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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Chapitres :
Type de document : Conte

     
 
Le nain quitta ses pensées et continua.
 
- Hé bien, les deux ombres, ils accompagnaient le sorcier, à l’aura orange. Il a parlé à ton oncle, et, il était furieux. Je croyais que ce n’était qu’une légende, que les sorciers du Maître des Morts n’existaient, hoc, que dans les vieux parchemins Hoc.
 Le nain était très perturbé, il s’énervait.
-  Hoc, hoc, cela devient terriblement inquiétant, hoc, mais bon, allons porter secours à ton oncle.
 
Il lâcha le bras d’Alexandre qui dévala la pente en courant et arriva près du corps de Jonathan. Il se jeta à genoux et lui souleva délicatement la tête.
C’était un homme sur lequel le temps n’avait pas eu de prise. Sa chevelure blonde tombait sur ses épaules dénudées. Il était, torse nu et sa chemise couverte de sang avait été déchirée. Le malheureux avait dû subir des atrocités qui dépassaient l’entendement. Des plaies béantes lui recouvraient le corps. Les ongles des doigts avaient été arrachés.
 
"Oncle Jonathan dit doucement Alexandre, oncle."
Le malheureux ouvrit les yeux, il avait reconnu la voix du jeune Homme.
"Alex, murmura-t-il avec une voix qui devenait à peine audible. La grrrrrrote," il éleva légèrement la main en direction de la grotte, "cheeecche l’épée", put-il murmurer dans un dernier souffle.
Sa tête tomba légèrement sur le côté sans vie. Alexandre hurla, en pleure.
 
- Pleure mon garçon, pleure dit le nain qui venait de le rejoindre. Il posa sa main sur l’épaule du jeune homme. Il n’y a pas de honte à pleurer ceux qu’on aime.
- Il a toujours été comme un père pour moi, je l’aimais, il m’écoutait, me comprenait. Il m’a tous appris. Il adorait courir par mont et par vaux à la recherche de plantes médicinales. Toujours prêt à aider mes parents. Je pouvais rester des semaines avec lui, le soir autour d’un feu il me racontait des légendes sur les rois de Castelmur. Il m’avait appris à reconnaître les étoiles pour ne pas me perdre. J’ai mal Herta, mal, et je fais la promesse devant son corps de châtier le coupable. De mon vivant il ne connaîtra plus la paix, où qu’il soit, qui il soit, je le trouverai, mon oncle, je te le promets. Ce sont mes dernières larmes, que je verse, je n’aurai pas de pitié pour, les bêtes immondes, qui t’ont fait souffrir.
 
 
Le nain tapota l’épaule du jeune.
"Il est temps de lui donner une sépulture décente mon garçon."
Quand ils eurent fini de l’enterrer, comme le voulait la tradition chez les Homorisons, Alexandre déposa sur la tombe une branche d’olivier. Herta lui, prit dans sa besace une plume d’oie et un bout de parchemin, et les posa à côté de l’olivier.
 
- Pourquoi une plume ? demanda Alexandre
- Pour qu’il puisse, communiquer une dernière avec la personne qu’il souhaitera, quand son âme sera en paix. A t-il dit quelque chose avant de mourir Alexandre ?
- Oui : il m’a dit en montrant la grotte, cherche l’épée. Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire, allons voir cette grotte.
-Mon jeune ami a grandi, le voilà un homme, il a mûri en quelques heures. Ne pousse pas trop vite mon garçon, pensa le nain.
 

Chapitre II : La grotte aux vérités

 
Les deux hommes se dirigèrent vers la grotte par un petit chemin qui serpentait en s’élevant vers l’ouverture béante de la montagne. Pas une parole ne fut échangée. Alexandre avait le cœur lourd, et Herta songeait à tout ce qui c’était passé. Ils arrivèrent enfin à l’entrée de la cavité. La neige, sur une surface de plusieurs mètres carrés, avait fondu. Deux cordes traînaient par terre. Elles étaient attachées à leur extrémité à deux pieux enfoncés dans le sol gelé.
 
- Les ombres ont dû attacher leurs dragons ici hoc, dit Herta
- Tu as sûrement raison répondit Alexandre. Cette grotte, je la connais bien, je venais y jouer dans ma jeunesse. J’en faisais mon château, parfois une fille venait passer la journée chez mon oncle, je la prenais pour ma princesse, mais je ne me souviens plus de son prénom.
 
Il faisait noir, il était difficile de voir quelque chose et encore plus dur de s’orienter dans l’obscurité.
 
- Attends, si je me rappelle bien, dit Alexis, là, juste à ta droite Herta, il y a une pierre en forme de corne d’abondance. Tu la vois ? Dans cette corne, il doit y avoir une torche.
- Oui tu as raison ! S’exclama le nain.
- Donne-moi la, demanda Alexis, je vais redescendre vers la ferme il y a encore des cendres brûlantes je vais pouvoir l’allumer.
- Non non, lui répondit Herta. Regarde, nous les Smoltors nous avons nos petits secrets.
 
Il sortit de sa besace deux pierres jaunes en forme de dragon. Il les frotta l’une contre l’autre, en les approchant de la torche. Celle-ci s’embrasa et éclaira l’intérieur de la cavité. Le plafond était recouvert de peintures, décrivant diverses scènes de la vie passée. Certaines représentaient des groupes de personnes à genoux les bras au ciel, devant un personnage muni d’un grand bâton courbé à l’extrémité. D’autres, montraient des dragons parqués dans des enclos. D’autres dragons étaient dessinés, chevauchés soit par des hommes soit par des femmes. Ces personnes, avaient toutes la même apparence. Elles ressemblaient à Herta. Les cheveux roux, une petite taille, bref c’étaient des nains. Herta resta immobile, regardant les peintures.
 
- On dirait la représentation d’un élevage hoc. Comme dans mes montagnes. Pourtant, je ne crois pas que nos écrits parlent de cette grotte. Il faudra que je fasse des recherches.
- Oui mon oncle m’avait expliqué que cette région appartenait à une tribu spécialisée dans l’éducation de ces animaux, dit Alexis. Maintenant je saisie mieux, cette tribut, c’est ton peuple. Mais, cherchons, pour autant que je m’en souvienne il n’y a rien ici qui ressemble à une cachette.
 
Ils avancèrent vers le fond de la grotte, mais rien de bien intéressant ne les y attendait. À l’extérieur la nuit était tombée. Déçu Alexis tournait en rond .
 
- Tu sais Alexandre, il est tard, et j’ai une faim de loup, hoc lui fit remarquer Herta.
- Oui tu as raison, allumons un feu et reposons-nous, il fera jour demain.
 
Les deux hommes ressortirent pour ramasser du bois. Le feu ne tarda pas à crépiter et à réchauffer l’atmosphère glaciale de la grotte. Les flammes dessinaient des ombres gigantesques sur les mûrs, et les deux compagnons bien que fatigués, mangèrent avec bon appétit le peu de vivres qui leur restaient.
 
- Demain je retourne chez mes parents leur annoncer la mauvaise nouvelle. Dit Alexandre. Peux-tu peux m’accompagner ? Deux paroles valent mieux qu’une. Ils ne croiront jamais ce que je vais leur dire. Si je leur parle de dragons, d’ombres, de sorciers, ils vont me prendre pour un fou.
- Je viendrai avec toi. Puis je partirai à la recherche de l’Elfe.
 
Tout en parlant Alexandre regardait le mur opposé.
 
- Nous avons cherché pendant des heures dans cette maudite grotte, et pour quoi ? Pour rien. Mon oncle devait délirer, dit-il en jetant violemment une pierre qu’il avait ramassée. Celle-ci retomba sur un caillou carré qui dépassait légèrement du sol. La terre se mit à trembler, les deux amis se regardèrent, surpris, apeurés. Alexandre se mit debout :
- Un tremblement de terre, cria-t-il. Sortons vite.
 
Mais le nain ne bougeait pas. Il regardait la paroi de pierre. Le grondement s’amplifia, et une roche s’avança puis glissa sur le côté en dévoilant une vasque pleine d’un liquide jaunâtre.
 
- Hoc, Hoc, cria Herta tout énervé. Bistre de bistre, que le mouflon de nos Hautes Chaînes perde ses cornes, qu’est ce que c’est encore ?
- Je ne sais pas répondit Alexandre, il n’y a plus de bruit.
 
À ces mots, la grotte fut remplie d’une multitude de minuscules étincelles de toutes les couleurs. Celles-ci provenaient de la vasque. Elles montaient vers le sommet de la grotte, puis passaient derrière les deux hommes, pour finir sur un rebord de pierre, dissimulé par la porte qui venait de s’ouvrir. Plus les étincelles arrivaient et plus un objet se matérialisait. Au bout de quelques minutes, l’objet, les objets devinrent distincts. Le premier, une épée, brillait de mille éclats. Le deuxième, un vieux grimoire s’ouvrit. Une voix se fit entendre.
 
- Bonjour, Alexandre, dit une voix caverneuse.
- Oncle Jonathan, cria le jeune homme, en regardant partout. Mais il ne vit personne si ce n’est Herta qui restait figé, les yeux rivés sur le grimoire.
- Oncle, comment est ce possible, tu es mort ?
- Écoute moi, et ne dis plus un mot, quoi que je dise, promet moi de ne rien dire.
- Je te le promets.
- Alexandre, non, Alexis, c’est ton vrai prénom. Il y aura dix-sept ans demain, un homme, de la race des Homorisons, mage, sorcier, et druide partit dans la forêt Bleue pour y trouver des plantes médicinales. Il était jeune, beau, fort comme un ours. Il avait hérité du don de sorcellerie de ses parents. Le bon don, les secrets des plantes, et la magie. Seul le parchemin que tu trouveras dans le manche de l’épée t’en dira plus. Il partit donc dans la forêt bleue et récolta les plantes dont il avait besoin. Les Elfes de la forêt ne l’empêchèrent pas de s’enfoncer dans leur territoire. Il y rencontra Neime la Magicienne Elfe. Elle était la fille de Algraf le roi des Elfes Sylvain. Ils tombèrent amoureux. De cette union naquit un enfant. Ils ne purent l’élever sans risquer de le perdre, car le mélange du sang d’un Elfe et d’un Homorisons était interdit par les druides. Tous les sang-mêlé devaient être éliminés Ils confièrent l’enfant à une famille de LordDruides où il grandit en paix. Pour protéger leur amour, les deux jeunes gens se séparèrent. Lui partit à Castelmur et elle retourna vers son peuple, et ils se rencontrèrent en cachette.
 
 Cet enfant, c’est toi Alexis. Tu es l’élu de la prophétie antique. Tu es de sang-mêlé, et tu as le cœur pur. Toi seul pourras tenir l’épée forgée dans la ville « La froide » et supprimer « Barcalus le Maudit «revenu du royaume des morts grâce à cette arme.
Prends cette épée Alexis, va avec Herta à la recherche du Fou, trouve le feu sacré et réalise la prophétie, mon fils. Venge ma mort en supprimant Barcalus. Lève une armée pour combattre le Maître des Morts. Vas voir Horc le druide de Castelmur, c’est mon frère, ton vrai oncle, il t’enseignera la Magie, t’aidera. N’oublie pas Alexis, tout ce que je viens de te dire est écrit dans le grimoire. Prend le temps de le lire, il contient la solution à toutes les énigmes, ne le donne à personne, ci ce n’est une personne de confiance. Présente le parchemin à Horc si celui-ci ne te croit pas, dit lui bien que le mal est en route, et qu’il faut unifier, les Elfes, les Homorisons et les Smoltors. Le danger est grand, mais ton cœur et ta foi t’aideront dans ta tache. Courage mon fils et adieu.
 
Les étincelles disparurent comme par enchantement. Le silence qui suivit fut long et lourd et c’est Herta qui parla le premier.
 
- Hé bien, si je m’attendais à ça. Tous ces événements sont liés, hoc, mon garçon, et c’est bien » Barcalus le Maudit » qui a assassiné ton père. Par mes ancêtres ! Que faut-il faire ? La guerre est proche, le malheur est à nos portes. Il faut que je trouve le moyen de prévenir mon peuple et je pense que tu pourras compter sur lui dans ta quête, Alexis.
- Merci Herta, répondit le jeune homme, mais que veux-tu qu’un paysan comme moi fasse pour contrer un sorcier et des brutes comme les ombres que j’ai rencontrés. La tâche est trop lourde pour mes épaules. Je ne m’en sens pas la force.
- Mais tu n’es pas un paysan mon garçon, n’as-tu jamais éprouvé de drôles de sensations, jamais senties ou devancé des événements ?
- À bien y réfléchir, quelque fois, c’est vrai, j’ai cru avoir vécu l’instant présent. Et je crois que je sens les évènements avant qu’ils arrivent. De plus, depuis quelques jours, j’ai à la base de l’épaule, sous l’omoplate gauche, une brûlure qui se réveille par moments. Jamais à la même heure. Je te la montrerai plus tard cette maudite brûlure, mais pour l’instant voyons cette épée.
 
Au moment où Alexis toucha l’arme, une myriade d’étincelles de couleurs, apparut et entoura la main, puis le bras, puis le corps tout entier. Le garçon aurait bien voulu lâcher l’arme, mais impossible. Une chaleur douce envahissait son corps au fur et à mesure de la progression des étincelles. Quand celles-ci arrivèrent au niveau de ses tempes, il vit comme dans un rêve, des images de guerriers, de combats. L’arme lui transmettait son pouvoir, et l’art de la guerre. Tout s’arrêta au bout d’un moment. L’épée était légère, facile à manier. Il effectua quelques passes.
 
- Où as-tu appris le maniement des armes demanda le nain ?
- Ici, tout de suite, répondit Alexis.
 
Celui-ci regarda l’épée de plus près. Elle était fine, effilée comme un rasoir. La garde de l’arme était placée de façon à ce que celle-ci soit équilibrée au mieux. Sur le plat de la lame, on pouvait distinguer des dessins. Tout d’abord, à la base du pommeau, une tête de dragon, qui crachait un lierre. Celui-ci filait jusqu’à la pointe de l’épée. À chaque mouvement d’Alexis le métal chantait en fendant l’air.
"Quelle belle arme" dit le nain. Je me demande depuis combien de temps elle dort là.
Le jeune homme s’approcha de la tablette. Il y avait une ceinture qui devait servir à porter l’arme, il s’en empara et la passa autour de la taille. Avec le grimoire, il y avait aussi une boîte en métal sertie de pierres précieuses. Il ouvrit celle-ci et y trouva une bague en or, avec deux initiales gravées dans le métal. Deux « G » entrelacés.
 
- Ce sont les initiales de qui ? Demanda-t-il. ?
- Je ne sais pas. Il y a autre chose dans la boîte !
 
En effet il présenta au nain une autre bague. Celle-ci était d’un métal tout à fait ordinaire. Des lettres entouraient une couronne. Mais il avait beau essayé de lire, il ne le pouvait pas. Regardant le nain, il lui dit
 
- Je ne comprends pas ce qui est écrit, Herta ?
- C’est normal c’est un sceau royal. Pour lire les mots, il suffit, de tremper le sceau dans de la cire chaude afin d’imprimer son image et tu pourras lire ce qui est écrit. Sinon, il y a une autre solution.
- Laquelle ?
- Celle des nains malins, mon garçon.
 
Il lui tendit un miroir qu’il avait sorti de sa besace.
 
- C'est pire qu’un coffre aux trésors cette besace, se moqua Alexis.
- Moque-toi, mon garçon, hoc, moque-toi. Tu es bien heureux des services qu’elle te rend, cette besace. Mets donc le miroir devant le seau et lit ce que tu vois dans la glace.
 
Le jeune homme s’exécuta et lut.
 
- Que justice soit rendue ! Belles paroles, enchaîna-t-il.
- Des paroles de Roi, dit le nain.
 - Il ne me reste plus qu’à prendre le grimoire. Nous le lirons chez Claire ma mère adoptive.
- Tu as raison, les heures passent et ce sera bientôt l’aube. Le ciel s’éclaircit déjà à l’Est. Une ou deux heures de repos nous feront le plus grand bien avant de repartir.       
 
Ils se couchèrent sur leur lit de paille et eurent, les deux, le sommeil agité.
 
     


Chapitres :  
par ALEXIS
le 16/03/2006
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