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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Science Fiction
Type de document : Essai

     
 
 
« Dis moi mon ami, avant que je ne t’arrache l’autre œil…quelle est la dernière chose que tu voudrais voir ? Ta femme violée par des démons affamés devant tes yeux ? mmmm tu en meurs d’envie n’est ce pas…ta sœur plongée lentement dans un bain d’acide pour voir son joli corps cramer et se décomposer ? Ou tout simplement découvrir ce que les autres disent de toi quand tu n’es pas là…tout ceci est alléchant non ? Oui moi aussi j’ai eu beaucoup de plaisir quand j’ai rapporté la tête de ma mère à mon père en lui disant que le coiffeur l’avait coupée d’un peu trop près...j’ai beaucoup ri ce jour là.
Je te laisse environ deux minutes pour réfléchir, après quoi je cesserai d’être gentil avec toi…
Tu me hais n’est ce pas…tu voudrais bien me lacérer…je sens la haine en toi…j’aime ça… »
 
 En lui disant ces paroles, le démon fixait le jeune homme de ses yeux rouges, perçants, vides de tout sentiment, à l’intérieur desquels la flamme de l’horreur brûlait comme les nombreuses personnes ici présentes…Il passa sa langue cramée et rougeâtre sur le visage de sa victime. La lumière n’existait pas ici, juste l’espoir de vivre encore quelques heures…le temps d’apprécier le vol d’un papillon perdu dans les profondeurs des ténèbres, emporté aussitôt par les flammes de l’enfer…
Le jeune homme, qu’on appelait autrefois Sayar, avait eu les deux jambes arrachées, dévorées devant ses yeux, que ses tortionnaires avaient léchées allégrement…son œil droit était en lambeaux, percé lentement, le ventre ouvert puis recousu aussitôt avec du fil de fer barbelé, ne lui laissant assez d’organes que pour souffrir assez longtemps afin que les démons puissent  s’amuser…son regard était mort, son âme était partie en même temps que tous ses espoirs, et sa joie de vivre n’avait plus aucune raison d’exister…il entendait juste son cœur battre, et les paroles de ce démon…
 
 « Les deux minutes sont écoulées ! Emmenez sa femme, et violez la devant lui, je sais qu’il n’attend que ça. »
   
 Son regard était passé de la méchanceté au mépris de toute forme de vie. Il aimait voir souffrir les âmes, c’était son essence de vivre…après tout les hommes n’avaient il pas été pareils avec leurs semblables ? C’était un juste retour des choses. Tandis que Sayar essayait en vain de fermer son œil gauche pour ne pas avoir à supporter les cris de sa bien aimée et toute la souffrance qui s’en dégageait, il voyait son visage se perdre petit à petit dans l’atrocité d’une nouvelle forme de souffrance, la torture de l’âme…une perpétuelle bataille de l’esprit aux prises avec lui même. Il était meurtri dans son corps et dans son âme, comment un être vivant pouvait prendre du plaisir à cela…les hommes emmenés ici étaient choisis afin de payer pour tous les autres.
 
 Il n’entendait même plus les hurlements de ce qui fut autrefois sa femme, désormais simple jouet, il n’était devenu qu’un morceau de chair grillée, un amas de pensées sans plus aucune cohérence, son esprit se vidait de toute vie, qu’elle soit belle ou non. Seules des questions sans réponse venaient se heurter à l’intérieur de son crâne.
Les démons semblaient prendre du plaisir à déshumaniser ainsi cette femme…après tout elle sera morte d’ici peu alors pourquoi s’en soucier  pensa t’il…
 
 Le pire moment de la journée arriva. Les démons choisirent deux hommes au hasard, et leur expliquèrent les règles de leur nouveau jeu.
 
 
« Enfermez celui ci dans cette cage, et celui là dans l’autre. Bon je vous explique. Il y a deux boutons dans chaque cage. Un a gauche, un à droite.
Vous voyez cette enfant qui pleure là bas ? Si l’un de vous arrive à appuyer en même temps sur ses deux boutons, elle aura la vie sauve. Sinon elle mourra… »
 
 Cette épreuve semblait un peu trop facile…quel était donc le piège ? Tout à coup une voix résonna dans la caverne : «  coupez leur les bras ! »
Voilà le piège…les deux hommes essayèrent en vain d’appuyer sur leur bouton, tandis qu’ils voyaient un monstre s’approcher tout doucement vers la petite fille, un énorme poignard en forme de serpent à la main. La pauvre enfant le regardait avancer, complètement terrorisée. Plus ils se fatiguaient, et plus l’enfant du diable était proche de sa victime…une âme innocente que tout le monde avait déjà oubliée… Ils abandonnèrent, exténués, le démon les regarda d’un sourire diabolique, presque jouissif, s’arrêta devant sa victime et d’un coup rapide et précis lui trancha la gorge…elle tomba sur le sol…les seules preuves de son humanité étaient encore ses larmes, qui n’avaient cessé de couler depuis son arrivée ici. Les deux hommes en cage furent confiés à des tortionnaires, les autres dévorés…
 
 Tel était le quotidien de ces hommes, femmes et enfants emmenés ici chaque jour, par les seigneur de la souffrance. Des bouts d’humains pendus au plafond pour uniques constellations, du sang séché sur les parois en guise de décoration…la souffrance qu’ils infligeaient aux autres venaient d’abord de leur propre esprit, un esprit capturé par le mal, atrocement mutilé, et condamné à la nuit éternelle…est-ce une vengeance, une renaissance, personne ne le sait, nul n’en est jamais revenu, de cet endroit qu’on dit inexistant. Mais c’est nous qui vivons dans l’ignorance, la représentation perpétuelle d’une vie reculant sans cesse…dans l’oubli. Quel intérêt de vivre si ce n’est mourir…alors autant le faire en souffrant, l’Homme n’ayant jamais su faire autre chose avec autant de perfection…
 
 Nous ne sommes que des démons enfermés dans des corps d’anges…   
 
     

 
par Oniros
le 18/12/2006
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