Note de l’Auteur :Ce texte est le deuxième texte que j'écris pour Arcanes. La suite est en cours d'écriture.
Cette histoire est celle d'un garçon maudit qui est condamné a vivre dans la peur de ce voir tuer les gens. Car il possède un double maléfique. Qui est appelé Haine.
Il fait froid, il fait si froid...J'ai faim, j'ai si faim. Et puis, j'ai peur... C'est comme si lentement je tombais, tombais jusque dans les tréfonds de mon âme. Lentement je tombe dans la noirceur de mon être. C'est sombre, c'est si sombre . C'est normal il fait nuit. Pourtant je ne distingue aucune étoile .Sauf une. Tiens non deux. Elles sont lumineuses. Pourtant plus je m'en approche et plus je m'éloigne de la chaleur. Plus je m'en rapproche et plus j'ai peur. Les lumières se sont transformées en lueurs rouges et terribles, j'ai peur! Elles sont sur le point de m'engloutir ! J'ai peur! Quelqu'un! S'il vous plait a l'aide! J'AI PEUR!! Les yeux ont disparu, une silhouette a pris leur place. C'est une fille, elle est jeune, et belle, sa peau est de neige et ses cheveux d'argent. Lentement elle me tend la main je n'ose la prendre. Puis elle s'efface, alors seulement je me réveille. Cette jeune fille fait partie des rêves qui ne s'oublient pas.
Lentement je retourne à la réalité. 6 heures du matin, le premier soleil ne s'est pas encore levé, pas encore. J'ai faim...ma soeur dort encore d'un sommeil paisible, sa couverture bougeant au rythme de sa respiration. Malgré l'obscurité qui règne dans la pièce, je peux la voir, c'est grâce à cette maladie, qui est apparue en même temps que mes nouveaux yeux. Grâce à ces nouvelles pupilles je peux voir dans l'obscurité mieux qu'un homme normal. Je monte à la cuisine. En passant je rajoute une bûche dans la cheminée.
La nourriture n'a pas de goût, le pain est sec, et le lait est amer. Je ne dois pas être réveillé. Machinalement je me prépare, c'est encore une journée normale qui commence. J'accroche ma dague d'argent à ma ceinture. Je mets mon manteau de cuir renforcé par dessus. Puis je prends mon sac. Et je sors dans le froid hivernal.
Un vent glacé balaye la rue. Le premier soleil est enfin levé. Mais la température est toujours aussi fraîche. Les premiers oiseaux et créatures commencent à revivre. Les Onil commencent à sortir de leurs tanières. Grands fauves marchant sur leurs deux pattes arrières, les trois queues fouettant l'air, la crinière flottant au gré du vent. Malgré leur apparence, les Onils sont de paisibles herbivores. Depuis très longtemps, ils nous ont protégés des créatures néfastes comme les trolls ou les bêtes sauvages. Chaque village en possède au moins un troupeau .Nous leur devons beaucoup. Il est d'ailleurs de coutume de placer chaque soir une fleur dans leur champ. La légende dit qu'il y a autant d'Onils que de fleurs déposées la veille. C'est pourquoi tout le monde ou presque respecte cette coutume.
Un ancien conte raconte qu'un village n'avait pas remercié ses gardiens et avait cessé de déposer des fleurs en offrande. Sept lunes après, le village n'existait plus, à son emplacement ne restait qu'un bouquet de fleurs, ainsi qu'une poupée. Depuis lors nous avons appris a respecter et aimer nos gardiens. Je reste quelques secondes en contemplation de l'animal.
J’entends au loin un sifflement.
Mon Train ! Je me précipite, si je le rate je vais être en retard .Heureusement le chemin est plutôt court, le train est encore là, je saute dans le premier compartiment. Comme d'habitude le train est plein. Cette foule me regarde, comme si j'étais un intrus.
Ils n'ont pas tort, toutes les personnes présentes dans le wagon sont des membres du haut peuple. Les oreilles étonnamment pointues, le corps allongé et mince, et des yeux plutôt grands. Certains sont du Bas peuples, identique au premier si ce n'est leur couleur de peau, plus sombre. Je suis le seul représentant de mon espèce.
L'homme.
Je me réfugie à l'arrière du wagon. Je rabats ma capuche. Et je commence à sombrer dans un doux état de somnolence.
"Et bien?Tu es seul? Prends ma main, lève toi, et laisse parler ton être."
"Du sang...J'ai soif, j'ai vraiment soif. J'ai soif. Abreuve moi!
Tu marches depuis si longtemps seul, pourtant je suis là.
Aide moi!Tend moi ton âme, aide moi, sort moi de là.
Je ne peux te donner que mon entière compassion.
Et t'assurer tout le soutien de mon coeur et mon âme.
Je n'ai que faire de tes sentiments donne moi ta vie!"
Je me réveille en sursaut, le train est en train de ralentir je suis arrivé à destination.
Les portes s'ouvrent lentement, les gens s'engouffrent dans cette ouverture .Je m'y glisse à mon tour. Je sors de la gare.
La pluie commence à tomber, je regarde le ciel, au dessus des immeubles de verre et d'acier, on peut voir les nuages s'accumuler et couvrir le soleil. Je me mets en marche, lentement je retombe dans cet état de somnolence. Mes jambes bougent toute seules. Quant à moi, je pense.
Je relève la tête, l'école n'est plus très loin. Je vais encore être en retard. Comme d'habitude. Je rabaisse mon capuchon, et je me laisse emporter par mes rêves. J'ai froid. Tiens un couloir. Je suis déjà arrivé? Non ce n'est pas le couloir du lycée. Celui-ci est plus grand, on n'en voit pas le bout.
Je commence à courir, je tends le bras vers le mur. Il est réel? Je ne sais plus. Enfin, la sortie, j'aperçois une lumière au bout, j'ai froid, j'ai faim, j'ai soif. Je suis devant cette porte qui contient l'inconnue, j'ai peur, j'hésite encore à pousser cette ouverture vers mon âme .Sortie de nulle part, une voix me parle et me rassure. Je reconnais cette voix, je ne l'ai jamais entendue mais je sais à qui elle appartient. Je mets ma main sur la poignée. Aussitôt, une envie s'empare de moi, je vois des images qui défilent, un homme debout, sur un tas de cadavres, couverts de sang, puis une lumière blanche, et au milieu une jeune fille. Elle porte une robe blanche, aussi blanche que ses cheveux, elle me sourit. Ses yeux bleus me fixent, elle me tend la main. Je fais un premier pas en avant. Une autre voix retentit, celle-ci me dit de m'arrêter, de me retourner et de fuir. J'hésite encore un peu mais la jeune fille me sourit encore une fois. Vaincu je cède et m'approche. Il est possible que je trouve du réconfort ici. Je continue à avancer. Elle m'appelle.
Soudain, tout tombe autour de moi, et je sombre à nouveau dans mes cauchemars, les yeux sont rouges, et plus noirs qu’ils ne l’ont jamais été. Je sens que lentement, je suis attiré par ce feu, je me rapproche de plus en plus, je ne peux plus bouger. Une langue de feu jaillit et m'enroule. Je commence à brûler et pourtant je ne ressens aucune douleur. Le feu commence a me couvrir les yeux.
J'ai faim, j'ai soif!
Je reviens brusquement à la réalité.
Le voile rouge ne m'a pas quitté, non plus que mes envies. Toujours cette soif qui assèche ma volonté, et abreuve ma faim.
J'ai envie de violence, toute la haine qui habitait en moi rejaillit. J'ai envie de sang! Une nouvelle force coule en moi. Mes yeux ne perçoivent que les ennemis. J’entends une voix, c'est celle d'un homme, le voile se déchire en deux. Je me retourne doucement, une part de ma conscience est redevenue normale. Peinant à retenir la haine qui, à tout moment, peut envahir mon être. Je lève les yeux sur eux. Ils sont trois, ils sont du Haut peuple, des elfes. Ils commencent à m'adresser la parole. Je n'entends que des bribes de leurs paroles. Je suis dominé par la voix de la Haine. Les 3 elfes s'esclaffent, je crois qu'ils se moquent de moi. Cette simple pensée ébrèche la barrière qui retient la Haine. J’entends sa voix plus clairement que jamais. Elle m'appelle.
"Tue!Frappe! Libère toute ta haine.
La soumission ne t'apporte rien
Brise ceux qui te prennent pour un chien
Vas-y! Enlève toi toutes ces chaînes!"
Le voile rouge réapparaît devant moi. Toute la violence qui est en moi est libérée.
Je sens mon corps s’activer. Mon poing s'envole et vient heurter le visage de l'un des elfes. Aussitôt après un coup de pied l'envoie en l'air et, enchaînant à une vitesse incroyable, je bondis et viens frapper le malheureux alors que celui-ci est encore en l'air. J'entends ses os craquer sous mon pied. Il est envoyé à plus de 5 mètres plus loin. Le deuxième elfe n'a pas le temps de se rendre compte de ce qui lui arrive que je me suis glissé derrière lui, et lui assène deux coups de pied dans les jambes, l'obligeant à se mettre à genoux, je lui prend la tête et la tend en arrière, révélant un cou attendant d'être trancher. Mon envie de sang devient encore plus forte je souris, mes yeux s'agrandissent. Son compagnon reste stupéfait en moins de trente secondes un de ses amis a été mis au tapis et gît quelques mètres plus loin et l'autre est à genoux comme attendant son bourreau. Et surtout ce monstre. Qui, il y a quelques secondes n'était rien qu'un humain .Maintenant il est...terrifiant .Son long manteau noir, flottant derrière lui, une capuche lui cachant la moitié du visage, ne laissant dépasser que quelques mèches blanches. Mais surtout. Des yeux. Des oeil rouges et vifs, des yeux qui demandent du sang.