Qu’aujourd’hui, à treize heures, l’horloge sonne
Ce n’est qu’un coup mais il se répète
Mille fois dans ma tête, vacarme insupportable.
Treize heures, et mon enfance méprisable
Comme un souffle ultime s’arrête
J’ai grandi de vingt ans en entendant les cris,
Celui de l’horloge après celui de Maman
Ils ont pris plaisir à faire pleurer mon tourment,
C’est seul à présent que je vais affronter la vie.
Elle plane au-dessus de moi, ô tristesses
Uniquement ma mère savait me donner courage
Pour faire face aux pièges et tomber ma rage
Qui me saisit parfois d’un coup les jours de détresse
Et c’est le cas en cet interminable instant
Or nul n’est présent pour me console
De voir dans une marre de velours ensanglanté
L’innocent cadavre de ma pauvre Maman.