Prologue : La nuit de mort
La nuit tombait et le vent soufflait sur ceux qui changeraient le cours du monde…
Une Ombre était près du Château, une cape d'un noir de ténèbres le protégeait contre le froid d’hiver. Un mercenaire, envoyé pour assassiner plusieurs personnes dans le château, sûrement de sang royal.
Un jeune homme passa son chemin dans la forêt. Quand l’Ombre, le surveillant, alla près de lui, l'humain partit aussitôt vers le village. Ça y est, ils étaient seuls…
Une dizaine d’autres personnes arriva, toutes habillées de noir, armées d’épées et d’arc.
L’Ombre fit un signe de tête : « Tuez tout le monde sur votre passage.»
Les autres hochèrent la tête, et commencèrent à grimper les murs du château, comme des fourmis.
L’Ombre fit le tour du château, et arriva au pied de la tour ouest. Il grimpa… Juste en haut de la plus haute tour, personne ne pouvait le voir... car aux yeux du monde il n’y avait rien, l’Ombre était invisible. Il arriva à une vitesse incroyable jusqu'à la fenêtre de la princesse.
Pendant ce temps, les autres Ombres dans le château égorgeaient tous le monde sur leur passage. Tous les gardes qui étaient sur leur chemin, un par un, tombaient à genoux et mourraient en se vidant de leur sang. Ensuite, ils se dirigèrent vers la salle des trésors. Après quelques minutes, le château avait une odeur de mort… Il n’y avait pas le moindre son, pas la moindre respiration, non le château était presque sans vie…
Dans les chambres de la princesse, il avait encore un être, et il était vivant, sans compter l’Ombre.
La princesse dormait tranquillement et paisiblement, sans se douter de ce qui allait lui arriver. L'elfe rêvait dans son lit au chaud, et elle était si belle, dans sa robe de nuit en soie.
L’Ombre la regardait, son regard se perdant dans la beauté de cette créature, à qui il devait faire du mal. Mais l'assassin reprit son travail. Il plaça dans la main de la princesse un médaillon en forme de cœur, qui avait la possibilité de s’ouvrir. Il regardait la princesse toujours en la fixant… Elle se retourna dans son lit, ses cheveux dorés et bouclés brillaient sous la lueur de la bougie que se consommait au coin de la chambre de velours rouge.
L’Ombre tourna sa tête vers la fenêtre, et entendit le signal. Un léger bruit, que lui seul pouvait entendre, comme un cri très aigu…
Son regard se posa sur la princesse une dernière fois, il commençait à rire dans un murmure.
« Faites de beaux rêves, votre altesse, ce sera sûrement les derniers. »
Soudain il sauta par la fenêtre. Il avait bondi de la plus haute tour, pour retomba à quatre pattes comme un félin, sur le sol. Il vit les autres, et ils disparurent aussitôt, s'évaporant dans l’ombre de la nuit...
Le château, était désert et mort.
Et le jeune homme qui était passé ? Qui était t-il ? Pourquoi passait t-il ce soir là, dans la forêt du château? L'Ombre ne savait pas et ne cherchait pas à comprendre, c'était un humain pitoyable qui ne pouvait rien contre lui. Demain les habitants du pays allaient apprendre une terrible nouvelle.
Leur Roi était mort.
Chapitre I : La demande
Avant l’attaque sur le château.
Loin du château et près de la ville, se tenaient deux amoureux, marchant dans la neige que Dame Nature leur avait fait présent. Ils se tenaient la main et en avançant, ils riaient. La jeune femme était habillée d'une robe de haute couture, et sa cape faite de soie, toutes les deux blanches. Le jeune homme portait une tunique verte, qui cachait son armure de cuir noir, et un chapeau avec une plume assez duveteuse couleur blanche.
La jeune femme le regardait avec ses yeux verts dorés, en fixant ceux châtains de son compagnon. Il lui souriait
- Madame, voici cinq mois que nous nous fréquentons, et je dois vous admettre quelque chose, qui me pèse lourd sur le cœur depuis tous ces mois.
- Allez-y je vous écoutes, Sire.
Le jeune homme lui rendit un sourire charmeur.
"Madame, nous avons vécu un bon bout de temps ensembles, et je crois, mon cœur le croit aussi, il en est même sûr… Je vous aime, acceptez vous mon amour ?"
La jeune femme savait qu’il l’aimait, depuis un bon bout de temps cela se sentait dans les phrases qu’il disait, et son regard aussi. Mais elle ne répondit pas, elle ne pouvait pas.
"Céléb’dhû ?"
La jeune femme baissait le regard, les joues roses.
"Moi aussi, je vous aime. Depuis longtemps, Sire Véleg" ajouta t-elle. "Mais je crains que mon père ne voudra pas de vous, mais j'espère fortement, je prie les dieux."
Véleg souriait. Il la regardait dans les yeux et elle les baissait, il lui remonta le menton pour qu’il la regarde. Il lui baisa sa main, en guise d’amour. Elle mit une main sur sa joue et ils s’embrassèrent, d'un baiser doux et sensible.
Bien sûr Céléb’dhû était la princesse des elfes. Malgré sa grâce et son air adulte, elle était encore jeune. Pour la race humaine elle n’avait que seize ans, mais elle semblait avoir vécu beaucoup plus longtemps...
Elle était juste une enfant lorsque les premières guerres du monde avaient éclatées, avant la paix avec les ténèbres.
Les premières guerres étaient considérées à présent comme des histoires, et non pas un récit, chaque famille ayant sa propre version à elle. Heureusement que les scribes du château avait accès à la bibliothèque royale, car si tel n’avait pas été le cas, l’histoire aurait été perdue, et l’histoire de leur peuple aurait disparu avec le temps.
Les guerres contre les Ombres, des démons qui n’avaient pas de corps, entourés d’une cape de ténèbres. Les entendre parler donnait l'impression qu'ils aspiraient de l'air, leurs yeux étaient rouges, sans pitié et leur soif de sang était grande. On emploie aujourd’hui était, car ils avaient été exterminés et aujourd’hui dans le royaume il n’en existait plus.
La nuit tombait, le jeune Véleg accompagnait sa dame jusqu'au château, la main dans la main. Arrivés près du château le jeune homme embrassa la princesse et lui dit au revoir.
"Céléb, voulez vous m’épouser ? Voulez vous devenir ma femme ?"
Sans voix, la princesse restait là des larmes dans les yeux, elle secoua sa tête.
- Véleg, je ne devrais pas dire oui, je ne connais pas la réponse de mon père. Je ne peux pas vous répondre de peur que dans le cas de contraire vous soyez déçu. Sa voix montrait qu’elle était désolée.
- Je sais… dit le jeune homme, déçu. Mais j’irai lui demander votre main demain ! Devant toute la cour !
- Oh ! Véleg ! Vous feriez cela ? Pour moi ?
Véleg lui répondant que oui, elle souria, des larmes dans les yeux. Le vent soufflait légèrement, elle tourna sa tête vers le château.
"Je devrais rentrer, ma servante va peut être s’inquiéter." Elle retourna la tête vers lui.
- Je vous verrai demain alors. Bonne nuit, Sire Véleg.
- Bonne nuit, ma belle Céléb’dhû.
Il embrassa sa main, elle lui souria et lui tourna le dos pour repartir dans le château.
Et lui aussi parti pour aller à la taverne la plus proche. Il ne se doutait pas que le lendemain tout le château allait être mort. Il n’avait pas la moindre idée qu’il ne verrait peut-être plus jamais sa belle...
Il traversa la forêt pour aller dans le village au pied du château, sans remarquer l’Ombre qui l’observait… L’Ombre attendait que le jeune humain quitte les environs.
Véleg, se sentant fixé, s’arrêta. L’Ombre était derrière lui, même pas à trente centimètres mais restait invisible aux yeux du mortel. Un vent froid soufflait, Véleg se couvrit de sa cape tout en secouant sa tête et continua son chemin.
Demain il allait demander au Roi la main de sa fille, sa fille adorée. Cela n’allait pas être facile…