Le rôdeur regarda sa nouvelle femme, elle chantait en faisant le lit. Il s’appuya contre le mur admirant sa beauté et sa grâce…Chaque geste qu’elle faisait, était comme un bouffée d’air frais… Oh comme il adorait sa présence et sa belle voix lorsqu’elle chantait… Mais son sourire se fana lorsqu’il se souvint de ce qu’il avait à lui annoncer…
Il s’avança, l’amertume pesant sur ses pas lents,et sa femme, elle, se retourna avec tant de joie dans son sourire...
Elle mit ses bras autour de son cou, embrassant ses lèvres. Puis arrêta de sourire lorsqu’elle vit la tristesse de son expression. Confuse mais ne se doutant pas de la raison de son silence, elle lui demanda la cause de son rictus forcé. Il la regarda avec amour, un sourire sur les lèvres pour la rassurer, et déposa sa main sur la douceur de sa joue. Puis lui annonça qu’il devait partir dans la forêt protéger la frontière…
C’était comme si un vampire avait volé la vie de sa mie qui devenait pâle, sa joie était partie d’un coup… Il n’aimait pas qu’elle soit triste comme ça, ni lorsque ses larmes coulaient, mais il fallait qu’il parte, il n’avait pas le choix. La nymphe fit de son mieux pour sourire jusqu'à son départ, à cheval, entouré d’autres rôdeurs.
Il l’embrassa et lui dis au revoir, elle se contenta de garder son vaillant sourire. Lorsque Silvernight ne vit plus Galathilion, elle tomba à genoux cachant son visage dans son mouchoir en tissu. Pleurant à chaudes larmes, ne sachant pas quoi faire… elle se sentait perdue et seule…
La nouvelle mariée entra dans la maison, touchant leur portrait de mariage, et l’arc brisé de Galathilion… Ses lèvres tremblaient…Elle commença à chanter un air sans mots, inventant au fur et a mesure les notes… Puis elle ajouta des paroles :
"J’entre dans notre chambre, je n’ose pas toucher quoi que ce soit…
Tes affaires ne sont plus là, tu es encore parti dans la forêt…
Je regarde le lit, je te vois en train de dormir, comme si tu étais sous ce toit…
Je parcours les draps, serrant les coussins, je repense à nos soirées…
De notre amour qui fleurissait
Nos baisers qui s’enchaînaient
De nos rires innocents et gais,
Notre amour jeune et si frais…
Chaque parcelle de peau caressée
Chaque mot échangé,
Me donne encore des papillons au ventre…
Il n’y a plus rien dans cette chambre, juste ton odeur…
Qui au fil des jours se fanera, oh Galathilion tu me manques…
Ton parfum envahit mes narines les larmes montent, oh mon rôdeur…
Tes paroles restent dans ma tête, et je sens encore les larmes qui m’envahissent…
Notre amour qui fleurissait
Nos baisers qui s’enchaînaient
Nos rires innocents et gais,
Notre amour jeune et si frais,
Chaque parcelle de peau caressée,
Chaque mot qu’on a échangé,
Me donne des larmes aux yeux…
Je serre ce bout de tissu qui garde ton emprunte, les larmes coulent le long de mes joues
Je sais que tu ne veux pas que je pleure, mais…
Je ressens encore une fois ce sentiment détesté ; la solitude, je vois flou…
Reviens moi vite Galathilion ; pour ta protection, je prie les dieux…
Notre amour qui fleurissait
Nos baisers qui s’enchaînaient
Nos rires innocents et gais,
Notre amour jeune et si frais,
Chaque parcelle de peau caressée,
Chaque mot qu’on a échangé,
Me donne un faible sourire…
Je sais que c’est dur pour toi, car ça l’est autant pour moi
Mais la forêt t’appelle encore une fois…
Je t’attends au fond du bois, dans ce lit, sous ce toit…
Je t’attends, le roi de mon cœur…
Notre amour qui fleurissait
Nos baisers qui s’enchaînaient
Nos rires innocents et gais,
Notre amour jeune et si frais,
Chaque parcelle de peau caressée,
Chaque mot qu’on a échangé,
Me donne des rêves…
Il fait froid ce soir, j’espère que ton feu de camp est allumé
J’aurais aimé être dans tes bras chaleureux pour me réchauffer
J’aurais aimé sentir sur ma nuque tes baisers enflammés…
J’espère que tu vas bien au fond de la forêt…
Notre amour qui fleurissait
Nos baisers qui s’enchaînaient
Nos rires innocents et gais,
Notre amour jeune et si frais,
Chaque parcelle de peau caressée,
Chaque mot qu’on a échangé,
Me donne un espoir…"
Silvernight regarda par la fenêtre, deux larmes coulant sur le visage.
Il se faisait tard…
La nymphe attendit longtemps encore avant que son rôdeur ne revienne… Plusieurs semaines d’automne et d’hiver. Chaque jour elle pensait à son Galathilion et à quel point il lui manquait… Chaque soir avant de s’endormir elle ouvrait sa table de nuit et admirait une rose séchée, et respirait l’odeur de sa tunique qu’elle avait précieusement gardée. Certes, elle versa des larmes mais qui dit que les larmes sont une faiblesse ? Celui qui ne pleure pas n’est pas un sans cœur, il a d’autres manières d’exprimer sa tristesse c’est le silence…
C’était un jour d’hiver, la neige était fraîche et le soleil se levait…
La nymphe se réveilla avec une main familière qui caressait ses cheveux… Il était de retour…
Pour vous ça n'a peut-être pas de sens,
Mais c'est un cri de mon cœur.
Pour toi Galathilion...