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Sujets concernés par ce texte : Science Fiction, Littérature
Chapitres : 1 2 3 4 4 5
Type de document : Essai

     
  Jeudi 15 juillet 2062

11h12

- Puis-je avoir votre arme, s'il vous plait monsieur Hetfield ?

Les miliciens androïdes n'avaient pas perdu de temps. Un quart d'heure après la mort du grand gaillard, ils arrivaient, délimitaient un périmètre de sécurité et me mettaient la main dessus. Le problème avec ces miliciens c'est que leur interrogatoire est très, très long et ne mène à rien.

- Oui tenez agent Smith.

Je lui tendis mon couteau, il le prit précautionneusement et le mit dans une boite hermétique.

- Agent Smith 11.4, me dit-il.
- Pardon ?
- Mon nom est Smith 11.4.

J'avais oublié ! Les androïdes sont très susceptibles quand il s'agit de leur nom. Le gars qui les a créé n'a pas cherché bien loin pour les nommer, ils s'appellent tous Smith, et sont différenciés par le numéro de série qui suit.

- Pourquoi l'avez-vous tué ? me demanda-t-il.

J'avais envie de l'étrangler, malheureusement il n'a pas besoin de respirer.

- Je vous l'ai déjà dit, je ne l'ai pas tué.
- Pourtant vous étiez dans la ruelle avec le cadavre et un couteau dans la main.
- Comment voulez-vous tuer un homme en lui faisant une entaille avec un couteau ? Il a du s'empoisonner pour ne pas avoir a répondre à mes questions.
- Pourquoi vouliez vous l'interroger ?

Soupir d'énervement.

- Mais parce que...
- Je m'en occupe agent Smith 11.4.

Coup de bol, ce bon vieux Carlyle était arrivé au bon moment, comme toujours.

- Bien commandeur, répondit l'androïde. Sur ces mots, il nous laissa seuls.

Carlyle se tourna vers moi. C'était un vieil ami. On avait servi ensemble pendant la guerre Mech-Pharm. Ce grand gaillard m'avait sauvé plusieurs fois la vie. Aujourd'hui, il était commandeur de la Milice de Frisco, impeccable dans son costard taillé sur mesure.

- Bon, tu m'expliques, Gid ?
- Il n'y a pas grand-chose à expliquer Carlyle. Je suis sorti du bar, ce gars m'a suivi, j'ai voulu savoir pourquoi. C'est pas plus compliqué que ça.
- Mais bien sur ! Fais moi la version longue maintenant.
- T'es vraiment dur là ! Bon Ok, je viens d'être engagé par un certain John Dionysos. Pendant qu'on parlait, j'ai remarqué un gars qui nous observait. Je suis sorti, il m'a suivi et tu connais la suite.
- Le Cercle, hein ? Tu choisis rudement bien tes employeurs... Tiens, j'ai eu le temps de fouiller le corps, et j'ai trouvé ça.

Il me tendit un bracelet de cuir muni d'une petite fiole de poison, vide bien sûr.

- Un bracelet Korpse ?! Mais c'est impossible !

Le bracelet Korpse était utilisé par les soldats d'élites. Il permettait au soldat capturé de se donner la mort avant d'être torturé.

- On a à faire à un ancien commando alors, dit Carlyle.
- Non ça m'étonnerait, je ne l'aurais pas eu aussi facilement. C'est bizarre... Tu as quelque chose sur le tatouage ?
- Ah ah ! Pour ça oui !

Là je dois dire que j'étais surpris.

- Vas y balance, Carlyle !
- Ton ami Dionysos ne t'a pas parlé des Templiers de Cyrius ? Parce que ce tatouage est leur symbole.
- Non, il m'a dit qu'il n'avait jamais vu cette marque...
- Eh bien il t'a menti. Il y a eu plusieurs meurtres, tous signés de ce symbole ou du nom.
- Laisse-moi deviné, les morts sont tous des Olympiens ?
- Exact Gid !
- L'enfoiré ! Il le savait et il ne m'a rien dit !
- Sûrement un test.
- Tu peux me tenir au courant si ton enquête avance sur ces meurtres ?
- Pas de problème, tu as mon numéro. Et toi tu vas faire quoi ?
- Moi, je vais remonter la piste du bracelet et essayer de retrouver Dionysos.
- Ok, essaie de ne pas perdre le bracelet, normalement je ne devrais même pas te laisser partir.
- Alors je vais y aller avant que tu ne changes d'avis. Rends-moi service tu veux, ne laisse pas traîner les Smith dans mes pieds...

Le grand balèze balafré m'avait quand même laissé un indice dans la mort, le bracelet. Avec ça, je devrais pouvoir remonter au revendeur et avec un peu de chance remonter encore plus haut.
Et puis cette histoire avec Dionysos m'intriguait beaucoup. Pourquoi n'avoir rien dit ? Soit il tenait à me tester soit... eh bien je ne savais pas. A moins qu'il ne soit de mèche avec les Templiers de Cyrius... Mais non, il devait bien se douter que je le découvrirais en peu de temps...

Il fallait que je mette la main sur ce gringalet à lunettes.
Pour l'heure, je retournais a mon bureau chercher les adresses de quelques contacts mais surtout récupérer mon arme car à présent, les Templiers devaient savoir que je les traquais...

Je ne m'étais pas trompé. En arrivant en bas de mon bureau, je remarquais trois hommes qui surveillaient l'entrée de l'immeuble. Eux par contre, c'était des pros, j'en étais certain. Donc pas question de passer par derrière, un comité d'accueil devait m'attendre.

Mais j'avais une autre alternative : les égouts. Un passage menait des égouts vers l'intérieur du bâtiment en passant par l'ancienne laverie.

Vous allez vous dire que c'est bizzare un passage secret dans un immeuble de bureau. Eh bien en fait, pas tant que ça quand on sait qu'il y a une vingtaine d'années cet immeuble appartenait à la Mafia. Il leur fallait bien une issue de secours en cas de descente de flics.

Je fis donc demi-tour et passai dans une étroite ruelle (encore une). Là je réussis à soulever la plaque d'égout et à me glisser à l'intérieur. Je fis quelques pas, et là j'entendis des voix. Il y a des fois où je me dis que je n'ai vraiment pas de chance. Ils étaient plus organisés que prévu et j'étais coincé. Les voix se rapprochaient rapidement. J'aurais pu faire demi-tour et partir mais l'odeur nauséabonde ne permet pas de réfléchir énormément et de plus, j'avais activé un piège a l'entrée. Je n'aurais pas le temps de le désactiver. J'allais devoir les affronter, et ça, ça ne me faisait pas particulièrement plaisir...
 
     


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par Arésius De Falk
le 23/03/2005
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