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Sujets concernés par ce texte : Science Fiction
Type de document : Conte

     
 

« Hé toi, qu'est ce que tu fais là.»

Guillaume resta tétanisé, ce n'était ni un romain, ni un gaulois, on venait de lui parler en français. Un peu bizzare certes, mais du français, indéniablement. Alors qu'il se retournait, il fut plaqué contre un mur et la pointe d’une lance vint lui chatouiller le creux des reins. Un cliquètement tinta dans ses oreilles, il ressemblait fortement à un compteur geiger égaré dans une zone fortement radioactive, vu le boucan qu'il fit en s'approchant de lui. Son aggresseur relâcha la pression et le retourna, dos au mur. Guillaume aperçut alors un légionnaire, mais un drôle d'energumène alors. Armure classique de l‘époque, casque, glaive...et bel et bien un compteur geiger dans une main et un long tube semblable à un fusil dans l'autre. L'autre ne lui laissa pas le temps de reprendre son souffle.

« Héhé, alors comme ça on voyage dans le temps sans permis, c'est pas bien! Dis moi ton siècle que je te mette illico presto une bonne amende.

_ XXIème», répondit sans se démonter l'historien. Après tout, si le voyage dans le temps était possible, pourquoi pas la police temporelle. Les rouages bien huilés de son cerveau auraient du en avoir l'intuition plus tôt. «Vous êtes un policier temporel, n‘est-ce-pas?», reprit-il, l'autre lui répondant par un hochement de tête las. Soudain, un éclair d’intelligence traversa le regard fatigué de l’agent, qui se redressa.

« Attends un peu, tu as bien dit le vingt-et-unième siècle, si c’est le cas, je vais devoir en réferer à mon supérieur». Il se tourna un peu et sortit un boitier noir qu’il tapota brièvement.

Quelques secondes plus tard, une déchirure de l'espace-temps apparut près du légionnaire, et un druide celte, vêtu d'une robe blanche avec la serpe à la ceinture, en sortit, énervé. Son regard se porta vers Guillaume, puis vers l’objet qui ressemblait à un compteur geiger, que tenait toujours le légionnaire. Son regard s’illumina en remarquant les chiffres inscrits sur le cadran.

« Oh non, un 21. Ca va encore être la merde au niveau administratif. Ca veut dire qu'ils ont encore fait une bourde là haut, laisser une porte à un barbare, ils méritent vraiment pas leur salaire. On va devoir trouver une solution, le voyage temporel n'existait pas encore à son époque.

_ Et si on le tuait chef?

_ Hors de question, il a déjà du apporter assez de bactéries comme ça. Il faut l'emporter ailleurs.»

Changeant totalement de sujet, il sortit une cigarette qui s’alluma toute seule en sortant de son étui. Il la porta à ses lèvres et tira dessus. Son subordonné réprima une moue de dégout devant cette pratique qui, à son époque, était réservée aux classes les plus basses de la société.

« Dis moi, t'en as attrapé combien dans le coin?

_ Bof, un truc comme dix-sept ,chef. Tous autour du Capitole, je ne sais pas pourquoi ils veulent tous le voir, c‘est qu‘une colline avec quelques vieilles pierres mal taillées.. Et vous chef?

_ Pas mal aussi, une vingtaine qui trainaient dans les rangs celtes. A mon avis, nous avons du en laisser passer quelques uns entre les mailles du filet, je vais appeler du renfort, regarde bien comment on fait, tu dois savoir le faire pour passer à l‘échelon supérieur.»

Le druide fouilla dans sa robe et en sortit un petit cube noir. Il appuya dessus et parla à voix basse près d’une des faces. une fois qu’il eut fini de parler, il appuya à nouveau dessus et entreprit de creuser un trou dans la terre meuble. Finalement, il posa le cube dans le trou, appuya sur une face et remit la terre en place.

« Maintenant, le cube va rester là jusqu‘à l‘époque de l‘Agence. Grâce à un écran d‘énergie, il ne sera jamais découvert sauf quand l‘agence recouvrira le Terre de son réseau d‘agents. Les renforts arrivent. Il nous reste 5 secondes avant qu‘il ne se déclenche...»

 

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« Hé toi, qu'est ce que tu fais là.»

Guillaume resta tétanisé, ce n'était ni un romain, ni un gaulois, on venait de lui parler en français. Un peu bizzare certes, mais du français, indéniablement. Alors qu'il se retournait, il fut plaqué contre un mur et la pointe d’une lance vint lui chatouiller le creux des reins. Un cliquètement tinta dans ses oreilles, il ressemblait fortement à un compteur geiger égaré dans une zone fortement radioactive vu le boucan qu'il fit en s'approchant de lui. Son aggresseur relâcha la pression et le retourna, dos au mur. Guillaume aperçut alors deux légionnaires, mais deux drôles d'energumènes alors. Armures classiques pour l‘époque, casques, glaives...et bel et bien des compteurs geiger dans une main et des longs tubes semblables à des fusils dans l'autre. Ils ne lui laissèrent pas le temps de reprendre son souffle.

« Non mais regarde le lui, encore un qui veut s’approcher de ce fichu Capitole. Je ne sais pas ce qu’il a de si beau aujourd’hui, mais j’en ai marre de patrouiller autour. C’est le trente-huitième que nous attrapons, plus qu’en une année de patrouilles dans le coin. Si ça continue, va falloir demander une prime!» dit un des deux soldats romains.

« Pour sûr, et tu te rappelles celui qui nous a canardé après la pause casse-croute, non mais quelle honte vraiment!» répondit son collègue, puis s’adressant à Guillaume.

« Bon, tu es en état d‘arrestation pour voyage temporel illicite et non prêvu, donne moi ton époque, on n’a pas que ça à faire.

_ XXIème,» répondit sans se démonter l'historien. Après tout, si le voyage dans le temps était possible, pourquoi pas la police temporelle. Les rouages bien huilés de son cerveau auraient du en avoir l'intuition plus tôt. Il le savait déjà, en tout cas une partie inconsciente lui criait qu’elle avait déjà vu le légionnaire de gauche, mais Guillaume ne lui prêta aucune attention.« Vous êtes des policiers temporels, n‘est-ce-pas?», reprit-il, l’un d’eux lui répondit par un hochement de tête las, son compagnon sortait déjà une feuille de procès-verbal.

Soudain, les deux légionnaires absorbèrent l’information, leur prisonnier était du vingt-et-unième siècle. Ils vérifièrent sur les appareils qui ressemblaient à des compteurs geigers et gémirent.

« Et merde, encore un vingt-et-un, bon, on ne saurait pas quoi faire de toi ici, puisque tu ne peux repartir dans ton époque. Comme vous n‘avez pas encore la machine, ton retour provoquerait trop de bouleversements dans la trame temporelle, on va appeler le chef.»

Quelques secondes après, une nouvelle déchirure de l'espace temps apparut près des légionnaires, et un homme vêtu à l’orientale apparut. D’un coup de manche, il essuya son visage peinturluré de poudre jaune.

« Qu‘est ce qui se passe les gars?

_ Un 21, chef.

_ Merde, c‘est chiant ça.

_ On ne peut pas le tuer chef?

_ Non, les bactéries qu‘il apporte seraient trop dangereuses pour l‘environnement. Déjà, rien que son contact avec les gaulois ne sera pas dénué de conséquences graves sur leur santé.

_ Alors, on fait quoi? On l’envoie dans votre monastère shaolin, il y sera bien et ne pourra pas s’échapper.

_ Non, il n’y a plus de place. Je vais regarder les places disponibles, mais ce ne sera peut être pas à cette époque.»

L’un des légionnaires lâcha Guillaume et fouilla dans ses poches pour prendre ses menottes, tandis que son chef cherchait une place pour lui dans son agenda. Mais l’historien n’avait pas l’intention de se laisser faire, il devait savoir, quitte à mourir après ou à croupir en captivité. Il poussa violemment le dernier légionnaire d’une bourrade et se mit à courir. Ses pas résonnèrent lugubrement sur les pavés inégaux.

Les agents temporels se retournèrent et virent leur collègue étalé par terre. Il ouvrirent le feu avec leurs longs tubes sur le fugitif, qui s’échappa d’une roulade. Il courut à travers les rues, essayant de se rapprocher autant que faire se peut du Capitole. Il heurta un mur et, encore endolori à l‘épaule, commença à l’escalader. Les cris de ses poursuivants le piquèrent comme un aiguillon et il passa par dessus et sauta dans une cour sombre.

Devant lui se dressait un temple antique, avec son fronton sculpté, ses marches monumentales et ses colonnes effilées. Il chercha un abri derrière une colonne et avança à tâtons. Son pied heurta une masse molle et chaude, une plume vint lui chatouiller le nez.

« Atchoum, fit-il en éternuant.

_ Coin», répondit le volatile, qui se mit ensuite à hurler à tue-tête à travers la cour. Ses congénères se réveillèrent et se mirent eux aussi à hurler.

« COIN, COIN, COIN, COIN...»

Des hordes de sentinelles romaines sortirent du temple et des bâtiments voisins, alertés par les cris des oies domestiques attachées au culte de Junon. Leurs torches éclairaient la nuit et Guillaume opta pour une retraite discrète dans un coin de la cour. C’est à ce moment là que les gaulois, conduits par Brennus, arrivèrent dans la cour du temple de Junon après en avoir escaladé eux aussi les murs. Les volatiles, énervés, leurs pincèrent cruellement les mollets et prévinrent leurs maîtres de l’intrusion celte. Les oies repoussèrent les envahisseurs vers le mur. Le parvis du temple de Junon résonnait du bruit des armes qui s‘entrechoquaient et des chocs sourds des boucliers amortissant les coups portés.

Du coin de l’oeil, l’historien entr’aperçut un poing s’approcher de lui. Il fut frappé à la tempe et entrevit une nuée de petits angelots descendre vers lui avec leurs trompettes multicolores. Il s’évanouit et tomba dans les bras d’un des agents temporels. L’un d’eux s’exclama, avant que leur victime ne sombre définitivement dans les vapes.

« Et merde, où est ce qu‘on va le mettre celui-là?»

 

 

 

La pièce était grande, meublée avec goût, les murs couverts d’étagères ou de tableaux laissaient présager la grande richesse du maître de céans, le sol recouvert de peaux de bêtes flattait la plante de pied des visiteurs . Un feu ronronnait dans l’âtre, et sa chaleur bienfaisante réchauffait la pièce assaillie par les froides bourrasques hivernales. Une petite fenêtre à barreaux dispensait une faible lumière, suffisante cependant pour permettre à un homme d’écrire.

Attablé à un secrétaire, un homme écrivait. Vêtu de velours et de dentelle, il avait l’air d’appartenir aux classe aisées de la société. Il était en pleine rédaction de ses mémoires, qui prenaient en fait la forme de prophéties dissimulées, car nous n‘étions encore qu‘en 1679. C’est ainsi qu’il écrivait :

 

En 1789, j’envisageai sérieusement de me retirer quelques semaines à Paris, où des affaires m’attendaient. Mais, en cours de route, je préferai rebrousser chemin suite à l’insurrection du 14 Juillet et la destruction de la citadelle de la Bastille qui suivit. Je pris alors la route de...

 

A côté de lui, un valet habillé d’une livrée verte attendait. A chaque fois que l’homme finissait de couvrir de mots une feuille , il la saisissait, la saupoudrait de sable pour sécher l’encre, la secouait puis partait la brûler en secret dans un cabinet adjacent.

Nul ne devait modifier impunément le Passé. Mais l’homme ne savait pas qu’on détruisait son oeuvre, il continuerait, tel un Sysiphe, à écrire jusqu’à ce que la plume lui tombe des mains. Ainsi vécut et mourut l’homme au masque de fer.

 

 
     

 
par zluglu
le 12/08/2006
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