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Sujets concernés par ce texte : Science Fiction, Littérature, Vie du site
Chapitres :
Type de document : Essai

     
  Je tiens à préciser que je ne suis pas l'auteur unique de ce texte : il a été écrit en collaboration avec plusieurs membres de la communauté d'Arcanes.

Liste des participants pour ce chapitre : MacSoke, manthoR, Roro le Rigolo, Thanatos et Umbre.
Corrections : Abargan, Lilith et Thanatos.

CHAPITRE I

Le jour se lève, on peut apercevoir quelques rais de lumière qui filtrent sous les couvertures maladroitement fichées devant la fenêtre. Dehors, il pleut toujours, et on peut entendre les gouttes tomber sur le toit du porche ainsi que les pas des passants pressés sur la chaussée couverte d'eau.
Serena ouvre un oeil : il est 7h34. Doucement, étape par étape, elle se glisse hors des draps et enfile ses chaussons fourrés de moelleuses peluches de coton. Elle baisse les yeux. Sur la moquette, une grosse tache foncée signale la présence d'une fuite au plafond qui a laissé entrer, une à une, une bonne quantité de gouttes d'eau. Elle soupire.

Sans hâte aucune elle se dirige vers la cuisine. Elle prend deux casseroles, remplit la première d'eau et la met à chauffer. Repartant dans la chambre avec la deuxième casserole, elle se munit également d'un chiffon, qu'elle applique sur la flaque. Elle pose alors la casserole au-dessus, son regard la quittant alors pour remonter, tristement, fixé la petite fente fautive.
Encore une mauvaise journée, pour changer ...

Elle se dirige vers la fenêtre de son petit studio au 12ème étage et regarde la ville. Tout a tellement changé depuis la Grande Inondation. Paris construit sur pilotis, « la nouvelle Venise » comme on l'appelle.
Le bruit de l'eau qui bout dans la cuisine la ramène à la réalité. Elle a moins de 30 minutes pour se préparer à affronter une nouvelle journée.
- Quel métier de merde ! se dit-elle a voix haute.

Elle repense à hier. Encore un cadavre remonté des fonds de la Seine, toujours ces marques étranges dans le cou, comme une morsure d'animal.
Encore une journée à tourner en rond, chercher un indice, n'importe quoi qui pourrait mener à une piste. Combien d'autres cadavres à repêcher avant qu'on aboutisse à quelque chose ?
Elle sursaute, le téléphone sonne ...

- Déjà, se dit-elle, 7h42 et ils commencent déjà à me faire chier.
« Riiiiing, riiiiing, riiiiing, riiiiing, riiiiing, riii »
- Allo ? ... QUOI ? ... Ok, le temps de prendre mon thé et j'arrive.
Serena repose alors le téléphone et commence à fouiller dans son armoire à la recherche d'une hypothétique culotte propre à enfiler sous ses vêtements à peine séchés de la veille.

Elle met la main sur un string qu'elle n'a pas remis depuis des mois : c'est l'inspecteur Jourdain qui le lui avait offert, avec le soutien-gorge assorti, à l'époque où ils sortaient ensemble. « Jérémy... » Elle l'écarte de la main et finit par trouver ce qu'elle cherchait.
Tout en s'habillant, elle se remémore quelques bons moments passés avec lui. C'était un homme très sombre et parfois dur, mais elle aimait s'abandonner dans ses bras, elle se sentait enfin au repos, en sécurité. Tout en enfilant ses épais bas imperméables le long de ses jambes effilées, elle se rappelle qu'elle n'est restée avec lui que par intérêt.
Elle est maintenant habillée et prête à partir. Elle avale son thé qui a déjà un peu refroidi.
Avec lui, elle dormait. Le souvenir du bonheur d'une vraie nuit de sommeil profonde et apaisante la submerge. Elle ferme les yeux et s'affale sur son lit. Il y a tellement longtemps qu'elle ne dort plus, qu'elle ne sait plus que somnoler, que ses névroses la maintiennent éveillée ... vigilance constante.
D'un bond elle se relève, enfile son blazer à capuche, et sort.

En bas un speeder l'attend. Ces zodiacs d'un nouveau genre permettent de naviguer en sécurité dans toute la ville, même au fin fond des taudis de cette ville géante. Les speeders ne sont réservés qu'à l'élite, aux hommes de mains des grosses corporations. Sur les flancs de l'appareil, on peut voir le blason de la plus importante de ces corporations : « Glurps ».
La descente de la vitre permet à Serena de découvrir un visage bien trop familier

- Sssssserena. J'apprécccccie ta rapidité et ta ponctualité.
- Inutile de me jeter des fleurs Malcolm, ça ne pourra changer l'opinion que je me suis faite de toi.
- Allons, allons ma belle. Il n'y a que ces imbéciles d'Accroniens qui ne changent pas d'avis. Mais monte donc je te prie, tu es déjà toute trempée.
- C'est bon, arrêtez avec vos politesses sournoises. Vous m'aviez dit avoir quelque chose pour moi. J'attends ...

Là-dessus, le dénommé Malcolm tend de ses mains noueuses un petit paquet enveloppé d'un papier kraft rouge.

- Attends d'être au ssssec avant de l'ouvrir. Tu me remerccccieras plus tard.
- Oui, on verra, répondit Serena.
- A bientôt ma belle.
- Le plus tard sera le mieux.

Le moteur du Speeder rugit et l'engin commence à s'éloigner doucement sur le canal puis accélère subitement pour ne devenir rapidement qu'un point sur l'eau verdâtre de la Seine.
Serena commence à examiner le paquet offert par Malcolm. Mouais, autant l'écouter et aller prendre un café plus loin pour ouvrir ceci.

Mettant le paquet dans la poche de son blazer, elle marche avec précaution sur les seules voies piétonnes qu'il reste : des passerelles de bois horriblement glissantes.
- Seuls les riches peuvent se promener les pieds secs dans ce monde pourri, maugrée-t-elle.
Elle pense aux Années Sèches. C'était il y a seulement 20 ans, mais ça lui semble si loin. Depuis la Grande Inondation, la moitié de la planète est sous les eaux, les survivants sont condamnés à vivre dans des villes-égouts, quelques immenses corporations contrôlant le peu qu’il reste du monde.
Mieux aurait-il valu mourir que d'accepter ce marché, se dit-elle avant de pousser la porte du bar du coin : « Ya plus d'Eau ».
 
     


Chapitres :  
par Thanatos
le 23/03/2005
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