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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Chapitres : 1 2 3
Type de document : Conte

     
 

Chapitre 3 : La Mort d’une pierre

 
Cette mission devait révéler à Ilgora une partie de sa destiné. Le massacre de cette nuit allait détruire en lui le goût du sang, le goût de la mort.
Le magicien l’observait du haut  de sa tour à travers son œil du Lointain. Mais il ne doutait pas du destin de Ilgora ; il savait que cette étape était essentielle à Ilgora pour devenir le plus grand mage de tous les temps. Il serait  certainement aussi l’être le plus puissant, à lui de le convaincre de l’enrôler dans son ordre. Il avait l’avantage grâce à la haine de Ilgora, remporterait-il la guerre ?
Le maître d’arme Arsinia reprit la parole après l’annonce de la mission. 
« Messieurs, notre temps sera compté, cette mission ne sera pas sans risque mais elle est de premier ordre pour notre ville et notre Seigneur !! 
Pour cette mission, pour notre honneur, j’ai décidé de nommer un second. Ilgora lève-toi et viens me voir maintenant ! »
Ilgora fut très surpris pour lui il n’était ni un meneur, ni même un exemple pour les autres. Il était bien trop sanguinaire pour pouvoir servir de chef pour un groupe d’assassin qui devait rester discret. Cette mission allait peut-être mettre fin à leur discrétion ; enfin ils allaient pouvoir vivre comme des rois, tel des seigneurs vivant dans leur royaume. A eux ils étaient beaucoup plus puissants que le seigneur. Il ne pouvait donc pas les laisser prendre les pouvoirs… Cette mission tracassait Ilgora le temps de son chemin vers l’estrade.
 
 « Te voilà enfin mon bras droit, mon bras sans émoi, sans pitié. Tu seras donc mon premier second un jour tu me succéderas. Peut-être ce soir, peut-être dans un an. Le temps pour moi de n’avoir que des regrets, aucun autre souvenir, ils sont bien trop paisibles. J’aime les regrets car ils emplissent ma rage, ils font de moi qu’une bête. Ce soir nous allons donc attaquer la Tour Brune. »
Pour tous cette annonce fut comme un coup de fouet en plein visage, il n’y avait qu’Ilgora qui avait le sourire. Ce soir il y aurait un massacre ; de part et d’autre peut de gens se relèveraient mais Ilgora savait qu’il en serait. Il est vrai que depuis quelque temps les occupants de la Tour Brune étaient un peut trop entreprenants, et surtout un peut trop irrespectueux du Seigneur de la cité et de ses environs. Ce groupe d’influence avait su manœuvrer pour créer sa propre garde d’assassins, d’espions et d’hommes d’armes, pour au départ simplement se défendre contre les pillards de convois marchands, puis ensuite protéger leur lieu de rencontre et enfin servir leurs intérêts. Mais leur véritable but était simple et logique : posséder un corps armé assez puissant pour pouvoir influencer le prince de la cité.
Le maître d’arme reprit la parole après cette courte agitation :
« C’est à nous de montrer que nous sommes les seuls, uniques, et véritables assassins de cette ville ! Pour notre honneur ! Pour Sigar !! »
Il était temps de finir d’aiguiser ses lames, remplir ses carquois, noircir son armure et adresser une prière à Stabal, dieu du sang et de la haine, pour qu’il puisse leur donner la haine et la rage pour que la victoire soit de leur coté. Et qu’à leur tour ils puissent donner une rivière de sang à leur Dieu protecteur.
 
Après une longue heure de préparation les écorcheurs et leur nouveau leader étaient fin près pour ce qui s’annonçait être leur bataille. Juste au moment de partir Arsinia passa dans les rangs. Il distribua une drogue, le sang de Stabal, mais peu d’hommes en avaient besoin. Leur motivation prenait source dans la rage et la haine des ennemis de leur Seigneur. Seul Ilgora ne semblait pas haineux il était simplement heureux d’aller répandre la mort et le sang, cela faisait de lui l’arme la plus redoutable de la petite armée. Il n’avait pas peur de la mort, il la défiait trop souvent pour s’en méfier ; elle était devenue sa meilleure amie … sa seule amie.
 
 
La Tour Brune n’était pas un lieu mais juste le nom d’une organisation dont la seule vertu était l’argent. Un espion avait donné le lieu de leur réunion, le lieu de leur mort pensèrent à l'unisson les écorcheurs. Le lieu de la bataille était à une petite heure par les catacombes. La troupe d’une centaine d’hommes avançait en rang serré dans ce lieu de mort si apprécié par Ilgora.
La Tour Brune s’était retrouvée dans le vieux marché de l’Est de la ville, bien après les mauvais quartiers où ils avaient l’habitude d’opérer. Mais cela n’inquiétait pas des bêtes haineuses d’un ennemi sans visage. Personne ne se doutait alors ce qui attendait nos hommes dans le vieux marché transformé en piège géant, où la garde Brune avait préparé l’exécution des écorcheurs sous les ordres d’un bien étrange commanditaire.
La troupe avait décidé de pénétrer dans le bâtiment par trois entrées, la plus grande partie des hommes rentrerait par l’entrée souterraine. Un petit groupe d’hommes se faufilerait par les toits. Et le dernier détachement, mené par Ilgora, devrait rester discret pour pouvoir passer par la rue.
Les trois groupes devaient pénétrer au même moment dans le hall. Mais comme tout soir de malheur, rien ne se passe comme prévu. Le pire scénario était à prévoir mais aucun homme ne voulait et ne pouvait y penser.
Ilgora mena son groupe lors de l’assaut. Il avait décidé de faire passer son groupe par une rangé de fenêtres situées sur la façade opposée à l’entrée. Lui seul pouvait voir l’autre groupe se déplacer sur le toit. Bientôt ils allaient rentrer à l’intérieur, mais l’instinct d’Ilgora l’interpella; il n’y avait pas de bruit qui s’échappait de la battisse. Des lumières, des ombres mais aucun bruit, comment expliquer cela ? Il ne pouvait avertir les autres car lui non plus ne pouvait faire de bruit. Il décida de lancer son groupe quelques instants avant les autres. Mais il était déjà trop tard pour le groupe passant par le sous-sol. Ils étaient déjà aux prises des escrimeurs de Patgar, un groupe de mercenaire qui avait du être très dur à engager ce coup avait du être préparer depuis longtemps.
Le carnage dans la partie basse allait s’achever dans un bain de sans où seul Arsinia s’en sortait blessé à de nombreuses reprises mais ce n'était que superficiel et il se savait assez fort pour lutter encore des heures ; ces mercenaires n’étaient pas à la hauteur de son talent et eux aussi le savaient. Il ne restait autour de lui que les plus anciens et les plus agiles. Il se maudissait de n’avoir pas garder Ilgora à ses cotés, pourquoi son maître lui avait conseillé de se séparer de son meilleur élève. Pourquoi l’avait-il envoyé si loin de sa base dans un quartier qu’il n’avait pas eu le temps de connaître en dehors de son rayon d’action habituel. Mais il gardait ses pensés pour plus tard maintenant il devait attendre Ilgora, survivre jusqu’à son arrivée, Ilgora était un sauveur et c’est maintenant qu’il s’en rendait compte.
Ilgora surgit dans la pièce principale en éclatant la fenêtre. Il fut imité en quelques instants par ses compagnons, ils étaient attendus  par les danseuses de Vaktar. Un autre groupe de mercenaire, une autre grosse somme d’argent, un commanditaire vraiment très riche, vraiment très mystérieux. Ilgora fit signe à ses hommes de se jeter dans la bataille, pour lui il n’y avait pas d’inquiétude sa lame faisait mouche à chaque coup mais ses compagnons eux avaient plus de mal. Leurs coups étaient moins précis moins rapides et surtout plus prévisibles. Face sûrement aux meilleures mercenaires de tout le monde connu, ils n’allaient pas résister bien longtemps sans renfort. Mais dans l’instant qui suivit, il fut rassuré pour ses compagnons ils étaient enfin en supériorité numérique face à ces démones. De toute manière la vitesse des coups d’Ilgora faisait fondre l’effectif des danseuses à une vitesse tel que bientôt ils pourraient retourner dans leur maison pour ruminer leur vengeance. Mais il fallait compter sur la fourberie de l’instigateur du complot contre les écorcheurs, qui leur avait tendu un piège bien plus grand qu’ils ne pouvaient croire, qu’ils ne pouvaient imaginer, qu’ils ne pouvaient penser.
 
Dans le bas du bâtiment le sang coulait sur les murs et sur le sol il ne restait plus beaucoup d’écorcheurs debout à part Arsinia qui luttait comme un diable. Il avait dû boire du sang de Stabal pour pouvoir tenir, tenir jusqu’à l’arrivé du sauveur car les escrimeurs étaient encore bien trop nombreux pour lui et pour ces deux derniers compagnons eux aussi sous l’emprise des drogues. L’un d’eux n’allait pas survivre encore bien longtemps, lorsque l’effet des drogues s’estomperait, il n’échapperait pas à la mort.
 
Ilgora venait de tuer de ses mains la dernière danseuse il n’avait pas eu besoin de surpasser mais trop d’écorcheurs étaient tombés pour ce combat. Soudain la porte principale du marché vola en éclat, une centaine d’arbalétriers, sans doute ceux de Silgardy ont dit que chacun d’entre eux pouvait tuer une mouche à plus de 600 mètres, s’étaient mis en formation et firent feu sur les écorcheurs qui tombèrent pour moitié lors de leur première salve. Les survivants étaient ceux qui avaient été les plus prompts à réagir et parer les flèches meurtrières grâce à leur armes. Une marée humaine surgit dans la pièce laissant à peine le temps à Ilgora de sauter par une trappe qui le mena directement au sous-sol plongeant dans un liquide visqueux et chaud. Du sang ! L’odeur lui frappa le nez, en se relevant il dû esquiver un coup et déjà recommencer à tuer cette fois si des hommes, des escrimeurs, sans doute encore des mercenaires. Il regarda autour de lui, que des cadavres amis ou inconnus. Seul son maître d’arme tentait encore de se battre contre les escrimeurs mais il ne pouvait plus que parer les coups, cela paraissait un exploit vu l’état de l’homme et la flaque de sang à ses pieds. Ilgora ne perdit pas plu de temps  et trancha les derniers ennemis debout. Il entendit le tonnerre de botte au-dessus de sa tête il fallait fuir et très vite, son amie la mort était si proche qu’il allait falloir encore ruser pour l’esquiver. Il prit son maître et le glissa sur son dos ; il semblait l’avoir reconnu car il ne tentait plus de frapper ou peut-être était-il tout simplement trop fatigué pour se battre encore et préférait se faire capturer, étrange pour un si grand maître d’arme. La seule issue restait le chemin qu’ils avaient emprunté pour arriver dans ce piège.
 
     


Chapitres : 1 2 3  
par kacchal
le 27/04/2006
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