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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Conte

     
 
Le soleil se couche au-delà de la forêt touffue de Boisy, le ciel devient une palette de peinture. De magnifiques dégradés du rouge au jaune se créent, résultat d’une opération physique complexe, et même si peu de personnes le connaissaient, tout le monde aimait admirer ce spectacle offert par les dieux, cette aquarelle sublime bien venue après une journée de dur labeur.
 
Malheureusement, aujourd’hui, en ces temps obscurs de l’an 1562, au village, personne ne sortit pour admirer le ciel enflammé. Les seuls spectateurs étaient les habitants secrets de la forêt, se cachant aux yeux des humains, se dérobant devant eux, ils étaient pourtant les premiers habitants de cet endroit de rêve. Lointains amis de temps oubliés des hommes, proches voisins inconnus de la mémoire. Alors, comme tous les soir depuis des milliers d’années, nymphes (dryades), centaures, gnomes, lutins et autres créatures admirent la beauté de la nature en silence, sans aucun représentant humain. Tous les animaux se sont tus comme pour honorer cet instant où la nature et sa beauté surpassent toute chose.
Mais soudain, un bruit retentit. Les centaures se lèvent, les nymphes se cachent, les lutins disparaissent en scintillant, les oiseaux s’envolent. Rapidement, la clairière se vide. Le temps est comme arrêté, plus rien ne bouge, plus aucun bruit. Puis, sortant d’un buisson, deux enfants, une fille et un garçon, entrent dans la clairière. Ils semblent effrayés, essoufflés. Le garçon, certainement plus âgé, tire la petite fille en pleurs. Ils semblent avoir atteint un état de fatigue extrême. Une fois arrivés au milieu de la clairière, tous deux tombent à genoux, côte à côte, puis, ils s’allongent.
Quelques minutes plus tard, ils dorment profondément. Pendant un long moment, la clairière reste silencieuse, bercée par les sanglots de la fillette endormie. Après une longue attente, Iris, la plus jolie des nymphes, s’approche des deux enfants, à la fois intriguée et inquiète. Une fois assez près, elle commença à détailler ses étranges créatures. Le premier avait les cheveux noirs, coupés courts, il portait un pantalon déchiré. Son torse nu laissait paraître ses muscles déjà très développés pour son âge. Son visage, même endormi, semblait dur et trop sérieux. Il donnait l’impression d’avoir grandi trop vite.
Iris, effrayée par tant de gravité, se tourna vers la petite fille. Elle semblait représenter la beauté infantile. Ses longs cheveux fins châtains entouraient sa frimousse attendrissante. Son visage fin, ses lèvres pulpeuses, son petit nez, son air espiègle… tout en elle faisait penser à l’insouciance que beaucoup avait perdue. Tout … ? Non, les grosses larmes coulant sur ses joues juraient avec son visage de petite fille car on voyait bien que ces larmes n’étaient pas dues à un caprice mais à une peine sincère, à une douleur profonde.
La nymphe, attendrie, s’agenouilla près de cette jeune fille. Elle posa sa main sur sa robe en lambeau, regarda ses pied nu, ses doigt osseux … toutes ses choses qui montraient à quel point sa souffrance devait être atroce. Iris se releva et se tourna vers les autres créatures de la forêt.
 
"Ses enfants sont innocents, on ne peut les laisser là, livrés à une mort certaine …"
Des murmures traversèrent l’auditoire. Une créature à l’apparence d’un jeune humain fini par quitter les rangs et saluer Iris puis il attendit qu’elle lui donne la parole. Iris le connaissait, il s’agissait en fait d’un loup garou, Lucien. Elle sourit.
 
- Oui, je t’écoute …
- Ma reine, je me suis avancé pour vous rappeler le règlement … « Aucun humain ne peut être accepté parmi le peuple de la forêt … » et ce depuis la grande rupture …
 
Le sourire de la reine s’élargit. "Mais puis je vous rappeler à mon tour la fin de la règle que vous venez de citer «  … à moins que celui-ci soit innocent, jeune et abandonné. » A présent, baissez vous Lucien et observez ses enfants, ne vous semble-t-il pas qu’ils remplissent toutes ces conditions ?"
 
A contre cœur, le jeune loup garou se baissa et observa la jeune fille … en effet, elle semblait innocente, jeune et abandonnée. Il failli répondre à la reine que certes la fillette remplissait les condition mais le jeune homme lui, par contre … puis il aperçut que la petite fille tenait fortement la main de son ami et là il comprit que s’il disait cela, alors, ses deux enfants seraient séparés … et il fallait tout prix l’éviter … car aucun des deux ne survivrait sans l’autre. Il se releva, s’inclina à nouveau, inspira profondément et prit la parole.
 
- Oui ma reine, je pense que ses deux enfants remplissent les conditions …
- Bien, à présent, personne n’a quelque chose à rajouter, emmenons ses deux charmants enfants à l’abri dans notre monde …
 
Un jeune lutin sortit du rang à son tour.
 
- Moi, j’ai une question !
- Oui, je t’écoute …
- Voilà … qui gardera ses deux créatures ?
 
La reine fit un sourire étonné et dit avec simplicité et évidence.
"Moi … "
 
     

 
par Silentwolf
le 05/06/2006
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