Chapitre 1 : Flash-back
Je n’étais pas né avant le grand bouleversement, je n’ai pas connu l’époque où l’homme n’avait comme unique réel prédateur que lui-même. L’époque ou les deux principales causes de mortalité de la race étaient les guerres de territoires et la pauvreté de certains pays qui manquaient de nourriture ou d’équipement médical, alors que les pays riches les regardaient mourir sans faire grand chose. Car oui, il existait à cette époque un étrange système de pays, cela consistait à déclarer des terres appartenant à une nation, et cette nation entrait dans une compétition avec les autres nations déjà présentes sur les terres pour s’en déclarer propriétaire, cette compétition ne s’arrêtait généralement qu’à la mort ou l’abandon des nations les plus faibles. On devait vraiment s’ennuyer à cette époque pour en arriver à s’autodétruire… Depuis la « collision » ce système archaïque fondé sur l’autodestruction de l’espèce est enfin mort.
La « collision »…. A l’échelle de l’Histoire, c’est plutôt récent, mais cela me semble loin … terriblement loin …
Chapitre 2 : La Rencontre
La Rencontre fut donc le phénomène qui réactiva (enfin ?) une humanité qui commençait à pourrir, existe-t-il un meilleur moyen pour avoir la volonté de se surpasser qu’un rival ?
Dans le premier siècle du troisième millénaire (début de l’ère informatique) les instruments de calcul spatiaux quoique évolués, n’étaient pas assez précis. Quand Calista quitta l’orbite de sa lointaine étoile à vitesse vertigineuse et se rapprocha suffisamment pour entrer dans le champ d’attraction terrestre … et y rester, les astronomes n’avaient rien vu venir…
Calista et la Terre ayant à peu près la même masse, chacune est entrée dans l’orbite de l’autre, mais tout en gardant le mouvement initial de la Terre autour du Soleil. Très rapidement, les 2 planètes sont devenues suffisamment proches pour avoir une atmosphère commune et, les gravités s’annulant presque à ce point, il devint très facile de passer d’un astre à l’autre au niveau des équateurs avec un simple avion de ligne. Cela a bien entendu engendré des modifications importantes sur Terre, la plupart des régions ont maintenant deux nuits par jours et le système de marée est devenu vraiment très compliqué. Mais, ce que les humains virent en premier, ce fut un nouveau terrain de jeu avec deux fois plus de terres à se disputer. Mais ils se trompaient.
Chapitre 3 : Les Hakas
Les Hakas, ces êtres sont, contrairement aux humains, très résistant à la plupart des conditions climatiques et changements de température. Ainsi, lorsque Calista quitta son étoile, au lieu de voir simplement l’espèce Haka s’éteindre, elle gela et se conserva, se réactivant lors de l’approche de la planète vers le soleil.
Ces êtres sont, de structure apparente, proche de l’anatomie humaine, ils se tiennent debout, ont deux jambes, une tête et deux bras. La première différence vient de l’absence de bouche, en effet, ces êtres se nourrissent en touchant leur nourriture, ce que l’ont pourrait appeler leur épiderme absorbant les nutriments. Ils n’ont aussi pas d’organe auditif, car tout leur corps a la capacité de ressentir les vibrations sonores et les resituer.
Les Hakas sont civilisés, dans le sens où ils vivent en civilisation sans trop de tension, qui sait, peut être avaient t’ils les même « occupations » que les humains avant la Rencontre. Ils n’ont pas technologies extrêmement avancées mais sont plutôt intelligents, ils connaissent les bases de la mécanique, ils maîtrisent le feu et ont des poudres de base, mais ils ont surtout de très fortes qualités physiques et psychiques, et des capacités vraiment gênantes pour qui veut s’en prendre à eux…
Lors de la tentative de colonisation humaine (très courte) de Calista, les premiers colons utilisèrent des armes à feu pour se défendre contre les Hakas, mais ceux-ci étant en fait plus une substance en mouvement constant qu’un corps particulièrement défini, ils peuvent très vite cicatriser. En moins d’une minute, une balle normale est absorbée (en fait, mangée, ils apprécient le goût du métal) et la plaie se referme sans la moindre séquelle.
Les colons se retrouvèrent ainsi dans l’impossibilité d’attaquer … et donc de se défendre. Les armées Hakas sont plutôt bien organisées, pendant que des fantassins attaquent de front avec différentes armes contondantes et tranchantes, une autre partie reste éloignée et déchaîne les éléments sur leurs adversaires. Feu, glace, foudre, ils les manipulent comme les humains de l’époque n’avaient pu le voir qu’en film ou jeu vidéo, le problème étant bien entendu qu’il ne s’agissaient plus de fiction. Les propositions puis demandes puis supplications de paix même fortes inégales proposées par les ambassadeurs ne furent même pas étudiées. Ce fut un massacre chez les premiers colons.
Chapitre 4 : La survie humaine
La race humaine se seraient peut être éteinte si un soldat n’avait pas apporté lors de son affection à Calista, une épée, qui servait de symbole à son unité. En effet, si les Hakas peuvent absorber une balle, une arme entière, c’est plus difficile. Cet homme fut le seul à rentrer vivant d’une expédition, étant aussi le premier homme à avoir pourfendu un Haka. Ce soldat trouva enfin une moyen de défense pour l’humanité : abandonner les armes à feu qui permettent de se battre en prenant le moins de risques possibles, pour enfin revenir aux armes blanches et combattre face à face avec son adversaire.
C’est ainsi que dés la première décennie suivant la rencontre des planètes, les humains abandonnèrent l’idée de pays pour devenir une unique nation, regroupée sous le même drapeau, prête à prétendre à la survie.
Chapitre 5 : Le magium
L’atmosphère commune à la Terre et Calista permit à l’humanité de faire un bond immense dans son évolution, car un élément inexistant sur Terre fut apporté, le magium. Les chercheurs le découvrirent rapidement sous forme de gaz quand les atmosphères se sont mélangées, et comprirent que cet élément était la base des pouvoirs Hakiens.
Il s’agit en fait d’un glucide particulièrement complexe, se substituant aux autres nutriments alimentant le cerveau. Cet élément permet en fait d’activer des parties très peu utilisées par les humains en temps normal et ainsi de libérer les 97% des capacités du néocortex inutilisés jusqu’alors, et de permettre aux rêves les plus fous des écrivains de fantastique de devenir réalité.
Après plusieurs expériences, les chimistes réussirent à synthétiser le magium, permettant ainsi d’en approvisionner l’armée en stocks suffisants pour devenir la nourriture de base de ceux que l’ont allait appeler les «mages de bataille». La sélection pour devenir mage devint rapidement assez sévère après que le magium fut donné à des esprit « simples », en effet, les pauvres êtres ne pouvaient pas contrôler leurs nouvelles capacités, sombrant ainsi irrémédiablement dans la folie pour les plus chanceux, les plus malchanceux s’auto consumant …
Ces nouvelles élites sont devenues un nouveau rayon d’espoir pour les humains, qui voyaient l’écart entre les deux races s’amenuiser.
Chapitre 6 : L’armée humaine
L’armée humaine est uniquement constituée de volontaires, ce qui représentait en fait 70% de la population. En effet, très rapidement, la majorité a compris que la guerre n’était plus le fait d’aller tuer ses frères pour quelques désirs de dirigeants psychopathes, mais bel et bien l’unique chance de survie, les humains comprirent aussi que la vie ne serait plus jamais un long fleuve tranquille, si chacun n’y mettait pas du sien. Les 30 % désirants rester civil s’emploient à nourrir cette armée, à la fournir en armes blanches, en magium ou à explorer les limites de la race humaine dans le but de l’améliorer, ou de la race haka, pour en trouver les points faibles. En effet, tous les interdis éthiques sur les recherches concernant le génome humain ont sautés en même temps que l’armée ennemie s’est mise à avancer.
Comme chaque soldat est volontaire, chacun a, suivant ses préférences propres, sa spécialité et son type d’arme. Le plus courant étant un guerrier armé d’une épée, d’une hache ou d’une hallebarde (il n’y a pas de lance, car à cause des capacités régénérant des Hakas, elles n’ont que peu d’effet). En voyant avancer les premiers rangs d’une armée, on a l’impression d’être retourné au plus profond du moyen age, jusqu’à que l’on remarque les armures de kevlar, les lunettes de vision nocturne et les espions mécaniques téléguidés.
Derrière cette infanterie, passent les artilleurs, les bombes n’ont quasiment aucun effet sur les Hakas, leur corps se distordant et se remodelant à loisir, mais les bâtiments n’ont pas cette résistance, l’aide d’un bon bazooka étant toujours appréciée lors d’un siège…
A leur coté, se rajoutent les mages de bataille, drogués au magium et ayant tout le temps sur eux une barre ou un liquide en contenant, ils attaquent ou ralentissent l’infanterie adverse à distance. Sur les côtés ou en retrait, des soigneurs tentent grâce à une utilisation détournée du magium de limiter les dégâts dans l’armée humaine.
Il existe bien entendu de nombreuses spécialités pour les hommes ne désirant pas combattre au corps à corps, comme les « yeux », des éléments agissants en solo pour informer le plus discrètement possible les généraux sur les mouvement hakas, ou encore les « mineurs », des mages qui sont spécialisés dans la pose de sorts explosifs à retard permettant ainsi d’entamer les armées ennemies en marche.
Et finalement, les moins répandus, souvent à l’écart des troupes régulières, mais aussi les plus réputés, il y a les « éclairs ». Il s’agit de soldats particulièrement polyvalents formés depuis presque la naissance, ils maîtrisent parfaitement leur corps et leur esprit, ils sont extrêmement rapides dans tous leurs déplacements, mouvements et attaques et maîtrisent toutes les arcanes de la magie. Ils sont uniquement habillés de morceaux de métal aux points stratégiques de leur corps pour ne pas avoir les pénalités de mouvement liées au port d’une armure complète, ils aiment aussi utiliser des armes courtes et légères, qui, contrairement aux autres armes qui ajoutent un outil, permettent d’obtenir une rallonge à leur arme de base : leur corps.
Je fais partie de cette section, servant dans la compagnie des « Félins », ce nom nous à été donné car comme arme nous utilisons, des griffes.
Chapitre 7 : Le briefing
Les «Félins» ont eu droit à leur semaine de repos mensuelle sur Terre, bien sûr, la plupart des membres ont surtout profité de leur congé pour perfectionner leur équipement et s’entraîner. Nous sommes actuellement dans l’avion qui fait la navette entre la Terre et Calista. Chacun se prépare à sa manière, comme avant chaque mission : alors que Panther et Leo font un combat amical pour tester les nouvelles techniques assimilées pendant la semaine, Ifrit et Océane vérifient pour une énième fois, lequel des deux maîtrise le mieux le feu pour le premier et la glace pour la seconde, Serge applique quelques substances acides dont il a le secret sur nos armes pour les purifier, et moi, je regarde par le hublot en pensant à ce qui a pu conduire l’humanité au point où elle en est.
Nous allons bientôt atterrir, nous nous rassemblons pour l’habituel briefing, en tant que chef d’unité je suis le seul à être au courant du contenu de la mission.
- Alors Nix, que devrons nous détruire aujourd’hui ?
Panther est toujours prête à semer mort et destruction, mais elle est très gentille.
- Je vais te décevoir mais la priorité cette fois ci n’est pas de détruire.
- Que va t’il falloir faire alors ? (Océane)
- Si tu attends un peu il va le dire… (Ifrit)
Ces deux là passent leur temps à se chamailler, mais je pense que c’est une autre manière de montrer le lien profond qui les relie, il feraient un très beau couple.
- Du calme vous deux. Il va falloir effectuer une mission de reconnaissance. Des satellites espions ont été envoyés pour cartographier Calista et ils ont trouvés des bâtiments, on a du mal à imaginer que les hakas en soient les bâtisseurs, nous allons donc aller étudier l’un d’entre eux.
- Et on va le détruire après l’avoir étudié ?
Léo a peu prés le même tempérament que Panther, cela explique facilement le fait qu’ils soient toujours ensemble.
- Au cas où il en aurait besoin, malheureusement, peut être va t-il falloir se défendre, mais uniquement dans l’intérêt bien défini de la mission.
Tout le monde a compris l’ironie profonde de ma phrase, à force d’être entraîné pour détruire et de se faire ordonner de détruire, on prend rapidement goût à la destruction.
- Dans l’intérêt de la mission bien entendu …
- Allez, on finit de s’équiper et on part !
Lors des briefings dans ce genre, on a l’impression que l’équipe est un groupe de gamins en colonie de vacances. Mais ce sont les meilleurs éléments que je n’ai jamais croisés depuis que je suis entré dans l’armée spéciale, il y a 11 ans. Nous somme chacun dans la vingtaine, et nous avons suivi depuis ce temps un entraînement que la majorité ne reçoit pas dans sa vie entière, il est normal que l’enfance et l’adolescence que nous n’avons pas eu remonte à la surface de temps en temps, mais notre force est qu’en cas de besoin, il n’y a pas unité plus sérieuse sur le champ de bataille.
Chapitre 8 : L’usine
Le bâtiment est haut d’une bonne demi-douzaine de mètres, il est en apparence entièrement constitué métal et assez solide pour résister aisément à un bombardement basique. De loin, on peut apercevoir des Hakas armés, patrouillant ci et là, ils ne semblent pas prêts à partir en campagne. Mais la majorité semble civile, portant des matières premières à l’intérieur du bâtiment.
- C’est impossible que les Hakas aient construit ça ! (Océane)
- Je ne vois pas pourquoi madame … (Ifrit)
- A chacune de nos rencontres, ils semblaient beaucoup plus proches de l’age de fer que de l’age industriel !
- Tu sais (Serge), les Hakas n’ont pas eu vraiment de preuve montrant que nous sommes très évolués non plus, on n’amène pas nos scientifiques sur le terrain très souvent.
- Le l’artillerie et les armures en kevlar c’est quand même pas mal comme preuve non ?
- Sur qui a-t-on copié la magie ? Et pour le kevlar, qui te dit que le fait que leur peau-absorbe-tout n’est pas un ajout apporté par leurs scientifiques à leur forme initiale ?
- Ri-di-cu…
- C’est bon ? Le forum de discussion sur les théories du fonctionnement des Hakas est terminé ? Nous avons la vue éloignée du bâtiment, je dois maintenant communiquer avec les superviseurs pour qu’ils me donnent la suite des événements. Tout le monde en position CLP.
CLP, ou Communication Longue Portée, pour limiter notre encombrement au maximum, nous n’emportons pas d’appareil de communication, la magie se révélant suffisante dans la plupart des cas.
En position CLP, je m’assois replié sur moi-même dans un endroit discret pour entrer en transe, sans défenses en cas d’attaque. Pour palier à cette faiblesse, les autres membres du groupe se dispersent à courte distance pour repérer un éventuel mouvement ennemi.
Grâce à la concentration de la transe, je peux quitter mon corps temporairement sous une forme éthérée, comme un fantôme, je peux alors me déplacer très vite et très loin en un minimum de temps, pouvant ainsi parler à mes supérieurs installés bien au chaud dans la base.
Nous restons environ un quart d’heure dans cette position, puis je me relève, donnant le signal de la fin de la CLP.
- Alors ?
- Nous allons devoir faire ce que nous faisons le mieux, tuer.
- On va devoir nettoyer le bâtiment ?
Panther, avec un léger sourire noir au coin des lèvres.
- Mais, (Océane) tu leur as bien dit qu’il y avait une majorité de civils ici !
Le sourire sur le visage de Panther disparaît dans le dixième, nous venons de découvrir nos premiers civils ennemis, et malgré notre entraînement, nous somme tout de même des êtres humains …
- Pour une fois, je suis méchamment d’accord avec la glaceuse. (Ifrit)
- Vous pensez bien que c’est la première objection que j’ai placée, mais ils m’ont répondu avec raison que lors du premier envois colonial sur Calista, celui qui s’est fait hacher, même pas le tiers des hommes était armé, leur éthique ne les a pas ralentis bien longtemps...
- …
Nous n’avions jamais pensé tuer quelqu’un qui ne serait pas capable de nous rendre la pareille si on lui laissait l’occasion, mais l’argument donné était bon. Nous sommes en guerre, totale, et pour une fois, on pourrait presque dire sans mentir que nous n’avons pas tirés les premiers.
-Aller, on a une mission. Tactique Ombre puis code RED.
La tactique Ombre consiste comme son nom l’indique à se fondre dans le décor de manière à avancer sans que l’ennemi ne nous remarque. Pour cela, nous utilisons un mélange de magie et d’agilité : sauter d’un mur à l’autre sans un son, se confondre dans un objet par magie en cas d’arrivée d’unité adverse, ramper comme une araignée au plafond à l’aide des griffes et des lames de genoux, étudiées pour cet effet. Cette tactique de déplacement, peu utilisée vu le peu de bâtiments Hakas rencontrés habituellement, est presque plus fatigante que le combat lui même.
Durant cette phase de déplacement, le groupe se sépare, de façon à ce que chacun des six se place pour passer au code RED. Le code RED est facile à comprendre, il s’agit de l’abréviation de « Recherche Et Destruction ». Après l’application de ce code, il ne reste que très rarement âme qui vive …
Nous nous séparons en équipe de deux. Léo et Panther contournent le bâtiment au cas d’une éventuelle entrée annexe sur le coté ou l’arrière, Océane et Ifrit nous abandonnent une fois entrés pour prendre les escaliers menant à l’étage supérieur. Je me retrouve seul avec Serge empruntant le chemin principal.
Chapitre 9 : Positionnement
De l’intérieur, le bâtiment semble aussi être constitué exclusivement de métal, ce qui semble servir de poutres de support n’est pas cylindrique et droit comme la plupart des bâtiment humains mais de diamètre variable et prenant un chemin psychédélique du sol au plafond. Difficile de dire si l’architecte du lieu était un génie calculateur, un artiste ou juste un fou.
Mais j’ai d’autres pensées en tête. Au rez-de-chaussée, une fois passé a coté des escaliers où se sont engouffrés Océane et Ifrit, il y a le choix entre deux chemins, une lourde porte et un couloir semblant partir dans les entrailles de la structure. Avec Serge, nous ne nous demandons même pas quel chemin prendre, la porte est juste suffisamment entrebâillée pour qu’il puisse s’y glisser sans trop de problèmes, étant meilleur guerrier que lui, je me dois de choisir le chemin le plus isolé, si je suis trop éloigné pour diriger le groupe, il prendra ma place de supérieur.
J’avance dans le couloir en mettant en pratique différentes acrobaties et camouflages de manière à être moins visible qu’une souris cachée dans la pénombre pour les Hakas que je rencontre. Le couloir a certainement été créé dans le même soucis d’illogisme profond apparent que les poutres de support de l’entrée, il ne se divise jamais, mais pourtant, il n’emprunte pas un chemin droit, ou carré, ou rond, il avance, tourne, retourne, revient dans la direction de l’entrée, repart, monte, descend, sans que rien ne semble l’expliquer. J’avance lentement, mais à cause de l’énergie dépensée dans la discrétion, j’ai l’impression d’avoir parcouru des kilomètres.
Je rencontre un certain nombre de Hakas dans ma progression (qui eux ne me rencontre pas bien entendu), ils ne sont pas totalement nus comme leur congénères que j’ai pu voir sur les champs de bataille, ils abordent différents ornements, colliers, plumes, anneaux, voire capes, et plus j’avance plus les insignes se multiplient. Cherchant un résonnement rapide, je me dis que ce couloir doit être celui des dirigeants, et que plus on avance dans le couloir, plus on monte dans la hiérarchie.
J’arrive enfin à une grosse porte métallique qui semble plutôt solide (je ne me dis ça qu’a titre indicatif, en entraînement, aucune porte ne m’a jamais vraiment posé de problèmes) et qui serait en position de finir le couloir, je ne peux dire où je suis dans le bâtiment, tous ces changements de direction ont coulés mon sens de l’orientation.
Je me rappelle d’une pièce ouverte et non habitée légèrement en arrière, j’y entre et m’y enferme, la pièce est totalement vide, je ne sais ce que les Hakas utilisent comme outil, mais il y a relativement peu de chance que je sois dérangé par quelque cadre dynamique. Je me concentre rapidement pour préparer une mise au point télépathique avec mon équipe avant de lancer le code RED. Je n’ai besoin d’entrer en transe que pour les communications vraiment longues portée, il n’y a donc pas de problèmes ici.
- Nix parle aux félins. Quelle est votre position ?
- Ici Panther, avec Leo nous sommes entrés par derrière, c’est la deuxième et seule issue. Cinq Hakas sont occupés sur des cuves, les transporteurs semblent avoir fini leur travail. Je suis cachée dans une des nombreuses irrégularités du plafond. RED. (cela signifie qu’elle est presque à entamer la phase suivante et que le combat sera sans suspense)
- Ici Leo, je suis dans la deuxième et dernière salle accessible par derrière, il y a ici ce que je pense être les sept transporteurs, ils discutent autour d’une table. Ils ne semblent pas savoir tenir une arme. RED.
- Ici Océane, il y a deux salles au premier étage, des salles d’entraînement, je suis accrochée dans un coin de la pièce avec mes griffes, six Hakas s’entraînent physiquement, ils sont armés d’épées de facture normale. RED.
Ma première pensée aurait été de rappeler que l’on dit « RED » uniquement quand on est sur de sortir du combat sans même la moindre coupure, mais je sais à qui je parle.
- Ici Ifrit, je suis fondu dans un mur dans la deuxième salle, cinq Hakas s’entraînent à la magie de feu, ben les pauvres, ils ont pas fini de s’entraîner...
- Tu peux juste dire le code s’il te plaît ?
-Ba, RED, très RED même, si tu vois ce que je veux dire …
-Merci pour la précision … Serge ?
-Ici Serge, je suis accroché avec mes griffes à ce qu’on pourrait appeler une poutre derrière la porte où on s’est séparés, il n’y a que deux Hakas qui semblent peu entraînés, DARK RED. (cela signifie que la purge de sa pièce prendra moins d’une seconde et qu’il pourra m’aider si j’en ai besoin)
- Je prend ton DARK, je suis au fond d’un couloir qui semble mener au bureau du patron, je ne sais pas ce qu’il y a derrière, mais il y a de nombreux civils avant qui risquent de t’arriver dessus.
- DARK confirmé.
- Préparez vous … position d’affût … RED !
Un bruit que je qualifierais de difforme arrive à mes oreilles, je ne sais si c’est du à ma distance du centre ou si c’est le son normal, mais il est quasiment sur qu’il s’agit d’une alarme. Etant éloigné, je n’entend rien des combats de mes équipiers, mais si les Hakas n’ont pas développés des réflexes plus rapides que ceux d’un guépard en pleine chasse, il n’ont pas l’ombre de l’espoir d’une chance, dit très modestement… Allez, on se motive, c’est à mon tour d’entrer en piste.
Chapitre 10 : RED
Je sors de ma salle, me dirigeant en courant vers la porte blindée, je croise quelques Hakas sortant des salles proches, mais cette fois, je ne les laisserais pas passer. Ce ne sont pas des guerriers, ça se sent, je n’ai besoin que d’une petite feinte de corps et du coup latéral pour les décapiter. Je n’ai pas l’habitude d’affrontements aussi faciles, j’ai presque pitié, me disant que si je les laissais partir, ils ne feraient pas grand chose, mais les paroles de mes supérieurs me reviennent à l’esprit, eux, n’ont pas hésité à frapper, et, surtout, qui sait, peut être travaillent-ils à de meilleurs moyens de nous nuire...
Très rapidement, je reviens à la porte. Le moyen semblant le plus rapide pour l’ouvrir en gardant un maximum d’effet de surprise semble être l’explosion… je me place. Je joint mes jambes, et écarte vivement les bras, donnant à mon corps une forme de croix, puis, je me concentre, rassemblant mon énergie psychique dopée par le magium dans mes bras, mes mains, puis finalement mes griffes. Les lames chauffent, devenant rouges, puis virant au blanc, de petites flammèches commencent à se créer dans l’arrondis des griffes, rapidement, ces flammèches se rassemblent, prenant la forme de petites boules de magma, qui grossissent, grossissent … dés que la taille devient suffisante, je replie vivement mes bras sur mon corps, libérant à grande vitesse les deux boules d’énergie sur la porte, la faisant littéralement voler en éclats.
D’un bond rapide, je me retrouve dans la salle, voyant comme seul meublement une grande table et autour une dizaine d’objets étranges qui pourraient servir de siège. Une dizaine de Hakas très décorés commencent à fuir en me voyant, mais ils sont trop lents... j’ai le temps de rassembler mes griffes, de la charger grâce au magium, l’une positivement et l’autre négativement, créant entre elles un fort courant électrique. Avant que le premier des êtres ait pu se protéger derrière une de leurs poutres bizarres, j’ouvre vigoureusement mes bras, de manière à disperser l’arc électrique ayant pour base mes griffes à travers la pièce, les Hakas, touchés par le choc, tombent, mais à mon étonnement, ne bougent plus, cette technique est uniquement censée assommer, l’explication la plus rapide que je trouve serait que leurs civils ne sont pas du tout entraînés physiquement, comme les nôtres en fait. Je vient de tuer une dizaine de civils total. Je crois que je n’arriverais pas à m’y faire.
Mais deux guerriers Hakas me tirent de ma rêverie, ils ont été assez rapides pour se cacher dans les coins de la pièce pendant que la porte se dispersait et ainsi, éviter mon attaque. Il y en a un devant et l’autre derrière moi, ils chargent, cherchant à me prendre en sandwich, pas de chance pour eux, j’ai la réplique exacte à ce type d’attaque. Quand les deux êtres sont très proches de moi, je surgèle magiquement mes griffes et je prends mon élan pour effectuer un saut périlleux en arrière, quand mon corps est à peu prés parallèle au sol, je repli mes jambes et laisse traîner mes griffes en avant. Tout ce passe comme prévu, le Haka devant moi reçoit les lames là où devrait se situer sa poitrine, ce qui lui laisse une immense griffure glacée... Les lames étaient tellement froides que tout son corps se change en une statue de glace dans l’instant. Mon saut continu, en chauffant mes griffes, je les fait retourner à une température normale, juste au moment où je me retrouve la tête en bas au-dessus du second Haka qui n’a pas eu le temps de réagir, la punition s’ensuit, je lui plante mes lames dans les épaules, grâce à la force centrifuge due à la force de mon saut, j’arrive à me remettre debout avec le Haka au dessus de la tête et, continuant mon mouvement, je le lance sur son collègue refroidis. Le combat est fini, le Haka glacé éclate, et le deuxième tombe empalé sur les morceaux de son congénère.
Par précaution, je sépare la tête du corps du second Hakas, je déteste achever mes adversaires au sol, mais, ayant utilisé une technique similaire plus jeune et n’ayant pas pris cette précaution, le Hakas semi mort m’a lancé son épée dans le dos, me laissant à vie, une cicatrice me faisant encore souffrir de temps à autre.
La salle est enfin vide, mais avec ma précipitation, je n’avais pas vu la porte au fond de la pièce, avant que j’eu le temps de réfléchir, cette dernière se détacha de ses gonds, faisant apparaître devant moi …