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Sujets concernés par ce texte : Science Fiction
Chapitres : 1 2 3 4 4 5
Type de document : Essai

     
 
Jeudi 15 juillet 2062
16h32
 
 
Les bureaux de la Milice… Ça faisait longtemps que je n’y avais pas mis les pieds…Bon ok, c’est vrai, j’avais visité leur cellule de dégrisement il y avait à peine deux jours. Le bon vieux temps.
Les flics pouvaient s’enorgueillir de travailler dans un des plus beaux bâtiments du gouvernement : un magnifique cube grisâtre percée de ci de là de minuscules fenêtres. Les androïdes s’y plaisaient beaucoup, ça leurs rappelaient l’usine d’où ils sortaient.
 
J’entrais dans l’antre de ce vieil ours qu’était Carlyle. Sa secrétaire, toujours aussi chaleureuse, me demanda de sa voix métallique :
 
- Monsieur Hetfield, que puis-je pour vous cette fois encore ?
- Allons ma jolie poupée d’aluminium, ne t’énerve pas, je veux juste voir Carlyle.
- Le commandeur est en réunion où il doit très certainement discuter du désordre que vous avez causé en ville.
- Oki doki, je vais l’attendre dans son bureau.
 
Je ne fis pas attention à la secrétaire qui m’interdisait de rentrer dans ce bureau.
Carlyle avait la belle vie, un boulot généralement tranquille, une bonne paye, et une chouette famille dont il avait la photo sur son bureau. Je pris place à son bureau et décidais de l’attendre en dégustant un de ces fabuleux cigares. J’avais besoin de repos, et cette pause me ferait du bien.
 
Vous n'allez pas me croire si je vous dis que ça n'a pas duré longtemps…
 
En effet, une demi heure plus tard, alors que je fumais un second cigare et que je commençais à taper dans la bouteille de whisky de Carlyle, les pieds sur son bureau, deux hommes entrèrent. Les deux portaient le badge des agents fédéraux. Que me voulais l’AFS (l’Agence Fédérale de Sûreté) ou comme beaucoup l’appelait  La Fesse… ?
 
- Monsieur Hetfield, nous sommes chargés de votre protection. Le commandeur Carlyle pense que vous devez être mis en sûreté…autant pour votre sécurité que pour celle de la ville, vu les dégâts que vous provoquez.
 
C’est pas vrai ! Carlyle était un crétin…Les flics étaient infiltrés, je ne serais en sécurité avec personne…
 
- Merci bien les gars, mais je me débrouille très bien tout seul…Alors retournez faire mumuse avec vos gros pistolets et lâchez moi la grappe.
- Le commandeur était sûr que vous diriez cela, c’est pourquoi il nous a demandé de vous conduire a lui.
 
Hum…j’étais un peu surpris, ces types n’étaient pas du genre à discuter d’habitude. Enfin, s’ils voulaient m’emmener voir mon vieil ami, j’allais pas dire non. C’est donc en soupirant que je me levais et en passant près de l’homme a l’attaché-case je vis un détail qui m’avait échappé…
L’autre me dit que le commandeur m’attendait près du parking pour m’accompagner jusqu'à ma planque…Comme c’était pratique…
 
Pendant le trajet, je pris le temps d’observer mes deux « protecteurs ». L’un était grand avec un air de playboy qui a tendance à m’énerver. Blond, les yeux bleu, un sourire chaleureux…tout ce que je détestais.
L’autre, le gars a l’attaché-case était lui aussi plutôt bien bâti, il avait l’air sournois et imbu de sa personne, ce qui allait certainement le perdre. C’était un homme intelligent, tout dans sa façon d’être le disait.
Ils devaient être armés et pas d’un petit calibre…Et, bien caché sous la montre pour l’un et sur la nuque pour l’autre, il y avait un tatouage que je commençais à connaître.
Nous arrivions au parking souterrain, où j’étais certain que Carlyle ne m’attendait pas, quand je m’arrêtais pour refaire mon lacet.
 
- Agent Denton, c’est bien ça ?
 
Le gaillard à la mallette acquiesça, il semblait soudain un peu plus soucieux. Le deuxième homme avait déjà la main proche de son arme.
 
- Je me demandais si vous ne connaîtriez pas un certain Demetrius ? Ah mais je suis bête, bien sur que oui, puisque vous l’avez sûrement tué après qu’il m’ait donné votre nom par inadvertance.
 
Denton sortait à peine son arme qu’il vit son coéquipier s’écrouler, un couteau imprégné de neurotoxine planté dans l’œil. Ces imbéciles n’avaient même pas vu que je n’avais pas de lacets sur mes rangers. J’avais eu tout mon temps pour sortir ma lame de ma botte.
Le brun à l’air si intelligent tira là où une seconde avant je me trouvais. Ma main s’abattit sur son bras et je lui fis lâcher son arme. D’un coup de pieds je fis éclater sa rotule dans un craquement sinistre. Il s’écroula en hurlant.
 
Et voila, c’est dans les situations désespérées que la chance vous sourit ! Cette fois ci, j’avais un prisonnier qui allait pouvoir répondre à mes questions. Denton devait regretter de ne pas avoir mit son bracelet Korpse.
Je repris mon couteau  et m’accroupis à coté du futur cadavre.
 
- Ah Denton, ce n'est pas très malin de se promener avec un badge avec ton nom dessus…ni d’ailleurs de sortir sans son bracelet…Et puis le tatouage n’est pas super discret non plus… Pour un gars qui se croit si malin, ça doit faire mal de se faire avoir par un gars comme moi.
 
Comme je m’y attendais, ce bon Denton m’insulta copieusement. Avec entrain, je lui plantai le couteau dans la main, ce qui, d’après son cri de douleur, ne lui fit pas du bien. Si j’avais été plus sentimental, j’aurai eut pitié de lui…
 
- Parle, Denton.
- Plutôt mourir !
- Ok.
 
Quand il vit le couteau s’approcher de sa gorge, il prit conscience que je ne plaisantais pas. Il ne devait pas être très bien renseigné sur moi.
 
- Je vais…te dire ce que je …je sais…
- Très bien commençons par la taupe de la Milice.
- Elle est pourrie jusqu'à l’os, me dit il en ricanant.
- Cool, ça m’aide vachement. T’as intérêt à être un peu plus précis, si tu veux rester vivant.
- J’en sais pas plus sur la Milice. On m’a envoyé pour te liquider. La bombe chez toi, l’appel de Demetrius, les hommes qui t’attendaient un peu partout autour de ton immeuble, tout ça c’est moi qui l’aie organisé. J’ai tout foiré, c’est pour ça que t’as l’hybride au cul !
 
Il ricana encore une fois et s’arrêta quand sa tête rencontra le sol violement.
 
- J’attends la suite, je n’ai rien appris de neuf là…Pourquoi vouloir ma mort, j’avais qu’une piste assez mince sur les Templiers avant que vous ne m’attaquiez…
- Pour que tu ne puisses pas t’interposer entre nous et ton employeur, la prochaine cible…
- Dionysos ?
- Non plus haut…Markus Zeus.
- Quand ?
 
-Bientôt…ce soi…
 
Je sentis une présence derrière moi et entendit un léger sifflement à mon oreille. La tête de Denton explosa littéralement projetant du sang et de la matière grise sur le sol de béton. La surprise passée, je fis volte face prés à lancer ma lame. Je m’arrêtais net dans mon mouvement, c’était Carlyle qui arrivait l’arme à la main.
 
-Tu te fais trop vieux pour ces conneries Gid, t’as même pas vu qu’il essayait de récupérer son flingue…
 
Récupérer son arme ?! Bizarre…j’avais rien vu, mais c’était vrai qu’il avait l’arme presque en main…la fatigue sans doute.
 
- Ouais, mais t’étais pas obligé de lui exploser la tête ! Un prisonnier ça ne sert à rien si ça ne peut pas parler !
- Désolé, la prochaine fois j’attendrai que tu sois mort pour te sauver…
 
Ne prêtant plus attention à Carlyle, je fouillais ce qui restait de Denton. Rien sur lui, à part son badge et son arme. Il y avait encore sa mallette, mais l’ouvrir sans précaution serait quelque peu dangereux. Oh et puis après tout je n'étais pas à ça prés. Tout en bidouillant l’attaché-case, je demandai à Carlyle :
 
- Au fait, qu’est ce que tu fous là ?
- C’est ma secrétaire qui m’a dit que tu étais descendu me retrouver au parking avec des agents de La Fesse, ça m’a paru étrange que tu n'aies pas fini ton verre donc je suis descendu.
- Ha ha très drôle…Recule toi un peu, je vais l’ouvrir.
 
Il obéit et j’ouvris la mallette pour trouver un joli assortiment d’accessoires de torture.
 
- Mouais…c’est pas avec ça je vais avancer moi…En tout cas, il savait s’amuser ce p’tit gars…
Dis moi Carlyle, où est ce qu’il crèche  Zeus ?
- Si je me rappelle bien, sur l’Olympe… Hé me regarde pas comme ça ! C’est comme ça qu’on appelle le gratte ciel de la Zeus Entreprise. On dit qu’il habite au sommet de sa tour…comme le dieu grec au sommet de l’Olympe…Tu comptes pas y aller quand même ?!
- Bien sûr que si ! Je ne vais pas les laisser buter celui qui fait les chèques !
- T’es malade ou quoi ?!  Je te rappelle que tu as les Templiers et une Hybride sur ton dos, et en plus ça m’étonnerait que quelqu’un te laisse voir Zeus.
- T’occupe pas des détails, ça me regarde. Passe moi les clés de ta voiture.
- Jamais ! Tu sais ce qu’il s’est passé la dernière fois !
- C’était un accident ! J’y peux rien moi, si le gars que je poursuivais avait des potes avec des grosses mitrailleuses…
 
A contrecoeur, il me donna ces clés. Je récupérais l’arme de Denton, une de plus ne pouvait pas être un mal, m’essuyais le visage du sang de l’agent de La Fesse, et partis au pas de course.
En m’engouffrant dans le parking, j’entendis dans mon dos Carlyle hurler :
 
- Elle s’appelle revient !!
 
 
 
     


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par Arésius De Falk
le 02/02/2006
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