Balade de Loer
A la rencontre entre deux sources de vie
Aux eaux miroirs d’un passé glorieux et fier,
Se dresse une splendeur tombée dans l’oubli,
En son écrin à la palette infinie :
Cet cité maudite dont le nom est Loer.
En des temps fastes, époque de merveilles
Son nom évoquait, même au-delà des Vaux Gris
A tous ceux qui l’ouïssaient, une beauté sans pareille.
Richesses et passions, fait d’or et de vermeil
Un rêve sans éveil, Eden sans paradis.
Au cœur de l’Enie, frondaisons et racines
Dressent, autour d’Elle, un rempart de verdure
Que l’aube cristallise d’une rosée fine
Pour protéger sa mémoire des rapines
Et des viols d’hommes aux intentions impures.
Dans ce chef d’œuvre d’Art et de magnificence
Parmi les rires, la musique et les fêtes
Un avènement aussi gai qu’une naissance
Offre à la vie d’une femme tout son sens :
Un enfant, comme un ange, criant à tue-tête.
Mais l’ange en grandissant se révéla démon
L’homme qu’il devint étant odieux et cruel
D’outrageants bals s’organisèrent sans raison
Où l’opulence côtoyait la trahison,
Le crime et la Mort dans une folie passionnelle.
Il fonda un ordre, qui évoque l’écarlate
Du sang et du meurtre, les Légions du Rouge,
Armées de terreur répandant l’épouvante.
Abritées par les brumes évanescentes
Elles égorgeaient les voyageurs courageux.
Seigneurs et princes des Vaux Gris, les Ducs d’alors
Décidèrent tous de lui déclarer la guerre.
On perçut dans les brumes éthérées le cor,
Annonciateur de la bataille et de la Mort
Qui prononçait la sentence contre Loer.
Le Havre d’Automne maudit cette contrée.
Désormais dans le palais règne le silence
Et les murmures des Sylves dans les futaies
Soufflent dans les ruines rendues à la forêt.
Loer est maintenant laissé à ma romance.
Elessa, barde de la Congère
(Tiré de l'oeuvre Murmures du Havre d'Automne)