La nuit, une fois le calme venu,
Je sors et marche dans les rues,
Errant à travers la ville
En quête d'une parcelle de vie
Et quand je trouve un humain,
Croisant mon chemin,
Je le saisi et me repaît de lui,
Absorbant son sang et sa vie
Partageant, ultime liaison, fatal rapport
Ses rêves, ses espoirs, ses instants les plus précieux,
Car à peine mes crocs s'enfoncent-ils dans son corps
Que déferlent des images de cet être, amoureux et haineux
Envers la vie qui le quitte et la mort qui l'accueille
Alors je dessere mon étreinte et il tombe sur le sol
Pauvre marionnette manipulée par le destin
Pantin inanimé, envellope vide, molle,
Habitée par la vie il y a si peu de temps
Alors je titube, ivre de son sang,
Hagarde, retrouvant pendant quelques instants
Mon humanité perdue, qui m'est rendue chaque nuit.
Je me dirige vers le parc, sombre jardin,
Et là je pleure ma solitude,
Ma vie d'errance à travers le temps, à travers le monde
Ce monde construit et détruit par des humains capricieux
Ce monde où l'on s'entretue, où l'on se trahit.
Puis je retourne dans mon sombre manoir isolé
Quand la lune disparaît derrière les arbres
Et je m'installe dans mon cercueil, épuisée
Je ramène le couvercle et, enveloppée de ténèbres,
Je m'endors dans les bras de Morphée,
Rêvant de retrouver mon vampire bien-aimé.