Fidèle comme l’ombre, je suis mon maître en la pénombre ;
Fidèle comme l’ombre, je les fais choir au plus grand nombre.
A ton côté si je suis ceinte,
Je me libère sous ton étreinte,
Face au danger j’agis sans feinte,
Et fais tomber toutes les plaintes.
Objet de toutes les obsessions,
Je peux déchaîner les passions,
Et ce n’est pas sous l’oppression,
Que j’abandonne sans rémission.
Fidèle comme l’ombre, je suis mon maître en la pénombre ;
Fidèle comme l’ombre, je les fais choir au plus grand nombre.
Je sais que lorsque tu caresses,
Les flancs de ma lame traîtresse,
Tu ressens là quelque tendresse,
Et se réveille ta hardiesse.
Si tu me délaisses, au repos,
C’est pour me saisir aussitôt,
Je suis le gardien, le bourreau,
C’est mon devoir et mon fardeau.
Fidèle comme l’ombre, je suis mon maître en la pénombre ;
Fidèle comme l’ombre, je les fais choir au plus grand nombre.
Avec le temps je m’affaiblis,
Ma lame tantôt sera jaunie,
Le forgeron ne s’en soucie,
Il saura bien me donner vie.
Je suis l’épée que tu brandis,
Je suis redoutable à l’ennemi,
Dans la pénombre je te suis,
O grand jamais je ne faillis.
Fidèle comme l’ombre, je suis mon maître en la pénombre ;
Fidèle comme l’ombre, je les fais choir au plus grand nombre.