Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Type de document : Poesie
Dans un Age oublié, à la nuit des temps Une époque lointaine, bien avant le printemps, Le cœur lourd, l'esprit vagabond Dans les plaines glacées d'où ne sort aucun son... Ignoré de ses pères, oublié par ses frères Il se perdit facilement, au début de cette ère. Fils d'un roi des elfes, mais toujours errant Il menait seul sa quête de la lumière d'avant Là où ses pairs se leurraient à chercher la copie, Il suivit à la trace Celle qui causa la nuit. La route fut très dure en Helcaraxë, Ravagé par Ekkaia et Beleager se mêlant, Froid fut le chemin, mais au fond de son cœur, Il ressentait toujours des arbres la chaleur... Parti vers le sud, bien au-delà des siens, A la recherche toujours de cette source sans fin. La lumière des arbres subsistait encore, Il fallait la trouver, là ou le mal jamais ne dort. Il partit vers le sud, franchit le Doriath, Et enfin arriva en vue d'Ephel Duath La où la mort règne et les ombres s'étendent Aux frontières du Mordor où les rêves s'ébranlent... Il avait peur, mais il portait en lui ce que tous avaient perdu L'Amour de cette lumière, si divine et si pure, Qu'en son pays natal il avait tant aimé, Qu'il n'avait plus revu et avait lors disparu... Gildor était un elfe, il vivait à Tirion, Et passait ses journées, admirant Telperion. Ses yeux bleus de Noldor, non lassés de sa vue, Avaient acquis à présent cette nuance d'argent Et gardaient secrètement le souvenir du passé Cette lumière argentée, à jamais oubliée.... Il n'éprouvait pas de haine, ni aucune colère, Il ne souhaitait qu'une chose, revoir la lumière... Le Destin l'avait pourtant mené sur ce chemin Semé de dangers, dans une nuit sans lendemain. Il la vit alors, dans cette région déserte Elle était la, immobile et les sens en alerte Elle le vit approcher mais ne bougea pas Il approcha résigné, préparé au trépas... Il ne souhaitait qu'une chose, revoir cette lumière Et sur ses lèvres se formèrent une dernière prière. Il repensa à celle qui de tout temps lui sourit, Celle qui prit grand soin de son arbre chéri, Qui en façonna les étoiles et la lune d'argent Il regarde le ciel et soudain il les vit, dans cette plaine aride ou nul être ne vit, Il ouvrit grand les yeux, la fixa, puis il dit : "A Elbereth... Gilthoniel, O Menel Palan-diriel, Le nallon si di-nguruthos ! A tiro nin, Fanuilos ! " (Il n'aurait pu prévoir que cette prière servirait Des millénaires plus tard pour un autre sauveur, Dans ce même lieu, et pourtant récité, Par un brave hobbit, au nom de l'amitié...) Et les étoiles scintillèrent depuis l'immensité d'Ilmen, Et vinrent éclairer les yeux de Gildor de la lumière de Telperion, Et elle comprit alors qu'il était arrivé, ce trésor tant promis, Que Melkor n'avait pu lui offrir... Les Silmarils n'étaient rien les arbres n'étaient en somme qu'un moyen Mais cette lumière était bien le véritable gain Il comprit alors quel destin était le sien... Ce destin dont Elbereth ou Manwë ne surent rien. Cette flamme, qu'Iluvatar seul connaît, Qui brille en chacun de nous au moment ou l'on naît... Il lui tendit la main, elle s'approcha de lui Et plus jamais n'apparut telle une immense araignée...