Après avoir retrouvé leur jeunesse et Ged, ainsi que la famille de Gohort et j'en passe, nos pacifistes, ce sont séparés. En effet, Robert voyait toujours ses amis, mais ils n'avaient pas tous le même but. Aussi partit-il accompagné seulement de Ged, le seul qui était resté avec lui. Le fils de Ged, lui, vivait dans une maison proche de la mer.
Ce chapitre ne raconte pas les aventures de Ged et Robert en particulier. Plutôt, le seul amour de Robert.
Un jour, Ged et Robert s'arrêtèrent dans un petit village d'où on voyait de belles montagnes bleues couvertes d'un manteau de neige le soir et éclairées d'un soleil d'un ocre éblouissant suivit d'un arc-en-ciel, toujours avec de la neige. En entrant dans le village il ne connaissait que la nuit et non pas le matin, bien beau d'ailleurs mais qu'on ne pouvait voir à cette heure ci.
Ils ouvrirent tout d'abord la porte d'une auberge, bien que petite elle était néanmoins chaleureuse, nos aventuriers prirent place sur des tabourets, ni trop grands ni trop minces, d'un bois doux et solide. L'aubergiste, accueillant et qui n'était pas très proche d'un statut de maigrichon, il en était même assez loin, leur demanda ce qu'ils voulaient pour remplir leur ventre ce soir là. Robert voulut un simple plat du jour, car il n'était pas difficile ni très affamé ce jour là. Ged, lui, commanda la même chose, il pensait toujours aux autres bizarrement. Ce soir là ce fut à l'homme sympathique qui les accueillait dans son auberge.
Il partit leur chercher cela, d'un pas rapide. Les deux confrères, pour rendre le temps moins long, se remémorèrent leurs anciens périples. Alors que Robert discutaillait avec son ami, il vit soudain la plus belle personne qui n'eut jamais existé. Robert la regarda longuement sans écouter son ami, qui semblait croire que celui-ci le suivait dans son récit.
Cette créature, était une femme, elle avait des yeux d'un bleu profond et qui brillaient d'une clarté divine. Elle avait des cheveux bruns, cette chevelure devait être si douce, pensait notre aventurier bouche bée devant cette beauté. Une bouche délicieuse, d'une couleur entre le rouge vif et le pourpre. Elle possédait une peau blanche d'un ton rosâtre et elle semblait exquise et angélique, voire semblable à une déesse elle même.
Elle était assise avec deux autres jeunes femmes. Elles parlaient d'on ne sait quoi. Il se dessina un sourire sur le visage de la jeune fille, qui en devenait d'autant plus resplendissant. Alors, toujours le sourire aux lèvres, elle tourna sa gracieuse tête vers l'homme subjugué par sa personne. Le voyant, elle continua toujours de sourire. Ils ne détournèrent pas leurs regards l'un de l'autre. Ils restaient tout deux dans un rêve magnifique dont ils étaient la cause réciproque.
Mais cela ne dura point. Il furent arrachés de leur merveilleuse rêverie par Ged ou encore les deux autres femmes dont nous parlions tout à l'heure.
-Qu'est ce qu'il t'arrive Robert? Dit Ged qui regarda pour voir la cause du coma passager de son ami. Il vit la femme. Serait-ce cette dame qui t'attires tant et te pousse à ne plus écouter ces anciennes aventures?
-Excuses-moi Ged, en effet c'est cette femme...Elle n'est pas vilaine...
-Cesses donc de raconter des mensonges pour ta défense, un aveugle remarquerait que tu aimes cette femme plus que tout ce qui peut exister sur ces terres.
-Oui..C'est vrai je l'aime.
-Seulement?
-Non, cette femme est le soleil qui éclaire mes jours, celle qui me force à user d'une gymnastique verbale envers toi, mais qui ne me dérange point, au contraire elle me rend heureux, que dis-je! Jovial, jubilatoire, je ne l'aime pas comme on peut aimer simplement au dernier niveau de la banalité, non!
Je l'aime pour ces yeux qui sont comme la lune qui m'éclaire quand je suis perdu dans un noir total! Pour son visage angélique aussi qui me fait rêver même si je ne dors pas! Et enfin je l'aime, pour sa clarté intérieure, que je ne connais pas encore, mais qui est tellement éblouissante qu'elle arrive à mon coeur qui bat à la chamade, aussi vite que le galop du cheval le plus rapide au monde!
-Et bien dans ce cas...C'est à elle qui faut lui exprimer tes sentiments et non à moi.
Mais malheureusement, elle n'était plus là. Partie, avec ses amies. Robert se leva pour voir si elle n'était vraiment plus ici, à sa grande déception c'était le cas!
-Je puis faire quelque chose pour vous messieurs? Leur dit l'aubergiste leurs plats à la main.
-Je crains bien que non. Répondit Ged. A moins que vous ne connaissiez la jeune fille qui était assise là-bas avec ces jeunes femmes.
-Oh pour sûr, sire, je la connais bien!
-Est-ce vrai?! Fit Robert une lueur d'espoir brûlant dans ses yeux.
-Oui, je sais même où elle habite monseigneur, c'est la fille du maire de cette ville!
-Mmh...Une fille de bonne famille, Robert tu ne dois point être le seul concurrent! Fit Ged d'un ton moqueur.
-C'est vrai...Mais qu'importe! L'amour n'a pas de prix! Cette femme aussi. Elle vaut plus que tout l'or se trouvant dans l'univers! Plus que toutes les richesses éparpillées dans les quatre coins du monde!
-Oh oh! Vous semblez fort intéressé par cette demoiselle monseigneur!
-Je le suis, je l'admets avec plaisir. Il faut que j'aille lui conter mon amour tout de suite!
-Hé l'ami, calmes-toi! Nous ne sommes pas à une minute près! Cette homme vient de nous expliquer qu'elle vivait ici même, sous le toit de la mairie sûrement!
-Mais je...
-Il n'y a pas de mais qui tienne! Nous allons, manger, dormir et demain nous serons en pleine forme et tu pourras aller dire comme tu l'aime à ta bien-aimée!
Robert dut se résoudre à accepter, il était fatigué mais toujours fou d'amour, mangeant un repas complet et allant se reposer, il ne put s'empêcher de penser à elle toute la nuit et Ged, lui, dormit comme un loir.
Le lendemain, Robert était joyeux il était debout à l'aube et il réveilla Ged.
-Réveilles-toi Ged! C'est le jour!
-Mmh...Vas-y tout seul t'as pas besoin de moi... Fit l'homme mal réveillé.
-Mais Ged! Peut être aurais-je besoin de toi et du contenu d'une bourse, tu sais celle à ta ceinture...
-Hum...Et on appelle ça un ami...Ce n'est pas une péripatéticienne non plus Robert!
-Mais quelles horreurs racontent tu là Ged! Je parle de son rang! Pour le mariage, ou encore pour impressionner son père!
-Je viens avec toi. Mais sache que tu n'as pas vraiment besoin d'or ou de quelques autres richesses pour impressionner qui que ce soit. Tu es l'homme le plus vaillant au monde Robert
-Merci, bien partons maintenant!
Sûr ces mots, les deux compagnons sous les indications de l'aubergiste allèrent à la mairie qui ressemblait plus à un château. Il était d'une telle grandeur qu'on n'en voyait pas le bout. Construit de pierres semblant bien solides, on pouvait apercevoir des meurtrière un peu plus haut et au niveau de la terre, une gigantesque porte. Robert y frappa trois fois et attendit qu'on lui envoie quelqu'un pour lui répondre. Alors la porte s'ouvrit, laissant place à un petit farfadet, qui regarda à gauche et ensuite à droite pour regarder enfin au dessus de lui et voir les deux compagnons. Le farfadet leur sourit, en un rictus tout sauf cordiale, accompagné d'un froncement de sourcils.
-Que voulez vous? Fit-il d'une voix nasillarde qui pouvait énerver à la longue, surtout d'un ton froid comme à ce moment.
-Je viens voir la fille du maire, j'ai des choses à lui dire! Fit Robert toujours cette lueur ardente dans les yeux
-Monseigneur, sans vous offensez, et je pèse mes mots, vous n'êtes qu'un simple pouilleux aux allures de barbare venant déranger ceux qui n'en n'ont rien à faire d'un pauvre paysan inculte comme vous devez l'être!
-Et il ne veut pas t'offenser en plus... Fit Ged d'un ton ironique
-Dans ce cas pourrais-tu lui passer un message de ma part?
-Je n'en ait aucune envie! Pourquoi voudrait-elle recevoir un message d'un abruti comme tu l'est?
-Que ce passe-t-il Marmu? Dit soudain une voix douce et féminine.
-Ce sont deux hommes! L'un dit vouloir vous parler!
Alors sortit la même beauté que la veille, plus belle encore peut-être, montrant toujours ce magnifique visage angélique. Ged se mit une main sur le front, comme quoi les scènes d'amour était toujours un bon moment pour lui de plaisanter. Les deux personne se regardèrent longuement et Robert se décida à faire le premier pas. Il lui pris ses deux mains, chaudes et agréables à toucher.
-Mademoiselle...Je...Vous êtes la lune qui m'éclaire dans la nuit noire, vous êtes la créature la plus merveilleuse qu'il m'ait été donné de voir! Vous êtes le soleil qui éclaire la rosée du matin et l'arc-en-ciel qui me redonne le sourire rien qu'en vous regardant, vous êtes...Tout ce que je n'ai jamais eu ! Vous êtes une délicieuse personne. Vous avez des yeux sublimes, d'un bleu plus beau que le ciel et la mer! Et vous avez aussi des cheveux d'un brun intense, un visage angélique, seriez vous une déesse? Non cette question n'est pas appropriée, je vais donc vous poser la suivante: Voulez vous m'épouser?
-Que répondre? Dites moi d'abord qui êtes vous? Fit elle souriante devant Robert qui ne semblait pas lui déplaire.
-Et bien je suis Robert Falgan, ancien chevalier du roi de Funguld.
-Robert Falgan? Ne me racontez pas de mensonges!
-Non, je vous jure sûr mon honneur que je suis Robert Falgan, voici d'ailleurs mon ami Ged!
-Bonjour. Fit Ged derrière qui semble sortir d'un profond sommeil.
-Mais c'est impossible voyons...On me raconter vos aventures quand j'étais toute petite et d'après le conte Ged est mort!
-C'est la vérité aussi vraie qu'elle puisse l'être. J'ai retrouvé ma jeunesse et Ged est maintenant ressuscité!
-Mais...Je comment puis-je vous croire?
-Regardez-moi dans les yeux et vous verrez.
Bizarrement, la jeune fille ne dit rien d'autres et le regarda dans les yeux. Ils se regardèrent longuement. Je ne sais ce qu'elle vu mais les yeux de Robert semblaient refléter la vérité. Alors elle resta souriante, semblant rêver dans les yeux de Robert qui lui-même en faisait tant et ils restèrent là, soudain éveillés par la voix grave du maire:
-Silia que fais-tu donc?! Fit le père furieux. Le maire était un homme aux sourcils broussailleux, au front plein de rides et aux cheveux blancs. Il sortit du château, portant sûr lui une lourde armure et une énorme épée à la ceinture.
-Père c'est...
-Ne m'explique pas, je vais m'en occuper!
Alors le maire semblant avoir terminé de parler s'avança vers Robert, sortit son épée et allait frapper mais il fut arrêté par celle de l'amoureux fou.
-Monseigneur, je souhaite épouser votre fille!
De plus près on pouvait voir que l'homme était un géant. Robert résistait tout de même sous le poids de l'épée.
-Comment? Tu veux te marier avec le fruit de mes entrailles? Petit insolent! Je ne te le permettrais jamais!
-Mais pourquoi donc? Ecoutez, j'aime votre fille plus que tout au monde. Dit Robert semblant faiblir sous le poids de l'épée. Ged était prêt à intervenir, mais sous le regard rapide de Robert, comprit qui ne fallait rien faire.
-Ma fille n'épousera qu'un homme plus fort que moi! Un homme qui puisse la défendre et possédant un royaume!
-Cela tombe bien! Car Je serais prêt à tout! J'ai un royaume et je peux la défendre, dit il, cette fois encore la lueur ardente dans les yeux. Puis il repoussa l'homme en arrière si bien que, sous le poids de sa propre armure, celui-ci tomba à terre. Robert mit son épée devant la tête du maire. Alors? Acceptez-vous? Il rangea son épée et proposa sa main pour l'aider à se relever.
-Je crois, que tu pourrais en effet l'épouser! Tu es plus fort qu'on ne le pense et tu semble aussi très rusé! Et en plus de cela vaillant. Je crois que tu es l'homme parfait. Mais ma fille, l'aimes-tu?
-Oui, je l'aime. Fit elle un sourire beat aux lèvres, ce qui ne l'enlaidissait pas, loin de là.
Deux mois plus tard, ils étaient mariés et Ged fut le témoin, le farfadet aussi...Cette histoire plaira à certains et pas à d'autres. Malgré cela, sachez que c'est aussi une aventure dont on parla beaucoup et dont on parle encore et qui deviendra un jour peut-être une aventure oubliée.
par Misturugi le 27/01/2007
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