Chapitre 5 : Chaleur démoniaque
Je ne restai pas longtemps endormi, une fois encore, ce fut la sensation de froid qui me réveilla. Il avait fait brumeux pendant la soirée, mes vêtements tout comme la couverture étaient trempés et un vent glacial me mordait l’échine. Je ne bougeai pas, mais je claquais des dents. Si Midj avait pu m’entendre ouvrir les paupières, il était certain que Widj entendait ce bruit.
- La nuit vient à peine de commencer, et le froid ne va qu’empirer.
Je n’écoutais pas vraiment ce buveur de sang, j’essayais de bouger un peu pour me réchauffer. Mais la phrase qui suivit me fit oublier le temps d’une seconde le froid qui m’entourait.
- En plus de ne pas réussir à dormir, tu vas attraper la mort. Enlève tes vêtements et va dormir avec eux.
- Il en est … absolument … hors de … question… Brrr
- C’est à toi de choisir, mais je te le conseille fortement.
Je n’accordais aucun crédit aux conseils de ce vampire. Je m’accrochais au peu de chaleur que je pu trouver, me disant que si j’arrivais à me rendormir, je n’aurais plus froid.
***
Après de vaines tentatives pour trouver le sommeil, j’étais à bout de force, fatigué et surtout, totalement gelé. Je n’étais même plus certain de sortir vivant de cette nuit maudite. Le tas de corps agglutinés non loin de moi me donnait la nausée, mais … il ne s’agissait plus de choisir, mais bien de survivre…
- Je ne vais … pas … gêner ?
- Ils te proposeraient de venir eux même si ils le pouvaient.
Le démon a prononcé cette dernière phrase en se tournant vers moi, j’ai pu ainsi voir le léger sourire sur ses lèvres, ses dents blanches étant mises en valeur par la lumière de la lune. Je n’avais plus assez de forces pour penser aux conséquences de mes actes, j’enlevai ma tunique et me dirigeais vers le groupe. Je m’allongea prés de la démone à qui j’ai parlé ce matin, en essayant de gêner le moins possible. J’avais déjà moins froid et mon concentrais pour capter le plus de chaleur possible en évitant tout contact physique. La voix me fit sursauter.
- Ne sois pas timide …
En disant ces paroles, la démone m’attrapa à bras le corps et me jeta au centre du cercle, les autres démon se rassemblèrent autour de moi, je tremblais autant qu’un rat jeté au milieu d’une bande de chats. Mais, lorsque le ventre de Sidja se mit à me servir d’oreiller et que les jambes de Midj commencèrent à me réchauffer les pieds, je me calmai. Finalement, ensemble, ils me recouvrirent de leurs ailes.
Tout le stress de ce dernier jour et toute la fatigue que j’ai pu accumuler me retombèrent dessus d’un coup. J’oubliai toute pudeur, j’avais chaud, j’étais bien, je me sentais même en sécurité. Je n’étais pas sur de rester vivant assez longtemps pour revoir le soleil, mais je prédis que cette nuit serait une des plus belles de ma vie.
Chapitre 6 : Premier pas
Pourtant, le lendemain, ce fut bien le même soleil qui me réveilla. Je sortis tranquillement du sommeil, et comme les autres matins, en reprenant conscience d’où j’étais, je ressenti encore la même pointe de désillusion. Mais cette fois, je me senti moins stressé, je n’avais plus vraiment l’impression de marcher sur un terrain piégé en plein territoire ennemis, j’avais juste l’impression d’être dans le camp adverse, mais sans les trappes…
Je me levai pour retourner mettre ma tunique, et je vis les démons en plein « échange ». Ce spectacle me dégoûta autant que la veille, mais je ne fui pas, sachant qu’ils ne me forceraient pas à participer. Midj me vit alors, et me parla avec du sang plein la bouche …
- Bien le bonjour à toi ! Je suis désolé mais je n’ai rien à t’offrir à manger ce matin, à moins que tu veuilles te joindre à nous …
- Non merci, j’ai l’habitude des jeûnes matinaux.
Cette manière de me proposer de leur lécher le sang aussi naturellement que l’on propose un verre à un invité me choqua presque, mais je passais, si c’était dans leurs mœurs, je n’avais pas à juger.
Leur « petit déjeuné » prit fin, et comme hier, Midj prit la parole.
- C’est une nouvelle journée qui s’annonce, allons y.
Et de la même manière que la veille, il s’envola par la sortie, suivit de près par Widj. Les filles se préparèrent à entamer un nouveau combat d’entraînement. Je ne savais pas ce qui me donnait cette envie mais, j’avais envie de les rejoindre. Je ne savais toujours pas ce qu’ils voulaient faire de moi, autant sympathiser…
- Est-ce que cela vous gênerait si je me joignais à vous ?
Les démones me dévisagèrent, un petit sourire en coin, j’aurais dit qu’elles attendaient cette demande. La seule démone dont je ne connaissais pas encore le nom me répondit.
- Bien sur que non, ce sera avec plaisir.
Elle me parlait tout en faisant des mouvements d’échauffement, sa souplesse me sidérait.
- Je vais d’abord tester tes capacités dans un duel pour voir. Si tu devais me toucher, je te prierais de bloquer ton coup.
Juste après cette déclaration, s’ensuivit un combat que j’aurais préféré oublier très rapidement, je n’eu pas besoin de retenir mes coups, je n’ai pas eu de toutes façon la moindre ouverture pour la toucher, et si par miracle j’en apercevais une, elle se refermait avant que mon mouvement ne se prépare totalement. Elle par contre se retenait beaucoup, je n’arrivais à parer que très rarement ses attaques, et comme pour me narguer de ne rien pouvoir faire, au lieu de me frapper, elle me donnait une petite caresse. Je me sentais lent, ballot et, surtout misérable. A la fin du combat, j’étais épuisé, tant au niveau physique, qu’au niveau de l’honneur.
Je ressentis une petite tape dans mon dos, c’était Sidja qui me parlait amicalement.
- Zidja est très rapide, malgré la faiblesse de ses coups, il est difficile de combattre avec elle sans s’énerver, combattons en relais, ce sera plus équilibré.
- D’accord.
Je n’avais en effet pas remarqué que Zidja avait un certain avantage de vitesse sur sa sœur, mais maintenant je le vois mieux. Sidja a des coups plus prononcés, mais sa vitesse est inférieure. Cela me rappelais mes combats avec Klitter, à vitesse largement accélérée.
Nous avons passé la journée à nous battre l’un après l’autre contre Zidja, je ne pensais jamais pouvoir la toucher, mais, à la fin de l’après-midi, fatiguée de devoir combattre deux fois plus que nous, elle baissa sa garde le temps d’un éclair, et je réussi à la toucher, pensant même à bloquer mon coup et à lui donner une caresse sur le visage, comme elle m’en a fait tant pendant les heures passées.
- Et bien, moi, battue en vitesse par un humain, comme quoi, tout est possible.
- Je ne suis peut être pas un humain comme les autres…
- Mais j’en suis convaincue.
J’avais dit ça juste pour me donner un air, mais la manière dont Zidja a répondu, directement et sans la moindre hésitation dans la voix, me fit croire que peut être que s’ils me gardaient ici, ce serait parce que j’était, différent ?
Je n’eus pas le temps de m’attarder en réflexions, Midj et Widj étaient de retour, avec cinq nouvelles victimes dans les bras.
Le repas se déroula comme la dernière fois, Midj m’alluma quelques brindilles pour que je puisse cuire ma viande, et au lieu d’un dessert, les démons s’entre léchèrent.
Le soir vint, c’était cette fois Sidja qui fut désignée pour la garde. Mes vêtements avaient eu le temps de sécher et il faisait sec, j’aurais pu dormir à l’écart. Mais, malgré toutes mes réticences, j’avais trouvé très confortable l’autre nuit. Je n’osais tout de même pas m’imposer, mais Widj sentit ma gène.
- Tu veux revenir dormir avec nous ?
Ma raison me donnait l’ordre de refuser cette offre, et même de lui cracher aux pieds en l’insultant, mais, mes tripes elles, me disaient de dire « oui », voir même de les supplier de m’accepter. Je répondis de manière neutre, tranchant entre mes deux parties.
- Vous préféreriez rester en famille j’imagine.
- Au contraire, ta présence nous serait très agréable, et puis, tu fais bientôt partit de la famille non ?
Il a dit cette dernière phrase avec un petit clin d’œil, je n’en saisis pas le sens profond et elle me fit un peu … peur. Vu que j’hésitais toujours, tiraillé entre ma logique et mes sentiments, il me prit par l’épaule, et m’enleva lui-même ma tunique. J’étais dans un état second, ayant l’impression d’avoir vendu mon âme au Diable, je ne fit pas un mouvement pour le retenir.
Widj me fit allonger, Midj m’attrapa et posa ma tête sur ses abdominaux, même dans mon état, j’étais profondément gêné, je n’avais jamais dormi avec un male de manière aussi proche. Mais la douce tête de Zidja se posa à son tour sur mon ventre, malgré sa race, cela me calma immédiatement. Leurs ailes s’étendirent sur nous et, l’espace d’un instant, je n’eu plus aucune peur d’eux.
Chapitre 7 : Le choix
Cette fois, j’étais le premier à sortir de la torpeur, je pris immédiatement conscience de la position de ma tête, sur le vendre de Midj. Cela me causa la même gêne profonde que la veille. Mais de la même manière, la tête posé sur mon propre thorax évapora tout inconfort, c’était Sidja, elle avait du donner sa garde a Zidja pendant la nuit, en étant assez discrète pour ne pas me réveiller. Comme par réflexe, je me mis à lui caresser la tête, j’oubliais sa couleur, ses poils, ses ailes et le fait qu’elle est me vaincrais sans difficultés dans un combat au corps à corps. Ce n’était qu’une fille, qui dormait sur le ventre d’un garçon. Elle ouvrit les yeux, et me souris. Mais la vue de ses canines trop longues me sortit de ma rêverie, bien que je lui sourie en retour.
Les autres démons se réveillèrent peu après, et ils recommencèrent à se boire les uns les autres. J’observais particulièrement Sidja, je la trouvais belle, ses formes étaient parfaites, elle était musclée, et gracieuse dans tous ses mouvements. Je bavais d’envie quand un des ses frères léchait la base de son cou, je pensais, malgré la réticence de ma logique, que j’aimerais le faire aussi. Mais l’idée de me voir le visage plein de sang avec une langue de démon me léchant le cou me calma et me fit reprendre totalement conscience, l’enchantement était temporairement brisé.
***
La journée se passa, semblable à la veille. Je commençais à prendre assurance avec les deux démones, je retrouvais mes repères et ne me sentais plus comme un animal piégé. Mais la question de la raison de ma présence ici me brûlait les lèvres, sans qu’elle n’osait sortir.
Les frères revinrent, leurs éternels lièvres dans les bras. Pendant le repas je me décida, demain, je poserais la question, et j’exigerais une réponse claire.
La nuit se déroula comme les deux dernières, merveilleuse, j’ai cette fois dormit avec Widj et Sidja, Midj étant de garde. J’étais moins stressé par la présence d’un male à mes cotés pour une nuit, bien que je ne trouvais toujours pas ça normal.
Vint le temps des entraînements, je me persuadais de poser la question, mais j’attendais le moment opportun.
Ce moment vint lors de la pause, Zidja décida d’aller faire un tour hors de la grotte, je me retrouvai donc seul avec Sidja, un meilleur moment n’aurait pas pu exister. Comme pour me pousser à demander, c’est elle qui engagea la discussion.
- Ton niveau en combat est largement supérieur à celui des humains en général.
- Concernant la vitesse oui, je ne suis pas encore satisfait de la force de mes coups.
- Cela ne sert à rien de frapper fort si tu ne touches pas.
- Oui, c’est ce que je pense aussi.
Il fallait absolument que j’arrête de parler dans le vide ! J’étais conscient que si Zidja revenait je n’oserais plus, il fallait que je demande maintenant.
- Pourquoi me retenir ici ?
- Nous ne te retenons pas réellement. Tu es libre de partir si tu le veux.
Cette déclaration me fit l’effet d’un choc électrique, ils ne me retenaient pas ? Je pouvais partir si je voulais ? Non, ce n’était pas possible …
- Dans ce cas, pourquoi m’avoir emmené ici ?
- Tu le sauras quand tu auras fait ton choix.
- Quand j’aurais fait quel choix ?
- Ce choix …
Je m’étais préparé à un certain nombre de réponses, mais ce qui se passa me prit totalement à contre-pied.
Elle s’approcha de moi, en s’humectant les lèves avec la langue. Je ne savais pas ce qu’elle me voulait, ou j’avais peur de le savoir, je n’était plus sur de rien. Ses yeux n’étaient pas devenus blancs, mais je ressentais la même chose que lorsque les frères ont voulu se libérer dans la tour, ou non, c’était différent… il n’y avait plus de voix, juste des sensations. Elle était de plus en plus proche, son odeur me faisait tourner la tête …
- Qu’est ce tu me fais…
- Laisses moi te guider, ta décision n’a pas besoin d’être consciente, laisses toi aller…
Elle était maintenant à ma hauteur, sa poitrine touchait la mienne, j’avais envie de fuir, mais, quelque chose me retint, quelque chose en moi… me disait de rester là, de rester calme, d’apprécier…
Elle approcha son visage du mien, ses lèvres touchèrent les miennes, me transmettant son goût. Elle ouvrit la bouche, ses canines étincelaient, elle les approcha de la base de mon cou…
- Arrête, je t’en prie …
- Tais toi.
Je sentis une petite douleur arriver du haut de mon épaule, elle avait ouvert ma chair, je sentais qu’un peu de sang commençait à couler. Elle léchait, elle me buvait, elle m’absorbait. Chacun de ses coups de langue était une pure caresse. Ce rituel que je croyais barbare et masochiste, valait toutes les pratiques amoureuses. Je n’avais jamais fait attention au fait que les démons ne gardaient pas de cicatrice, mais, leur bave devait contenir quelque cicatrisant puissant, ma plaie est déjà totalement refermée. Je n’étais plus sur la planète, j’étais ailleurs… dans un endroit où les corps n’existent plus et où les esprits se touchent directement.
- A toi maintenant …
De ses doigts griffus, elle s’ouvrit au même endroit qu’elle m’avait mordu, au dessus de l’épaule, à la base du cou. Je ne réfléchissait plus, je m’approchais, lentement, je regardais le sang. Je la regardai dans les yeux comme pour demander la permission, comme soumit. Elle me fit un signe de tête, et … et je me mis à lécher. Son sang était salé, j’aimais ce goût, j’en aurais bu des fioles entières. Je donnais de petits coups de langue, n’osant pas y aller trop fort. Je regardais Sidja, sa taille me parut d’un coup impressionnante, je ne sentais plus mon corps, ma bouche quittait son cou, j’étais en train de tomber…
Chapitre 8 : Le moment décisif
Je me suis réveillé mordu … par le froid. Après trois nuits à dormir entre les corps chauds des démons, c’était étrange, j’avais une sensation d’abandon. Je les voyais tous ensemble, Midj, Widj, Zidja et Sidja … ô Sidja …
L’évidence me frappa comme un éclair noir, s’ils étaient tous les quatre ensemble, il n’y avait pas de mirador, et je pouvais donc fuir !
Je m’approchai du bord de la grotte tout en jetant un dernier regard aux corps endormis. Je préparais à ma descente. Je n’hésitai pas une seconde à sortir de la grotte, comme mu par un réflexe de survie. En descendant, je me disais à quel point je serais heureux de retrouver mon équipe et comme eux seraient contents de me retrouver. Je ne pourrais pas raconter mon aventure comme elle s’était vraiment déroulée, ils pourraient ne pas comprendre ou me faire quelques remarques désagréables pendant au moins le reste de l’année.
A la confrontation de cette réalité, je bloquai mon escalade, il était vrai que je ne pouvais jamais vraiment tout dire franchement avec eux, tout était toujours sujet aux critiques et à leur jugement rarement très sympathique. Les discutions que j’avais avec eux, ressemblaient plus à des batailles rangées qu’à des moments de plaisirs…
Je repris mon évasion, je n’avais pas d’hésitation à avoir, les relations entre humains sont comme ça, on ne pourra pas les changer…
Je m’arrêtai de nouveau, les démons eux ne semblaient avoir aucune retenue les uns pour les autres.
Je me remis à descendre, plus lentement, m’accrochant tant que je pu à la vision de bonheur de mon groupe quand je serais de nouveau parmi eux.
Mais seraient-ils si heureux de mon retour finalement ?
Maître Razorwhite me sermonnerait de ne pas avoir réussi à m’échapper plus tôt, sans s’intéresser une seconde aux expériences que j’avais pu avoir … il n’avait jamais vraiment su me féliciter quand je faisait quelque chose de bien, il ne savait que s’énerver quand je ne réussissais pas parfaitement … Je pouvais comprendre cet état d’esprit, mais ne pas réussir à arracher plus de quatre mots de félicitation en plusieurs années, c’était quand même assez dur…
Klitter n’était qu’un gros bourrin, il ne pensait qu’à réussir à frapper plus fort, sans réfléchir, et maître Razorwhite semblait apprécier cela.
Mais il restait mon ami Nebro, Xin qui était sympathique et Helen …
Mais, Nebro n’avait d’ami réellement que le titre, comme nous avons le même style de combat, il existait entre nous plus une rivalité que la moindre complicité… Je n’étais même pas certain qu’il m’aurait aidé si j’avais eu besoin d’assistance, d’ailleurs, j’étais convaincu que j’aurais préféré mourir que d’avoir besoin de son aide, je n’osais imaginer ce que j’aurais à assumer tout le reste de mon existence si je lui devais la vie.
Xin était peut être sympathique, mais, c’était un imbécile… Il obéissait aveuglement aux ordres, sans jamais oser penser à la moindre critique. Je le sentait prêt à n’importe qu’elle vacherie pour se faire mieux voir de Maître Razorwhite. Quelle existence pitoyable.
Et Helen, pourquoi n’as tu jamais voulu accepter de poursuivre une conversation de plus de trois répliques ? Je ne pensais pas ressentir quelque chose de spécial pour toi, mais on dit que l’indifférence est le pire des mépris… En prenant ton exemple, je veux bien le croire…
Je me disais à ce moment que les gènes que je ressentais n’étaient que faiblesses, qu’il serait simplement lâche de penser que l’on pourrait vivre sans compétition continuelle avec ses prochains. Mais je n’arrivais plus à descendre. On me proposait ici, une alternative.
Mon réel désir dans cette équipe n’avait jamais été la compétition, qu’elle soit d’être le meilleur d’entre nous ou le mieux vu du maître… Mon but n’a jamais été que d’atteindre la perfection dans mon style, dans mon corps et dans mon esprit. Bien que j’étais assez doué pour maîtriser cette guerre interne et que les autres me craignaient quand je rendais les coups, j’imaginais mon évolution en m’entraidant avec des amis, pas en ayant à marcher en rasant les murs pour éviter les coups en traître.
Je n’en savais pas encore beaucoup sur ces démons, mais ils m’avaient presque intégrés en quatre jours plus profondément que mon équipe en plusieurs années. Choisir de rester avec eux n’était pas lâche, aucun humain n’avait jamais tenté cette expérience, je serais un pionnier et j’avais tout à gagner…. ou je pouvais aussi perdre tout le peu que je possède, c’était également vrai.
J’hésitais de tout mon être, je regardais la grotte, puis la route qui menait vers mon village. J’avais testé mon équipe dans de nombreuses situations, je savais ce qui allait se passer… pourquoi ne pas juste essayer l’alternative ? Le but d’un être humain, n’est-il pas de tout tenter, de tout remettre en jeu, sa vie s’il le faut, pour atteindre son but ? Voire, son bonheur ?
Je me mis à remonter, beaucoup plus vite que j’étais descendu, je retrouvai la grotte et m’approchai du cercle endormit. Midj ouvrit un oeil à mon arrivée et me dit.
- Es tu sur de ton choix ?
- Je ne sais pas, je vous fais confiance, j’espère ne pas avoir à le regretter …
Il m’attrapa et me plaça de nouveau la tête sur son ventre, cette position ne me gênait plus du tout.
- Si nous te déplaisons, tu pourras partir quand bon te semblera.
- J’ai tout de même peur.
- Dors, demain, il y aura un nouveau lever de soleil. Et peut être même pour toi, un soleil qui n’aura pas la même couleur …