Je n’eus pas à forcer pour que la porte s’ouvre. Elle grinça légèrement et par l’ouverture, j’apercus un magnifique paysage. Mais j’hésitai, que se passerait-il si je franchissais le seuil de cette porte ? Qu’est-ce qui m’y attendait ? Friande de l’inconnu, je pénétrai dans ce nouveau monde. Mon premier pas me surprit. La porte s’ouvrait en plein champ. Un champ d’une étrange culture. C’était blond comme les blé mais gras comme l’herbe. Cela dégageait une odeur douce et appétissante. Cette culture était délimitée par un petit mur de pierre. Face à moi se trouvait une magnifique ville qui avait le type médiéval. Mon hypothèse se confirma lorsque j’arrivai devant l’entrée. Cette ville était fortifiée et se nommait Iramia. Malgré cette immense fortification, la ville avait un aspect chaleureux et inspirait confiance.
Les rues étaient assez larges, et heureusement car elles grouillaient de monde. Les habitants étaient assez étranges. Ils possédaient tous une paire d’ailes. Ce n’était même pas amusant mais je riais. Je riais face à l’étrange tournure que prenait mon rêve. Je déambulais dans des rues magnifiques et offrant une multitude de boutiques en tout genre. Je m’aventurai dans l’une d’elle lorsque l’on m’interpella. C’était un homme, ou plutôt un ange dont l’âge était donc indéfinissable. Je ne comprenais pas comment il connaissait mon prénom, je venais d’arriver !!
-« Ariel, répéta-t-il essoufflé, cela fait quatre heures que je te cherche ! L’Empereur désire s’entretenir avec nous, c’est urgent… Enfin avec le retard que tu as pris nous ne sommes plus à ça près ! »
J’étais ébahie, je ne comprenais vraiment rien à ce qui m’arrivait, tout semblait si réel pour un simple rêve ! L’ange me surprit encore une fois en m’enlaçant de ses bras musclés et en me chuchotant des mots doux. J’étais sous le choc mais très vite mon esprit reprit le dessus en échafaudant une hypothèse tout à fait plausible… J’aurais pris l’apparence d’une ange apparemment assez connue. Et l’homme devait être son… mon époux et je ne savais même pas son prénom. Il me lâcha et me regarda fixement :
-« On va passer à la maison, tu ne peux pas te présenter ainsi à l’Empereur ! »
J’acquissai en souriant. Comment était notre maison ? Avais-je des enfants qui m’y attendaient ? Comment mon mari avait-il pu nommer notre demeure à l’aide du terme maison ! C’était une immense villa entourée d’un grand parc délimité par une barrière en fer forgé. Cela ressemblait à une demeure gothique mais pas du tout médiévale. L’intérieur contrastait totalement avec l’extérieur. C’était assez futuriste. De grandes pièces lumineuses avec peu de meubles. Dans le hall, nous attendait une petite dame. C’est qui s’occupa de m’accompagner dans ma chambre où je découvris la sublime robe que je devais porter. Elle était bleu pâle et les coutures dorées. Au toucher, la matière était indéfinissable, c’était tellement doux, fin, léger… Abasourdie, je m’asseyais devant la coiffeuse et en découvrant mon visage, j’eus un mouvement de recul. Mes yeux étaient identiques mais mes cheveux étaient noirs corbeaux et totalement raides. Mon teint était pâle et mes lèvres étaient parfaitement dessinées.
-« Et bien, M’dame Ariel vous n’êtes toujours pas prête ! M’sieur Murmur s’fait du soucis en bas ! »
La petite dame me fit sursauter mais surtout redescendre sur terre. Je devais voir l’Empereur. Elle avait appelé mon mari Murmur. Ce prénom était élégant et sonnait bien. Je descendais les marches lentement de peur de trébucher à cause de cette longue robe. J’aperçus Murmur qui trépignait d’impatience, cet entretien avait l’air important. En me voyant, il me gratifia d’un sourire et d’un ton qui se voulait être las, il me dit :
-« Toujours aussi belle. »
Je le regardais fixement et nous nous mîmes à rire. Murmur était brun, il possédait deux émeraudes à la place de simples yeux, un long nez fin et une jolie bouche. Il me faisait vaguement penser à Alex… En arrivant sur la dernière marche, Murmur me souleva en me disant :
-« Prête pour voir notre super Empereur ?! »
Une nouvelle fois, le rire s’empara de nous. Je m’attachais à cet homme. Une fois nos rires éteints, une main de Murmur me caressa le visage ainsi que le cou. Ses lèvres se rapprochèrent dangereusement et rencontrèrent vite les miennes. Pendant ce temps, ses mains rejoignirent mes hanches.
-« Eh oh, z’aviez pas rendez-vous ‘vec l’Empereur !? »
Encore la petite dame. Elle était incroyable. Murmur et moi nous rendîmes au palais à cheval. Ma robe était un peu encombrante. Murmur s’excusa de ne pas avoir appelé une voiture. Une voiture ? Certainement pas celles que je connaissais.
Nous arrivîmes dans la cour du château, c’était resplendissant. Les pavés ocre étaient si bien agencés avec la pierre qui constituait les murs de l’enceinte. Le hall était encore plus somptueux que l’extérieur. J’avais les yeux si agrandi par l’émerveillement que Murmur me regarda perplexe. Je le rassurais en clignant des paupières et en lui adressant un sourire. Des soldats anges, cela existait oui, au début cela m’avait choqué car j’imaginais que le monde des anges n’était que pacifiste mais je me trompais… Donc des soldats nous conduisirent jusqu’à l’Empereur.
L’Empereur… Non, ce n’était pas possible… Je ne voulais pas y croire… Impossible… Murmur s’agenouilla pour saluer l’Empereur, je fis de même malgré ma stupeur. L’homme prit la parole :
-« Chers amis, je suis heureux de vous recevoir malgré ce… petit retard… »
Je n’entendais plus la fin. J’étais incapable de me concentrer sur ces paroles. Sa voix. Oui, sa voix, c’était exactement la même. Cela faisait si longtemps… Mais je la reconnaissais… L’Empereur était mon père… !