Dans la forêt souffle le vent
Lugubre voix du temps qui passe
Lointain écho des chants d'avant
Dont est déjà perdue la trace
Frêle souvenir qui s'efface
Devant le chagrin et les pleurs
Qui des rires ont pris la place
Nous laissant à notre malheur
De grands vaisseaux ils ont bâti
A la voilure époustouflante
Vers le couchant ils sont partis
Voguant sur la mer mugissante
Dans la lumière déclinante
Emportant l'ultime lueur
De leur magie disparaissante
Nous laissant à notre malheur
Où demeurent-ils désormais
Ont-ils pu atteindre un rivage?
Et l'espoir que leur cœur formait
N'était-il donc pas qu'un mirage?
Car nul ne sait quel paysage
A pu apaiser leur langueur
Ils ont accompli leur passage
Nous laissant à notre malheur
Rêveur, tu es le seul capable
D'entrevoir le sort qu'est le leur
Le temps d'un songe ou d'une fable
Nous laissant à notre malheur.