Minuit sonne au clocher, un rossignol s'éveille,
Attiré par un bruit à nul autre pareil,
Là-haut dans le château, une reine sommeille,
Mais le roi est absent, quelqu'un bouge et surveille!
Quelles sont donc sur le sol ces traces aux couleurs pourpres ?
Quelle est dans la forêt cette lueur pâle et sourde ?
Les hiboux affolés, lancent des cris de mort,
Le pauvre rossignol voit arriver l'escorte
Accompagnant le roi, s'en revenant du Nord
Mais à côté de lui, quelle est cette ombre verte
Les yeux exorbités, mais d'apparence inerte ?
Il chuchote au roi, dans les allées désertes
Comme s'il voulait en fait donner l'alerte :
"Mon roi, dit-il tout bas,
Prends garde à ton épouse
Car depuis quelques temps,
Par delà les pelouses,
Elle s'en va promener
Au bras d'un chevalier !"
Le roi éberlué, fou d'une rage intense,
Grimpe les escaliers, tout rempli d'impatience,
Interroge la reine, qui ne se doute point
Que son sommeil bientôt n'aura plus aucune fin!
N'écoutant ni les cieux, ni les dieux, ni les anges
Le roi se penche alors et étouffe sa dame
Qui sans un cri succombe, mais garde tous ses charmes !"
Humains! Ne croyez pas ce que dit le Malin,
Ou le "Monstre aux yeux verts" de cette tragédie
Ecoutez votre cœur, montrez de la confiance !
La reine ‚tait innocente, le chevalier son cousin !