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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Conte

     
 

Une lueur lumineuse s’avance au cœur de la bibliothèque cossue d’Yria. Elle semble enveloppée d’une aura luminescente et ses cheveux ont la couleur du feu. Ses yeux incandescents s’illuminent. Gracieuse et féline, Constantine déambule entre les rayons qui lui dévoilent la présence de grimoires ancestraux. L’odeur des pages flétries par les décennies lui chatouillent les narines avec malice, et les reliures ouvragées semblent se dresser devant elles comme pour lui montrer leurs majestueuses couleurs. La jeune Faery avide d’aventures et de curiosité cherche quelque chose, mais quoi…

« Il me faut trouver un livre, plein d’aventures, de soif de vivre… Je cherche un héros à poursuivre, je cherche une voie qu’il me faut suivre… »

A mesure que l’être de lumière s’avance au cœur de la bibliothèque, les douces lumières issues des candélabres s’amenuisent… Les ténèbres grandissantes s’installent et accueillent progressivement son nouveau visiteur. Peu à peu, seule sa propre lueur lui permet de déceler les étagères infinies qui s’étendent devant elle.

« Etrange, pensa-t-elle, il me semble que les formes familières se métamorphosent. Quel est donc cet endroit mystérieux ? »

Intriguée, la jeune Faery poursuit son chemin au cœur du dédale de la bibliothèque. Attirée par l’inconnu et le mystère, elle paraît hypnotisée par l’étrange découverte, tandis que son aura luminescente joue avec la pénombre malicieuse.

Mais ce que la jeune Faery ne sait pas, c’est que Dame Ténèbres est bien vivante. Enveloppée dans un obscure suaire sans fin, elle accueille ses naïfs visiteurs, et se complait à leur faire peur… Farouche et sauvage, la créature pleine de rage, croyez-le bien, n’est pas très sage. L’ombre est la seule enveloppe qui constitue son corps sans chair. Pas d’émotions, ni de regret dans ce corps sans vie. Juste une ombre… Mais Dame Ténèbres est jalouse de la lumière qui vient troubler son humble repos. Certes, l’infâme créature, il faut bien le dire, est envieuse de sa mortelle ennemie. Car la clarté, mais oui ma chère, est celle qui vient la distraire. Elle brûle ses yeux, son âme, ses chairs, et lui lacère le suaire, par ses rayons luminescents. Emportée par la colère, Dame Ténèbres dit à Constantine : « La curiosité, ma jeune amie, est un bien vilain défaut ! Vous vous repentirez de vouloir ainsi troubler mon repos ! »

C’est alors que l’ombre amère attira vers elle l’innocente Faery. En peu de temps, je vous le dit, celle-ci en son sein s’éteignit. Des larmes sur ses joues noires coulèrent. Je vous dis « noires », parce que dans les ténèbres infernales, disparaissent les couleurs les plus chatoyantes. Finies les joues rosées de Constantine, finie la douce lueur enfantine, adieu lumière, adieu chimères ; ses yeux sont noirs, plein de colère pour Dame Ténèbres qui lui prit ses douces couleurs, son bel habit versicolore. Aveuglée dans la pénombre, la jeune Faery s’abandonne aux sanglots… Recroquevillée, jeune écorchée, elle pleure le monde de douceurs, les chatoyantes et belles couleurs qui désormais sont dans son cœur. Mais que va-t-il se passer ? Croyez-vous donc qu’elle va rester las, dans les ténèbres ? Quel jeune héros peut la sauver ? Patience, patience jeune lecteur, laissez-moi donc vous conter la suite…

La Faery à l’agonie pleure sans fin, quelle triste vie !

«  Je suis bien seule ici, et les ténèbres me font peur… Je vois des formes dans le noir, elles se délectent du désespoir… Elles m’ont tout pris, quelle infamie, toutes mes couleurs, mes douces amies… »

Quand soudain elle vit devant elle un vieux grimoire sis à ses pieds. Mais chose étrange, le vieil ouvrage paraissait la contempler. Il n’a pas d’yeux, mais elle le sait. « Qu’avez-vous donc jeune inconnue ? » La Faery écarquilla les yeux dans le noir ; maintenant qu’elle était nuit, elle pouvait voir…

-Vous êtes un livre… qui parle ?! demanda-t-elle avec incrédulité.

-Evidemment ma chère, que croyez-vous que je fais à longueur de journées ? Croyez-le bien c’est mon métier ! Je suis né pour raconter des histoires et aider les âmes tristes à s’évader du monde pitoyable qui les entourent. Je suis la clef qui ouvre les portes vers des mondes sans fin. Avec moi plus de chagrin, croyez-le bien ! Ouvrez-moi donc, vous verrez bien !

Intriguée par ce nouvel ami, la Faery fit ce qu’il dit. Mais quand les douces pages s’ouvrèrent, devant ses yeux elles défilèrent, comme dans le vent elles tournoyèrent, et la lumière devint éclair. La clarté infernale issue du vieil ouvrage se répandit, et Constantine ouvrit des yeux étonnés. Les bras croisés sur le bureau d’une des tables de la bibliothèque, elle s’était endormie. Avec ravissement elle regarda autour d’elle, et contempla les teintes nouvelles : du rouge, du vert, du jeune, du bleu… Toutes les couleurs étaient en vie… Elle expira de soulagement… Diantre, ce n’était qu’un rêve… Mais devant ses mains que ne vit-elle ? Le vieux grimoire de l’ombre… Tout était vrai, dans la pénombre…

 
 
     

 
par Constantine
le 28/01/2007
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