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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Essai

     
 

«Dis moi, Cendrine… Qu’est ce que t’as dit ta mère… avant de mourir ? » Me demanda Godefrey.

Pendant un moment, je ne lui répondis pas, le laissant sur cette question qu’il avait osé poser. Quand je me tournai vers lui, il put distinguer ma petite larme et mes yeux rouges… Il ne me reconnaissait même plus. J’avais…changé. Pour lui, je n’étais qu’une simple fille, au grand cœur rempli de gentillesse, et de bonté. Mais maintenant, il voyait à travers le plus profond de mes yeux, le désir de tuer, et de me venger, de personne et de tout le monde… Même mon frère ne pouvait le comprendre… Même lui, de qui pourtant j’étais si proche, avec qui j’étais si heureuse… Lui, mon seul et unique véritable ami. Lui qui savait me comprendre, qui me soutenait quand tout allait mal… Qui savait tout de ma vie… Il n’avait plus devant lui la Cendrine qu’il connaissait… Qu’y avait-il à la place… ?

Pour lui, une simple jeune femme au regard vide, avec un simple petit sourire faux sur ses lèvres… Mais pour moi, ma vie avait changée… en bien, mais surtout en mal. Avant de mourir, ma mère m’avait dit une chose… « Tu es d’une lignée de magiciens fort maléfiques, et très puissants. Mais tu n’es pas comme eux… »

Une larme tomba puis coula tout en long sur ma joue. Je reposai mon regard sur Godefrey, mes yeux avaient changés… Bleus autrefois, ils étaient maintenant violacés, fermés à mis clos, God’ ne pouvait même pas apercevoir le moindre de mes quelques sentiments… Je ne lui répondis que d’un regard sombre et ténébreux, ce qui m’évita beaucoup d’autres questions de sa part… D’ailleurs, je l’avais trop vu… Il me suivait trop, et tout le temps… Partout et nulle part. Jamais je n’avais était tranquille, et jamais je ne le serais, jusqu’à ce que je me débarrasse de cet être… Pourquoi me regardait-il si bizarrement ? D’un œil apeuré de ce qu’il avait devant lui. Etais-je donc un monstre ? Non… Juste une elfe, voulant se débarrasser de lui. De son ami… De son frère…

Quand je sorti mon épée, Godefrey fronça les sourcils… Il fit courir son cheval… Je me lançais donc à sa poursuite. Lui aussi avait sorti son épée. Minable, face à la mienne qui en faisait le double. Les larmes coulaient à flots sur son visage, car en un seul regard, il en comprit autant que moi, celle qu’il considérait comme sa propre sœur, lui voulait sa mort… Une mort seulement par pure méchanceté, et simplement parce que j’en avais ras le bol qu’il me suive tout partout. Je voulais être libre, solitaire.

Son cheval s’arrêta d’un coup, et il me fit face… Sans doute ne me croyait-il pas capable de le tuer. Il me connaissait… « Gentille ». Mais j’avais changé, à cause des paroles prononcées par ma mère… Grâce à elle, j’avais enfin ouvert les yeux sur ma vraie personnalité, sur ce que je fus, et ce que je pourrais être dans le passé et dans l’avenir… Grâce à elle, je savais qu’elles étaient mes pouvoirs… Maléfique, terrifiant, comme l’âme d’un guerrier terrifiant, qui, seulement pour le plus grand des plus simples plaisirs, tuait tout sur son passage, enlevait toute la pureté des jeune filles, par la force, souillait les villes et villages, pour s’amuser… Ou bien, gentil comme le cœur d’un ange si magnifiquement beau, et simple comme le vent glacial soufflant sur les collines du nord…

Mais j’étais sournoise et déçue… Déçue d’avoir trop longtemps attendu pour faire cet acte de pur et simple méchanceté cruelle… Ce fut la dernière fois que je le voyais, car cet imbécile avait jeté son épée, croyant que ses prières serviraient à quelque chose… Peut être ont-elles servis pour le faire s’envoler vers l’au-delà ? En m’avançant vers lui, ma lame dans les airs, je lui disais tout ce que ma mère m’avait dit… Et ensuite, après qu’il m’ait dit je ne sais combien de fois de l’épargner, j’abattis mon épée sur lui, du sang aspergeant mon visage de haine… Je l’avais tué… Le seul ami que j’avais connu pendant mon enfance… Mais maintenant, je n’avais plus rien à en tirer. Je décidai donc de le laisser là, ce qu’il restait de son corps, dévoré par les oiseaux, ou autres insectes et animaux géants…

 

Le temps était orageux quand j’aperçus le camp, les grilles à moitié fermées. Je m’avançais, tout calmement, sous les gros nuages remplis de pluies et de foudre. En m’approchant de la porte, je pus distinguer grand nombre de soldats masculins et très peu de soldat féminins… Sûrement croyaient-ils que les hommes étaient plus débrouillard que les femmes ?... En m’avançant, je ne me présentais pas au gardien de la porte, le poussant fermement, mais violemment sur le côté, le faisant s’assommer sur le large mur de pierre entourant le camp. J’entrais dans ce fameux endroit ou l’on formait les soldats pour qu’ils sachent se battre contre de nombreuse créatures, de toutes sortes, et toutes aussi méchantes les unes que les autres, géantes aussi, avec de nombreux pouvoirs se tournant du côté caché de la lumière.

Les soldats de l’intérieur ne firent pas beaucoup attention à moi, ce qui m’arrangeait plutôt bien. Un sourire vint quelque peu éclaircir mon visage, je venais d’apercevoir le lieutenant. Il avait l’air totalement inconscient de ce qui arrivait sur lui, à pleine vitesse… Ignorant, tous des incapables ces humains… Mauvais à beaucoup d’autre chose… Mais celui là, dès qu’on s’approchait, il avait une expression vide… Comme moi, quand j’avais tué sauvagement Godefrey, mon seul et unique ami…

Ce lieutenant là ne me paraissait pas stupide à ce point… Il était plutôt petit, pour sa taille, pas trop enveloppé, les cheveux long, et une grande barbe qui descendait jusqu'à son torse, elle était d’ailleurs très sale… Beaucoup de bouts suspects y traînaient, faisant des tâches sur son armure de cuir marron… Il ne me paraissait pas extraordinairement fort pour le combat, mais comme Godefrey le disait, « l’apparence est parfois trompeuse, ma sœur…Souviens t’en… »

Je m’en approchais, encore plus près pour mieux pouvoir le juger… Il ne devait pas avoir ri pendant sa jeunesse, car ses traits de visage était plutôt ceux de la colère, et de la tristesse…  Une jeune femme à la voix douce m’interpella.

« Pssst … Toi ! La femme sur le cheval ! Viens voir ! »

Je me retournai, et la contemplai… Elle était très belle… Que faisait-elle ici ? En entraînement de guerre ? Elle avait le visage doux, simple, et magnifique… Ses cheveux, ayant des reflets aux aspects dorés, étaient magnifique… Ils formaient de belles boucles blondes, descendant jusqu'à sa poitrine… Elle n’était pas bien grande, mais dès ce jour, j’ai de suite su que quelque chose de puissant nous liait, toutes les deux… Ce n‘était pas de l’amour, car on ne se connaissait pas… C’était magique… Simple et intensément fort…

« Comment êtes-vous parvenue à rentrer dans le camp ? Le garde ? Me demanda-t-elle. Sa voix était mielleuse… « Il m’a laissée entrer… » Lui répondis-je, en descendant de mon cheval. Elle me sourit… Ce sourire, pourtant si simple, mais si beau… Tant de questions se posaient dans ma tête… Tout d’abord, quelle était cette jeune femme ? Que faisait-elle ici ? Au lieu d’être dans une maison, avec une cheminée, et un mari… Pourquoi voulait-elle se battre… Et quel était son nom… ? Ce devait être un nom magiquement  beau et doux… Elle me regardait de ses beaux yeux verts qui me contemplaient…

«Qu’y a-t-il ? Ah… Désolée, les présentations ? Vous vous demandez sans doutes qui je suis ?... Vous avez raison de vous méfier… me dit elle

— Non ! Je ne me méfie pas du tout de vous… ! Je m’appelle Cendrine. Je suis venue ici, car tel était le dernier désir de ma pauvre mère, qui est maintenant morte… » Devais-je lui dire que j’avais tué mon compagnon ?... Cela pouvait attendre.

— Enchantée ! Klaryss ! Sergent ! Mais vous m’appellerez Klaryss. Me dit elle, d’un ton de fermeté.

— Très bien. Lui répondis-je.

— Dites moi… Comment êtes vous arrivée ici ? Toute seule ? Les routes ne sont pas sûres, même pour une jeune femme bien armée, comme vous.

— Eh bien… vous allez être étonné par mon voyage… J’étais accompagnée par un jeune homme, Godefrey… Mais on a était attaqué par plusieurs bandits de grands chemins… Ils l’ont dépouillés, égorgé, et laissait son corps aux animaux de la forêt… »Lui mentis-je. Mon mensonge ne se vit pas sur mon visage, Dieu en soit loué…

— Mais vous ? Comment avez-vous fait pour vous enfuir ? Vous avez laissé votre ami ? Me demanda-t-elle d’une voix étrange…

— N…non… Je…me suis battue, mais…… ils étaient trop…fort…et nombreux. Je n’y serais jamais parvenue… »

Son regard était sceptique… Elle ne me croyait pas. Mais elle laissa tomber. Et elle me souriait. C’est alors, que dès ce jour, et dès cet instant précis, je me suis juré de la défendre, même si ma vie était en danger, si une seule personne osait lui faire du mal, je le tuerait dans la plus grande intention de le faire souffrir, le plus au monde…

Pourquoi avoir tué Godefrey… ? La question se posait instantanément dans ma tête… Je ne le regrettais pas, mais étais sûre qu’un jour, je me réveillerais, son âme me demandant la même question que je me serinais intérieurement… Des larmes coulaient sur mon visage. Il me manquait... Dans l’instant, je me haïssais tellement, que j’aurais pu prendre mon épée, et me la planter si violemment dans le ventre que ma force aurait transpercé les os… Klaryss m’amena devant la tente du général. Elle me sourit une dernière fois, puis me laissa devant, me disant qu’elle me retrouverait à la tente, celle qu’elle montrait du doigt. Je lui rendis son sourire, et entrai dans la tente du supérieur…

« Entre, Cendrine… » Une voix sombre et inquiète me parlait, elle provenait du fond de la tente.  

— Avance ! N’ait  pas peur… me re-parla la voix, mélancolique, cette fois. Je fis ce que me disait la voix, j’avançais, dans le noir.

— Sais-tu pourquoi je t’ai fait venir ? Sais tu pourquoi ta mère est morte ? Et  comment as-tu réussi à tuer ton frère ? Ton meilleur ami ? Celui à qui tu te confiait. Sais tu pourquoi tout ceci est arrivé ? »

Malgré moi, mes jambes continuaient à avancer… Je voulais m’arrêter… Sortir mon arme, et l’abattre sur ce sale humain. Mais je revoyais à chaque fois le sourire de Klaryss, après lui avoir raconté mon mensonge… Je revoyais sa tête pourtant si calme… Elle m’aidait à ne pas sortir mon arme pour la planter dans le cœur de cet individu.

— Ne t’approches pas de moi… Tu pourrais en mourir. Veux tu que je t’explique tout ceci ? Mais d’abord, tu dois me jurer une chose. »

J’asseyais de l’apercevoir dans son trône royale, lui qui n’était pourtant qu’un simple général banal. Mais par le plus grand des efforts, je n’y parvenais pas.

— On pourra s’arranger…Dites toujours…

— Tu devras accomplir une quête spéciale… Si tu la réussis, ma souffrance sera terminée, et alors je pourrais de nouveaux commander !...Mais jure moi que tu le feras, et je te promet que je te dis tout ce que je sais sur toi…

— Je le jure… Devant Dieu, en personne. Dites moi tout. Sans oublier un détail.

— Très bien… » Il se mit à rire pendant quelques instants…  « J’ai connu ta mère et dans ma jeunesse… Je suis un elfe…Ne vois tu pas ce que je veux dire ? …Tu es ma fille Cendrine, ma fille unique… Tu es forte. Et tes actes ne sont pas commandés par toi, mais par moi. Si je meurs, tu meurs. C’est moi qui t’ai dit de tuer Godefrey, tu l’as fait, sans rien entendre… Juste en m’obéissant, comme un vulgaire robot sans cervelle. Je suis toi, et tu es moi. Aucun de nous deux ne doit mourir, sinon l’autre mourra, et personne ne pourra défendre cette pauvre terre…Tu comprends ? » Me demanda-t-il fermement.

C’était dur… Les larmes coulaient à flots sur mon visage… J’aurais voulu le tuer… Le faire souffrir, mais si je faisais ça, moi-même tomberais dans le néant… J’accomplirais sa tâche, avec Klaryss, mais pour le moment, je ne voulais plus le voir… En sortant de la tente, je me mis à genoux, et hurla de toute mes forces, me moquant complètement de tout ceux qui me regardaient… La seule personne venue pour me consoler fut Klaryss… Elle me fit marcher jusqu'à notre tente, puis m’a allongée sur un lit, me parlait, et me serrant dans ses bras, me disant que pleurer ne servait à rien…

— Tu étais au courant ? Lui demandais-je.

— Bien sur… Je suis celle qui le console, qui lui parle… Sa secrétaire…

— Et tu ne m’a rien dit… Je la regardais, maintenant, pour moi, elle n’était plus qu’une traîtresse.

— Pourquoi ? Lui demandais-je, la tristesse dans la voix.

— Parce que tu m’as menti… Je sais que c’est toi qui a tué Godefrey, je le savais parce qu’il me l’a dit. Me répondit-elle, agressive.

— Mais… Pourquoi y attaches-tu tant d’importance… ?  Un long silence s’installa, et fut brisé par le son de la voix mouillée de Klaryss…

— C’était mon frère… Mon seul frère. Et tu l’as tué… Le silence se refit… Des larmes coulaient sur nos visages, et mutuellement, on se consoler…

— Je suis désolée… C’est lui qui m’a ordonné de le faire… Je suis désolée… » Il n’y avait que ces mots qui parvenaient à sortir de ma bouche… « …Je suis désolée… »

Aucune de nous deux n’osaient se parler, ni même se regarder, pendant un certain temps… Après quelques longs instants d’attente, je me mis à l’observer… Mais sans la regarder. Nous étions en train de réfléchir, puis, après en avoir assez de me ressasser la même question dans mon esprit, je la lui ai posée…

— Dis moi, Klaryss… Le général ma demandé d’accomplir une mission dangereuse pour lui sauver la vie…A lui, et à moi… 

— Tu souhaiterais que je t’accompagne ? Me demanda-t-elle, avant même que j’aie fini ma phrase. »

Je l’ai regardée, elle venait de relever la tête, elle avait les yeux rouges, et de longues larmes lui coulaient sur le visage… Elle devait penser à son frère… GodefreyMoi aussi, j’y pensé. J’avais tué son propre frère, son seul frère… « Oui, c’est ça… » De nouveau, les larmes coulaient sur nos visages, mais cette fois, la figure comportait un sourire… Certes petit, mais un sourire quand même… Ce qui voulait dire qu’elle me pardonnait…J’imagine… Klaryss me lança un regard accusateur. Rempli de sentiments éloigné les uns des autres… Sentiment triste, ou coléreux ?... Peut être de l’amour ? Ou de l’amitié…

— Oui Cendrine, je vais t’accompagner… Je te le jure… Mais, je veux que tu me rendes une chose. Ou plutôt que tu ailles me chercher une chose à laquelle je tiens énormément. Me déclara t’elle. Un sourire plus grand que celui que j’avais déjà vint s’afficher sur mon visage.

— Que veux tu que je te rende ?...  Lui répondis-je.

— L’or de mon frère. Me dit-elle, un rictus perfide aux lèvres…

 …Et mon sourire s’effaça…

— Ne me regarde pas comme ça, je disais juste ça pour voir ce que tu allais faire !...

J’aurais voulu la tuer… L’égorgée, pour lui faire sentir ma force. Et pour qu’elle arrête de me faire sentir que je suis une meurtrière… Car c’est ce que je suis… Et si je fais ce que m’a demandé mon père… (La quête soi disant spéciale)… je mourrais, et l’emporterais avec moi… Mais je ne voulais  pas mourir… A cause de ça, pitoyablement, et sur un échec. Non, je veux mourir en combat loyal, en duel, plutôt, contre une personne sur laquelle je voudrais me venger… Le général… Klaryss avait toujours le même sourire, et tout en me fixant désagréablement, elle m’ordonna :

— Qu’est ce que tu attends… Fait tes affaires, et partons… Je lui lançai un sale regard, et elle baissa les yeux.

— Je vais avertir notre bon général de notre départ. 

Je hochais la tête en guise de réponse… Et elle, partit avec un sourire qui voulait dire qu’elle était contente de ce qu’elle venait de me faire... Dans la tente, je pris tout ce que je croyais nécessaire : une couverture pour moi, des médicaments, de la bouffe, un peu de linge, de l’eau, des chewing-gum à la chlorophylle, et quelques autres attirails, avec ou sans importance. Je n‘oubliais bien sûr pas de prendre deux lampes à piles rechargeables grâce à la chaleur du soleil, et a la lueur de la nuit, mais seulement de pleine lune.

En sortant de la tente, j’entendis Klaryss parlait au général, et en entendit quelques bribe, sans trop vouloir écouter…

«  Tu fera comme…………..Peut être dangereuse…………Bonne chance ma chérie………. Fait comme on a dit… »

En me rapprochant un peu, je pus percevoir ces derniers mots, qui m’ont fait déguerpir très vite, pour partir, seule à cette aventure…

« Tue-la, et ramène moi son cœur, à cette idiote d’elfe…Ca me sauvera de la mort, chérie… »

 
 

 
     

 
par Golden Feather
le 04/01/2007
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