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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Type de document : Conte

     
  Connla, le petit bourg, était tranquille jusque 19 ans auparavant. Alors que les Starym, Folk, le ménestrel-conteur et Shayleigh, l’empathe alchimiste du bourg, avaient déjà un fils de 3 ans, la belle Celte mis au monde une mignonne petite fille. Ces deux enfants ressemblaient traits pour traits à leurs parents..Hormis leurs petites têtes blondes, comparées à la peau de leur père, brunie par le soleil de ses pérégrinations à travers tout le pays, et à la chevelure d’ébène de leur mère.

C’est à partir de cette naissance que notre histoire commence …

La vie à Connla n’était ni trop dure ni très facile. La petite famille ne resta pas très longtemps unie. En effet, c’est grâce à ses voyages de tavernes en échoppes que Folk nourrissait sa petite meute, Shayleigh l’aidait en prenant des commandes de potions magiques ou autres remèdes. Il dut ainsi repartir car l’argent commençait à s’amenuiser. En partant, il regarda son fils et lui dit « maintenant que tu es assez grand tu seras le chef de la maison pendant mon absence, alors veille bien sur ta petite sœur et sur ta maman. » Il attacha son luth sur le dos et prit son tambour sous le bras. Et en entamant une rapide mélopée, il disparut dans l’obscurité de la nuit, après avoir laissé un dernier baiser sur les lèvres de sa bien-aimée. Pour une fois, le départ n’était pas aussi amer que d’habitude. Fyren était debout dans l’entrée de la porte comme un piquet et il fixait l’endroit où son père avait disparu, avec dans le regard cette lueur de fierté. Tandis que sa mère, après avoir été quelques instants avec lui, s’en était retournée surveiller son petit ange blond. Cet ange avait été nommé Solindrae, en souvenir d’une mélopée en l’honneur du soleil, composée par son père. Elle avait ce petit quelque chose dans le visage qui dégageait autour d’elle une aura de sérénité, son visage de princesse rappelant à sa mère leurs origines lointaines.

En effet, de longues années auparavant, les Starym étaient une noble famille d’elfe qui était arrivée par bateau de sa retraite, l’île vers laquelle les hauts elfes avaient fui après l’arrivée en Hibernia des premiers celtes et de leurs compagnons firbolgs. Gildor et sa sœur, Nimrodel la vierge, furent les premiers Starym à revenir, Gildor épousa une celte, Heldwynn. Et depuis la descendance de Gildor Starym, a subi de nombreux mariages mixtes et le sang des elfes ne courent plus vraiment dans le corps de cette dernière génération. Folk était le descendant de cette antique famille elfique, car bien qu’étant un breton, il était arrivé en Hibernia dans l’espoir de commencer et de découvrir de nouvelles choses. Son souhait fut réalisé lorsqu’il séjourna à Tir Na Nog ; c’est là qu’il rencontra Shayleigh, elle avait en elle la grandeur des elfes et la simplicité des celtes. Et lorsque leurs regards se croisèrent, celle-ci ne résista pas longtemps à la beauté de cet étranger et à la douceur de sa voix. Ils tombèrent rapidement amoureux et ne pouvaient bientôt plus se passer l’un de l’autre. Ils décidèrent de se marier et de conserver le nom des ancêtres de la jeune celte. Il acceptait, ainsi, de devenir un Starym, car son nom à lui ne représentait plus qu’un vague souvenir de tristesse. Il se marièrent lorsque la belle celte eut fini ses études, au temple des magiciens de la capitale, et retournèrent s’installer à Connla. Où naquirent Fyren et Solindrae.

Les deux enfants grandirent et leurs enfances furent simples et heureuses. Malgré l’absence répétée de Folk, la petite famille était unie. Et lorsque quelques larmes survenaient chez Shayleigh, ses deux angelots la consolaient. Ils passaient leurs journées à jouer ou à se chamailler. Et ils étaient tous les deux capables d’une rare haine, mais celle-ci n’était que passagère et très vite les câlins succédaient aux coups de poings, et les rires aux larmes et aux cris. Ils grandirent, ainsi, s’ennuyant l’un sans l’autre. Ils choisirent, inconsciemment, leurs voies futures. Fyren appris à maîtriser les sciences mieux que personne, en tant que simple apprenti du sage. Toute la journée, il étudiait les mathématiques, les algorithmes avec le génie de ses antiques ancêtres, les elfes. Quand il étudiait avec ses amis, il les épatait, et personne n’est aussi vif et agile que lui. Quant à Solindrae, elle avait un don pour la musique, peut être venait-il de son père… Elle avait dans la voix cette douceur et cette sérénité, qui se dégageaient déjà d’elle toute petite. Quand elle se mettait à chanter, tout le monde l’écoutait et ni homme, ni animal ne l’interrompait. Malheureusement, lorsque Fyren eut atteint sa 12ème année, Folk l’emmena.

Il était temps, le jeune garçon avait maintenant l’âge requis pour choisir sa voie. Il devait rejoindre la capitale et apprendre sa tâche. Les adieux furent cette fois si horriblement durs, la jeune celte savait qu’elle ne reverrait plus son frère avant longtemps. Elle n’osait plus le lâcher et elle le serrait fort dans ses bras, en espérant ainsi, le retenir un peu plus longtemps. Folk embrassa les deux femmes de sa vie avec dans le regard cette flamme qui voulait dire « A bientôt ! ». Et se mit en marche sans trop se presser. Le frère et la sœur se séparèrent et Fyren suivit son père. Ils disparurent bientôt derrière la dernière maison du village. Solindrae attrapa sa flûte et suivit la course du soleil en montant le plus vite possible vers leur ancienne cachette, au sommet de la colline surplombant la vallée. Et c’est là, qu’elle entonna sa première mélopée, elle l’avait composée quelques jours auparavant sachant que son frère devrait bientôt la quitter. Le son de la flûte résonna dans toute la vallée et sur le chemin, une fine silhouette, traînant la patte, écoutait cette mélodie avec les larmes aux yeux.

Les années passèrent et les lettres furent nombreuses. Solindrae était resté à Connla avec ces parents, remplaçant de temps à autre son père en tant que barde-conteuse, dans ses voyages qui lui devenaient de plus en plus pénibles. Elle permit ainsi à ses parents de se retrouver. La jeune barde grandissait et mûrissait à toutes vitesses, et devenait une magnifique créature digne de ses ascendantes elfes. Ses seuls professeurs après son père, furent les vents, les animaux, les plantes… Elle passait de longues heures à écouter la nature, lui parler ou plutôt lui chanter ce qui se passait au-delà de son horizon. Ces chants ravissaient les gens alentours, et elle fut bientôt reconnue dans tout le delta du Shannon, et même jusqu’au bourgs d’Innis Carthaig et celui de Tir Na Mbeo. Il paraît même qu’on parlait d’elle en certains endroits de Midgard, comme étant une Valkyrie.
Dans le même temps, notre jeune celte avait bien grandi. Il avait maintenant sa taille adulte, et malgré le fait qu’il passait des heures à étudier, il restait bien musclé. Il avait suivi les cours de l’Académie des sciences d’Hibernia. Et il était devenu étudiant, plus spécialisé dans le maniement des ordinateurs, il faisait donc partie de ceux qu’on surnommait les informaticiens… En effet, les érudits ne considéraient pas ceux qui maniaient les ordinateurs comme étant aussi intelligent et efficaces qu’eux-mêmes. Il dut se faire sa place pour être respecter et c’est après maints tests qu’il obtint le titre de cadet de la promotion. Il était reconnu par ses professeurs et par ses amis, et compagnons, comme le meilleur élève de l’Académie. Il avait même défait quelques quadragénaires et autres scientifiques, ainsi que des enseignants, lors de duels de calculs acharnés. Ils étaient maintenant tous deux adultes et c’est alors que le malheur fini par frapper.

Durant cet hiver, Solindrae dut affronter, toute seule, une maison à tenir, et son pain à gagner. Ces parents passèrent la plus part de leurs temps couchés. Le froid les avait surpris au début de l’hiver et ils avaient contracté on ne sait quelle maladie. Elle dût s’occuper d’eux sans relâche, malheureusement alors que l’hiver s’achevait, Shayleigh fut emportée par un dernier excès de fièvre. Folk eut beau se battre, il suivit son épouse quelques heures plus tard, mais il exprima, à sa fille, une dernière fois son amour et lui dit avec les larmes aux yeux « Embrasse ton frère pour maman et moi. » C’est la seule fois que l’on entendit un hurlement venir de cette petite chaumière. Les deux enfants venaient de perdre leurs parents en quelques heures. Deux jours plus tard, Fyren, vers qui Solindrae avait envoyé ses amis les vents, arriva sur un cheval, tout essoufflé. Il avait chevauché deux jours et deux nuits pour être là le plus vite possible. Et c’est ensemble au premières lueurs du troisième jour, qu’ils enterrèrent leurs parents là où ils avaient passé leurs jeunesses, au sommet de la colline à l’abri d’un puissant chêne, bourgeonnant à l’annonce du printemps. De ce moment là, ils ne se séparèrent plus.

Solindrae avait été très affectée et Fyren s’était fait la promesse de ne plus jamais la laisser seule. Ils quittèrent Connla mais ne retournèrent pas à Tir Na Nog. Ils partirent en voyage sans but précis, sans direction à suivre un peu perdu mais toujours ensemble. Sans doute ont-ils juste besoin de découvertes.
 
     

 
par -Fyren-
le 08/12/2004
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