Je fis il y a peu un merveilleux voyage
Et vis de la nature les plus fantastiques ouvrages
Des monts que le soleil revêtait d'or et de vermeil
Et s'en allait mourant verser ses rayons sur d'autres merveilles
Des forêts immenses et profondes dans lesquelles je me suis égaré
Retenu par le Petit peuple, leurs danses, leurs chants, leurs fêtes
Qui en des rondes effrenées vous font perdre la tête
Et m'ennivrèrent de fins nectar qu'avec délice j'ai dégusté
J'ai vu les fées danser avec volupté
Charmant les yeux et égarant les esprits
Avant que les lutins avec leurs facéties
Ne les fassent revenir à la réalité
Le soleil faisait resplendir ces instants
Avant que la lune ne les illumine d'argent
Joies et festivités durant sans trèves
En cet endroit de rêve
J'ai vu en d'autres lieux des cités
Aux dômes multicolores et aux tours fières
S'élançant si haut vers le ciel azuré
Qu'elles en cachaient parfois la lumière
J'ai croisé des dames, paysannes ou souveraines
Régnant sur bien des coeurs
En douces ou tyranniques reines
Et décidant de leur bonheur ou de leur malheur
J'ai aperçu des animaux étranges et craintifs
N'apparaissant que quelques instants fugitifs
Avant de retourner se cacher
En des bois ou jungles hostiles et inexplorés
J'ai admiré de splendides dryades
S'ébattant avec leurs compagnes naïades
Leurs rires clairs dégringolant en cascades mélodieuses
Et se mêlant au doux murmure de la rivière paresseuse
Non loin de ce cours d'eau limpide et frais
Des nymphes à diverses activités s'occupaient
Loin de connaître une vie insipide
En l'égayant de leurs jeux candides
Certaines lisaient, d'autres écrivaient
Là, quelques unes improvisaient un gracieux ballet
Accompagnées par la musique harmonieuse
De leurs soeurs ravissantes, créatures délicieuses
Mais soudain, voici que surgissent
Des satyres qui parmi elles atterrissent
Et cherchent à attraper les belles
Qui s'égayent, arrêtant ritournelles et ribambelles
Elles ont tôt fait de rejoindre leur arbre
Jeune, frêle et fragile ou majestueux, ancien et vénérable
Les protégeant des assauts de ces infortunés soupirants
Qui repartent déçus, dépités et les bras ballants
Mais leur insouciance revient bien vite et promptement
Etant d'humeur naturellement joyeuse et malicieuse
Ils retournent à leur flûte de pan
Et à leur vie aventureuse
Pourtant, de ces quelques scènes ou créatures
Aucune n'égale la merveille que je vis dans cette aventure
Que je tenterais de vous décrire à présent
Bien qu'aucun mot ne puisse qualifier cette sublime ondine, cause de mes tourments
Si seulement vous l'aviez vue, cette créature à moitié femme!
Sa voix, tout aussi sublime que son corps et son exquis visage
Accompagnée par les flots qui venaient mourir sur le rivage
Chantait une mélodie délicieuse qui ensorcella mon âme
La lune faisait luire l'onde de milles éclats
Se reflétant en sa chevelure de neige et la nimbant
D'une lumineuse auréole d'argent
Apparition dépassant toute beauté existante et qui m'envoûta
Cette nuit irréelle, elle fit de moi son prisonnier
Tout en elle m'ayant charmé
Mais comment résister à ses appels, ses pleurs, ses plaintes
Qu'elle chantait dans ses complaintes?
La douleur qu'elle décrivait lors, à partir de ce jour
Fut la mienne toujours
Ne pouvant la rejoindre et n'aimant plus qu'elle
Captif de cette divine créature surnaturelle
J'aurais tant voulu la délivrer de ses tourments
Et de sa souffrance immense
malheureusement je suis moi-même en proie à des émois intenses
Et torturé par d'aussi tragiques sentiments
Car à cette défaite s'ajoute celle de n'avoir pu retrouver
Dans la réalité l'ondine de mes pensées
Elle ne réapparaît que dans mes songes
Vision qui me hante, douleur qui me ronge