Un cri strident réveilla le village !
Dans la boue grasse...sous le porche en pierres grossement taillées...qui constitue la seule entrée de la bourgade...protégée par des fortifications...un corps sanguinolent de femme tomba !
La cloche d'alarme tinta une fois. Une dizaine de flèches vinrent transpercer le garde de la citadelle qui tentait d'avertir la garde royale.
- Le complot des Orques a fonctionné, le village n'a plus le temps de se défendre! se félicita le chef Orque Fgurr.
- Maître, reprit un des gardes de la citadelle agenouillé devant l'Orque, Vous m'avez promis la liberté, puis je disposer ?
- Je t'ai promis la liberté misérable homme, tu es a présent libre de choisir comment tu seras mangé ! Un rire roque s'échappa de la gorge de Fgurr.
Sur ces paroles, l'homme terrifié tentât de fuir, mais la lame du sabre de Fgurr lui tomba dessus avant qu'il ne puisse se relever.
Pendant ce temps, dans le village, les gardes royaux tentaient de se barricader derrière l'imposante porte faite de bois et de métal qui ouvre le chemin à l'escalier du palais royal. Ce dernier est situé en amont de la colline aux flancs pentus et domine tout le village. Une seconde ligne de muraille de sept mètres de haut entourait la colline et seul cette porte permettait d’accéder à l’escalier.
Mais le groupe d'orques qui poussait derrière la porte était très nombreux et les gardes pris par surprise avaient subit de trop nombreuses pertes.
Dans les rues, les orques se délectaient de la chair des jeunes femmes, encore en robes de chambre, en les égorgeant d'un coup de canines. Les hommes eux étaient poignardés ou égorgés et n'opposaient pas beaucoup de résistance. Seuls quelques groupes arrivaient à tenir quelques minutes, avant que des archers ne viennent leur régler leurs comptes. Le village était à feu et à sang promis au chaos des Orques.
Une fumée brunâtre et épaisse s'éleva du village.
"Bande d'imbéciles !" rugit Fgurr. Son assistance reculât de quelques pas.
"Ne vous ai je pas dit qu'il ne fallait pas laisser allumer le feu de détresse ?"
Le feu de détresse permet aux villages voisins de quelques milliers de mètres de venir en moins d'une heure à la rescousse en cas de difficultés. Fgurr le savait, face à l'habileté des soldats d'élite des villages voisins, même avec trois Orques pour un homme, le combat était perdu d'avance !
Fou de rage, Fgurr égorgea quatre de ses généraux !
Au pied de l'escalier menant au palais, l'espoir renaissait, le feu de détresse brûlait de plus belle et l'épaisse fumée qui montait dans le ciel, se distinguait plutôt bien.
Cela redonna du baume au coeur des soldats de la garde. L'effet de surprise était terminé, et malgré leur faible nombre, ils s'étaient organisés et repoussaient tant bien que mal les assauts ennemis. La porte tenait bien !
De l'autre côté de la porte, les orques s'activaient à enfoncer cette dernière. Des rafales de flèches venaient s'abattre sur les bataillons d'Orques bien protégés par leur casque et leurs lourdes épaulettes. Peu de flèches faisaient mouches.
Un imposant bélier faisait vaciller la porte à chaque coup. Après chaque coup deux ou trois orques essayaient d'insérer des cales en bois entre chaque montant pour la tenir entrouverte et empêcher la garde royale de la refermer. Ils n'avaient pas beaucoup de temps avant le coup suivant et il arrivait parfois que certains se fassent éclater la cage thoracique.
Les orques n'avaient pas emmené d'échelles pour passer au dessus du mur.
Ils avaient jugés inutile d'en apporter vu qu'ils prendraient le village par surprise. Ils trouvèrent quand même quelques échelles et essayèrent de les utiliser, mais la boue rendant l'échelle instable se révéla être un bon allié des gardes royaux !
Le constat était terrible pour eux, la garde tenait bien !
Ecoeuré par le spectacle Fgurr lança un rugissement terrible. Tout s'arrêta d'un coup. Même le temps semblait s'être arrêté.
De l'autre côté de la porte, les gardes terrifiés par ce rugissement se regardèrent. Leurs regards étaient emplis de peur !
"Emmenez moi la boite !" ordonna Fgurr.
Des cris surgirent derrière l'assemblée d'orques regroupée autour de la porte.
"Faites place vermines!"
Un orque boitant et répugnant précédait une grande boite rectangulaire longue d'une dizaine de mètres, haute et large d'un mètre environ. Elle était portée par une dizaine d'Orque inquiets d’être si près d’elle !
Arrivé au pied du mur, ils levèrent la boite et placèrent son extrémité sur le haut de la muraille.
Toujours soutenue par les orques la boite était bien calée contre le mur.
Un orque en armure commença l'ascension de la boite, arrivé à l'extrémité il reçu une rafale de flèche. Presque toutes ricochèrent sur son armure, quelques une le touchèrent aux articulations et à la gorge.
L'orque vacilla, mais réussit à faire sauter le verrou qui se trouvait en bout de boite. Un lourd couvercle tomba le long du mur, accompagné par l'Orque.
Un lourd silence s'imposa, jusqu'à ce qu'une dizaine de loups habillés d'une épaisse carapace de cuir, sortirent de la boîte et fondirent sur les gardes. Des cris de soldats, puis de terreur puis de douleur retentirent au delà de la porte.
"Défoncez moi cette porte" cria Fgurr.
En deux coups de bélier, la porte vola en éclat, laissant apparaître un vrai carnage. Les Orques étaient paralysés par la peur, seul le boiteux semblait satisfait.
Les gueules en sang des loups se tournèrent vers la porte. Les loups s'approchèrent de la porte, leur yeux ne communiquaient qu'une envie: tuer!
Fgurr passa la porte le premier. Dès que les loups l'aperçurent, des hurlements de terreurs s’échappèrent de leurs gueules. La tête basse, terrifiés, les loups reculèrent avec prudence et laissèrent Fgurr emprunter l'escalier avant de fondre sur les orques. Après avoir égorgés quelques orques, les bêtes vinrent se blottir contre le petit boiteux, orgueilleux d’avoir pu débloquer la situation.
Fgurr montait les marches trois par trois. Arrivé en haut de l'escalier, une grande porte se dressa face à lui. Il faut dire que le palais n'était pas très grand, cependant, il était haut et imposant. Fgurr était un géant de près de 2m50 de haut, très trapu et à l’air féroce. Cependant, il semblait petit face à cette porte.
Peu impressionné il défonça la porte d’un coup de pied. Une vraie force de la nature, aussi hideuse soit-elle. La porte donnait sur une grande pièce voûtée, avec un sol et de superbes colonnes en marbre. Au milieu se trouvait le roi, à genou, près à subir le sort du vaincu. Fgurr fondit sur lui et abattit son sabre.
La tête du roi tomba.
Le vase qu'une bourrasque fit vaciller se brisa. Edouard se réveilla en sursaut. Sur la terrasse du palais, le soleil se couchait. La vue était magnifique! Tout le royaume était doré par les doux rayons du soleil. Edouard se leva du confortable canapé sur lequel il était couché et s'avança vers le bord de la terrasse. En bas, le village était plein de vie et fourmillait de joie et d'activités, des chants remontaient jusqu’à Edouard, une fête se préparait. Au loin, l'horizon était clair et le coucher de soleil était splendide. En remettant sa couronne de roi, Edouard laissa des larmes couler sur ses joues, émerveillé par le spectacle qui se dressait devant lui, il venait de se souvenir de l’épouvantable cauchemar qu'il venait de faire.