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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Type de document : Poesie

     
 
6 personnages : Viviane, Lancelot, Merlin, Morgane, Perceval, Arthur
 
Lancelot :
 
« Viviane, mon amie, faut-il craindre le jour ?
Pourquoi suis-je puni, je n'ai commis qu'amour !
Pourquoi cette folie qui me prend et m'abaisse,
Ce délire insensé où perce ma tendresse
Pour un nom que ma lèvre ne peut susurrer ?
Amour, qui n'est que joie, pourquoi me torturer ? »
 
Viviane :
 
« Lancelot, souviens-toi des jours de ton enfance,
Des longues discussions portant sur ta naissance,
Tu es né pour combattre, et les astres gracieux
N'avaient sans doute pas, prévu autant de feux
Pour celle que tu ne nommes, dont je connais les yeux!
Merlin est là qui veille, sois confiant mais surveille,
Morgane bien souvent, se transforme en corneille ! »
 
Merlin :
« Dans la labyrinthique forêt de nos âmes
Le mythe de l'Amour creuse un chemin étroit
Mais Lancelot, ta place est loin de toute femme,
Ton absence est danger pour notre pauvre Roi.
Ta douce mère a dit ce qu'il te fallait faire,
Et l'ordre d'une fée jamais ne se diffère ! »
Lancelot :
« Hélas mon bon Merlin, c’est encore toi qui sait
Car de ma tendre enfance près de Viviane passée
J’ai aussi conservé des moments très sacrés
Où ton enseignement aussi tu me donnais !
De ma « mère » un avis jamais ne sera ordre,
Je forcerai mes pensées, à mon vouloir, se tordre !
 
Pour l’amour de la Reine, en contrées très lointaines
Pour l’amour de Viviane, En souvenir d’Ygraine
Je croiserai le fer, verrai d’autres fontaines
Mais en mon cœur épris, restera de la peine !
Arthur n’oubliera pas, mais mes faits rapportés,
Pourront un jour lui plaire, et mon pardon gagner ! »
 
Merlin :
 

« Jamais je n'ai douté de ton sens du devoir
Va, reprends ton épée, même si tout espoir
De trouver le Graal par toi-même est fini :
Seul un être parfait peut l'atteindre ; mais vois
Sur la route avancer ce miséreux Gallois
Peut-être fera-t-il la trouvaille bénie ?

Approche, mon ami. Brave Gallois, dis-moi :
Que cherches-tu ici en tenue de combat ? »

Perceval:

« Bon fils mais orphelin de père
J'ai dû quitter ma bonne mère
Sur le chemin, qui n'est pas sûr,
Trois chevaliers rirent de moi
Quand je leur dis le nom d'Arthur :
Je les ai rossés tous les trois.
Je ne connais rien de ce monde :
Où se trouve la Table Ronde ?"
Merlin :
« Tu arrives à point, chevalier l’air déteint
La Table Ronde est là, mais tu ne la vois point,
Nous la représentons, car un air bien malsain
Souffle sur Camelot en ces temps incertains !
Arthur perd ses esprits et le Graal nous évite,
Viendras-tu nous aider, toi qui semble un ermite ? »
 
Morgane :
 
« De ma cachette où je vois tout,
Je ris de toi, Merlin, vieux fou !
Le Graal est perdu à jamais
Si ton seul espoir est ce niais,
Ce bon Gallois mal dégrossi !
Le jour déjà se raréfie
Arthur se mure en son donjon
Mon fils Mordred aura raison
De vos inutiles folies ! »
Merlin :
« Morgane ma chère, l’âge ne te sied point !
En vieillissant tu prends de l’embonpoint
Et tes paroles, telle une maîtresse d’école
Tu ferais mieux de polir sous les rayons d’Eole !
Ne sais-tu pas toi, dans ton palais de cristal
Que le vingt et unième siècle n’est pas notre vassal,
Et que le Graal, s’il n’est trouvé avant minuit
Annihilera le monde, et nous tomberons dans l’oubli ? »
Viviane :
« Ah ça jamais Messire ! Je n’y survivrai point
Nous devons sur le champ, prendre les choses en mains,
Et notre bon Seigneur devrait se restaurer
Avant que toute idée, d’un de nous soit lancée !
L’heure est grave et sous la Tour Eiffel,
L’horloge les minutes, compte, fière, en rebelle !
Le Graal n’est plus très loin, Perceval et Gauvain
Délivrez-nous enfin du fantastique destin
Mais qui amène morts et changements soudains ! »
Lancelot :
« Tout ça m'est bien lointain... Allez, Perceval, viens
Boire avec moi dans un bistro pas loin du lac...
La Dame que j'aimais n'est plus mienne, et c'est bien,
Car tout ce que j'attends désormais de la vie
N'est que violent reflux, lente agonie, ressac,
Vous pouvez rêver seuls de sauver l'Infini.

L'Infini a pour moi le prénom d'une femme
Le monde, c'est ses yeux, la vie, c'est son sourire,
On peut rire de moi, tordre et lyncher mon âme,
La lutte est bien finie dans mon cœur dévasté
Puisque ma douce amie a contre moi de l'ire
Puisque tous ses regards me font me détester.

Je serai donc cet homme oubliant ses serments
Oubliant son honneur pour devenir amant
Puis négligeant de vivre après tant de tourments
Je serai donc cet homme qui jure et qui ment...

Ce désordre à la fin n'a que bien trop duré,
Viens avec moi, Gauvain, je veux boire à la mort,
Cette aube qui viendra sera rouge et dorée,
Rouge du sang d'Arthur, dorée comme un décor ! »
Viviane :
« Ola Messire du lac, calmez donc vos ardeurs
Et oublier votre ire, elles ne me font pas peur !
Vous pensez à Guenièvre et Arthur devient mièvre,
Est-ce là une raison pour perdre la « fervente fièvre » ?
Allez boire, Perceval et Gauvain rêvent d’avec vous se lier !
Fêtez donc en ce soir de Samain, le repos du guerrier
Et si quelques courtisanes vous attirent par leurs charmes
Laissez-vous donc aller, abandonnez vos armes
Vous êtes hommes tout courts, avant d’être chevaliers !
 
Le matin de retour, nous disserterons au frais,
Des mesures à prendre sur la route du Graal sacré !
Je suis intervenue auprès des trois divinités,
La Quête continue mais doit se terminer
Avant que la pendule qui lance des étincelles
N’aie sonné  douze coups, premier jour, ère nouvelle !
Vingt et unième siècle, le Graal sera à toi,
Je veillerai du lac, et garderai ma foi ! »
Morgane :
 
« Absurde vieux Merlin, laisse-les s'enivrer
La jeunesse s'amuse et le monde se meurt
Il n'est plus d'Ophélie au château d'Elseneur...
Qui pourrait bien vouloir de nos jours délivrer
De sa cage ce monde aux traits décomposés ?
Laisse venir le jour qui détruit la rosée.

Laisse venir le jour, l'aube d'apocalypse,
Tu n'as plus le pouvoir de lever des éclipses ;
Accepte la brisure orangée des abysses
Que la fin de la nuit ouvre à nos yeux surpris,
Et assiste au triomphe éternel de mon fils :
Si vous voulez le jour, vous en paierez le prix ! »
Viviane :
« Que la force descende sur ce jour plein de leurres,
Que Hamlet nous revienne et reste en la demeure,
J’ai vu hier en rêve son père qui portait
Un vase de cristal, au Graal assimilé !
Fut-il vision ou songe par cette nuit d’été,
Je m’adressais à lui, dans ce monde défait,
L’écho me répondit : « Crois encore Viviane
Car tout n’a été dit, et finira ce drame ! »
Merlin :
« Mon amie, mon esprit, vous fûtes perspicace
Pour retrouver la trace des errants de l’espace ?
Je savais bien qu’un jour, vous me surpasseriez
Qu’avez-vous accompli pour notre destinée ?
Mordred est sur le seuil, son armure dorée
Ne rendant que des sons de métal coloré !
Initiez-nous vite, le temps manque, est compté,
Et l’horloge là-haut va bientôt résonner ! »  
Perceval :
 
« Viviane a dit vrai, et Ophélie est là
Sous les traits de Guenièvre, y croire je ne puis pas !
Quel est ce sortilège lancé par la magie
Qui  rend intemporel et nous gagne nos vies ?
Merlin mon bon Merlin, quelle ère vivons-nous ?
Partout où je me tourne, je ne vois que des fous !
Les aiguilles progressent, il faut qu’un roi s’avance
Et donne le repos à ces âmes en transes ! »
 
Arthur :
« Je suis là, je pardonne, Je vois que notre histoire
Jusqu’au vingt et unième siècle a su suivre un grimoire,
J’ai en ma possession la Coupe très sacrée
Rapportée par Joseph, but plus qu’inespéré
Un voyage dans le temps lui rendit son Saint graal
Et rencontrant Hamlet, il donna le signal,
De là, vous savez tout, Mordred est débouté,
Et Morgane ma sœur n’a pas eu satiété !
 
Le Troisième Millénaire vient juste de sonner
Et le Graal avec nous, nous allons festoyer,
Venez amis, Guenièvre ou bien douce Ophélie !*
Lancelot, prends sa main, je connus le mépris
Mais je sais que le Jour toujours aura un prix
C’est celui de l’Amour entendu et compris !
Allons donc, Camelot nous attend dans les airs*
La route est encore longue et nous sommes en hiver ! »
 
*Déplacement de personnage voulu. 
 
     

 
par Melmiriel
le 04/01/2006
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