Dans les plaines d'Arania, vivait Lastalaica un petit graçon de 12 ans rêvant de devenir magicien-chevalier. Il vivait dans un village où la magie était une chose qui se faisait bannir et la croyance également. La seule chose en laquelle croyaient les hommes du village était la vie. Seulement Lastalaica n'était pas comme eux. Il rêvait chaque soir, avant que le soleil ne se couche, des plus grandes aventures fantastiques qui pouvaient jamais se produire.
Les gens du village avait déjà songé à le bannir des plaines où ils vivaient, seulement, comme Lastalaica était le fils du chef de ces terres, personne n'osait le contredire. Et puis, la veille de ses 13 ans, Lastalaica vit trois chevaliers galopant lentement vers le village. Lui qui était sur le chemin du retour après une petite promenade avec Paul, pointa le doigt sur les cavaliers en armures argentées et demanda :
« Qui sont ces hommes ? »
Il se tourna vers Paul qui était moine à l'église du village. Le moine se tourna vers la colline que montrait le garçon et fronça les sourcils. Après un moment de réflexion, il dit au garçon :
« Viens Lastalaica. Je crois que l'on t'attend à la maison. Il faudrait accélérer un peu..."
L'homme en robe de moine, accéléra le pas suivi du garçon.
Le vent soufflait dans les plaines. C'était l'automne et les plaines qu'habitait le village ne possédaient presque pas d'arbres. L'herbe était d'un ton jaunâtre et vert presque marron. Quelques brins d'herbes verts étaient encore en vue mais difficiles à repérer. Les deux amis passèrent par un petit lac qui ressemblait à un miroir tellement l'eau était tranquille.Le lac reflétait le ciel ombrageux. Il allait bientôt pleuvoir.
Quand les hommes furent passés par la grande porte qui gardait l'entrée du village, le garçon s'adressa encore une fois à Paul :
"Qui étaient ces hommes en vêtements d'acier, Paul ?
- Oh, c'étaient sans doute des personnes ramenant quelque chose à ton père."
Lastalaica savait que quelque chose clochait là dedans. Il remarquait toujours quand Paul mentait car il se mettait à parler plus vite et d'une voix plus grave.
"Tu ne me dis pas tout Paul.....
- Si si.... Fit Paul d'un signe de tête et lança un grand sourire à Lastalaica. Alalala... Lastalaica, tu ne changeras donc jamais, toujours aussi curieux.
- Je ne suis pas curieux, je sais que quelque chose ne va pas avec ces hommes."
A cette remarque, Paul ne dit plus rien ayant peur que le garçon lui pose encore plus de questions. Alors, le silence se posa entre les deux amis.
Quand ils arrivèrent devant la grande porte, Paul cria pour que les soldats l'ouvrent. Ils la passèrent et entrèrent dans le village. Le village était banal. Aussi banal qu'on puisse l'imaginer. Des petites maisons avec des toits en paille, des villageois travaillant dans les champs et revenant avec une chemise sale et leurs femmes leur criaient dessus en disant qu'elles ne pouvaient pas laver les vêtements de toute la famille sans mourir de faim. Ces discussions se terminaient le plus souvant par une gifle.
Au milieu du village, se trouvait la plus grande maison, où habitait également le seigneur de ces plaines. La mère de Lastalaica était morte d'un cancer un an auparavant. Le garçon ne s'en était toujours pas vraiment remis... La vie seul avec son père était très difficile. Surtout quand son père le frappait, au moins une fois par semaine, quand il le voyait écrire des histoires imaginaires...
Arrivant devant le petit palais, Paul resta un moment devant la porte d'entrée. Lastalaica se tourna vers lui et le regarda avec des grands yeux.
" Que se passe-t-il Paul ? ça ne va pas ?"
Le moine resta encore un moment médusé devant la porte puis se tourna vers Lastalaica avec un sourire à la fois heureux et triste.
"Non, tout va bien. J'ai seulement besoin d'un peu d'air."
Puis, il mit la main dans sa sacoche et en sortit une amulette. Lastalaica n'avait pas eu le temps de voir de quoi elle avait l'air quand le moine lui la posa dans sa poche en lui murmurant à l'oreille :
"Lastalaica, quoi qu'il arrive quand on passera par cette porte, ne donne à personne cette amullette. Tu as compris ? A personne ! Et pas de questions mon petit, ton père nous attend."
À ces mots, il passa sa main dans les cheveux de Lastalaica et lui fit un dernier sourire cette fois amical et non triste. Puis, il ouvrit la porte qui se claqua contre le mur avec fracas.
Le père de Lastalaica était sur le petit trône, devant lui, les chevaliers que le garçon avait aperçus sur la colline. Lastalaica ne put distinguer que le visage d'un des hommes. Il était brun, avait des yeux gris qui donnaient des frissons, une petite barbe, un menton un peu pointu et pour finir, une grande cicatrice s'étirant de sa joue gauche jusqu'à son cou. L'homme était grand et donnait une impression froide. Il jeta un regard au garçon. Le moine guida le garçon avec lui, s'arrêta à côté du père et mit ses mains sur les épaules de Lastalaica. Le père de Lastalaica se retourna vers les trois hommes sans prêter la moindre attention à son fils.
"Vous savez ce que vous avez à faire messire. Dit l'un des chevaliers. Il n'y a pas de retour. Il est désigné pour ce futur !
- NON ! Cria le père de Lastalaica dans la grande salle. Le cri résonna entre les grands murs et Lastalaica se tourna vers son père. Il reste ici ! Que cela vous plaise ou non !
- Si vous voulez raisonner ainsi Messire..."
À ces mots il se mit à genoux et quand il se releva, d'un geste très rapide, il prit une dague et la lança sur le père du garçon. La dague se planta dans son coeur. Le père ne bougea plus, il était là comme une statue. Lastalaica horrifié, poussa un cri non volontaire. Du sang commença à couler de la bouche du père, et une servante se précipita sur lui mais, avant qu'elle ait pu l'atteindre, l'homme qui avait tué le seigneur sortit son épée et trancha en même temps la gorge de la servante.
"Faites en sorte qu'aucune personne ne s'approche du cadavre en notre présence. Je veux que les gens du village regardent longtemps comment cet idiot est mort sur son propre trône !"
L'homme finit sa phrase avec un sourire. Lastalaica avait des larmes aux yeux, le moine le tenait encore, seulement pas aux épaules mais entre ses bras. L'homme aux yeux froids regarda ses deux coéquipiers se diriger vers l'extérieur puis se tourna vers Lastalaica et Paul. Il ne fit même pas attention au moine mais se baissa pour parler au petit garçon horrifié par le spectacle.
"Alors, Lastalaica, c'est ça ? Qu'est-ce que tu dirais de faire un petit tour dehors ? Histoire de prendre un peu l'air." À ces mots il refit un sourire. Seulement tous ses sourires avaient toujours un air méchant et sarcastique.
"Vous ne toucherez pas au garçon ! cria Paul.
- Ah ? Un moine s'interpose à moi ? Vous tenez vraimant à la mort mon ami."
L'homme voulut sortir son épée qu'il avait rangée après avoir tuer la servante mais Lastalaica s'interposa et on pu entendre sa voix tremblante.
"Non ! Arrêtez ! Je viens avec vous si il le faut, mais laissez le tranquille !
- Et bien, enfin quelqu'un qui prend les bonnes décisions." Dit l'homme en faisant une petite tapette sur l'oreille droite du garçon souriant toujours aussi désagréablement.
Puis, il prit le garçon fermement par le bras, et l'emmena à l'extérieur en laissant le moine derrière lui. Lastalaica tourna la tête pour jeter un dernier coup d'oeil à Paul, seulement, l'homme aux yeux glacés avait déjà une seconde dague dans la main et la jeta droit vers le moine. Le garçon cria de toute ses forces, et regarda la dague voler sur le moine inoffensif. Puis, comme par magie, la dague s'arrêta et s'envola droit vers l'homme. Il bascula un pas vers la gauche puis vers la droite, tomba sur les genoux puis sur le sol. La dague l'avait touché dans la gorge. Et en entendant le cri qu'il avait dégagé, les deux hommes se précipitèrent sur lui et il dit en haletant :
"C'est......bien lui...... qu'on....qu'on cherchait..........."
Puis l'homme mourut et tout les regards se posèrent sur le garçon...