais je ne vis plus rien que l'océan infini.
Le soleil se leva, éclairant les flots et ma pitoyable vie.
Je me retournai et vis les hommes, laids, monstrueux
Horrifié, je me jetai dans l'océan secret et mystérieux.