Pendant que l’on goûte à la vie comme à la mer,
Pendant que l’on danse à l’exode qui est en nous,
Pendant que l’on compose un instant d’éternité,
Pendant qu’au fond de toi, tu trempes dans le clair obscur,
Il somnole, dans un étroit duvet,
Posé sur les douceurs de la nuit,
L’ondée rafraîchit les caprices de sa solitude,
L’éclat des ténèbres ajuste ses pensées éclatées.
Tournoyant dans un miroitement de poussières de petits tournesols,
Il glisse dans une clarté faite de givre et de verdeur,
Il plonge dans un délice glacé,
C’est la tentation de l’écureuil.
Maintenant, que l’on s’adonne à l’oraison et qu’on blasphème,
Il attrape de petits papillons qui surfent sur des comètes,
Maintenant que l’on se pardonne les petites casses matinales,
Il sourit en coloriant l’air doux de ses petits pas d’ivoire,
Soudain, le ciel se meut en un indicible orage,
Il chute malgré ses radicelles éclatantes,
Il cesse de voltiger entre deux éclats de rire,
Il visite, il s’étonne, il s’affole.
Atterrissant, dans une vallée qui ne lui ressemble pas,
Il frisonne dans un soupçon d’inquiétude,
Il tire vers lui son duvet,
Mais celui-ci a disparu.
Il s’étonne encore, s’émeut, et sa tristesse le convainc de la déraison de son existence,
Les pleurs affleurent à la surface comme une glace devant l’impétueux Mars,
Entre deux flots abrupts,
Il décide d’ouvrir un peu les hublots qui l’ont vu souffler sur des monts,
Un rien de mouvement, l’attire loin de son refuge précaire,
Les pas l’amènent dans un tintinnabulement fort drôle,
Un craquement murit près de son plumage,
Il reste sur le battement de son cœur,
Un rire fredonne devant lui,
Il attend dans un froncement d’ailes,
Férocement, une créature sauvage bondit sur son corps fragile,
Elle lui sourit plein d’entrain.
Il pleure et des images défilent par ses lèvres en sang,
Elle saisit ces gouttelettes et souffle dessus.
L’air berce au loin des papillons faits de pleurs et d’effroi.
De son regard, elle ranime la beauté de l’ange,
Le sang a cessé de perler,
Le désarroi a quitté le navire,
Les deux êtres ont cessé de vivre en cet endroit,
Ils flottent loin dans une brume tendre,
Nommée amour.