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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Type de document : Conte

     
 

Arlanda, n'était qu'une petite Demi-Elfe d'environ 30 années (ce qui se tient entre 6 et 7 ans en humain), lorsque le clan de Marulifth l'adopta.

Guirlinda se promenait, quand soudain elle entendit des gémissements étouffés. La jeune femme ramassa une lourde branche qui traînait sur le sol, et s'approcha discrètement du lieu d'où provenaient les plaintes. Alors qu'elle avancait lentement en approche d'une clairière, telle fut grande sa surprise, quand au lieu de trouver un animal ou un de "CES" monstres, elle vit le corps d'une enfant, qui était pratiquement inerte. Elle gisait sur le sol, recouverte de boue, son corps était parsemé d'entailles qui la saignaient et lui arrachaient des gémissements provenant du plus profond de sa gorge, qui ne lui permettait plus, à present, que de pousser de longues plaintes rauques. Etant mère, Guirlinda en oublia toute crainte et tout en lâchant son bâton, elle se précipita secourir cette pauvre enfant, que le destin avait maltraité. La femme s'agenouilla à ses cotés, pris sa tête, où elle posa dessous sa large écharpe, afin de lui soutenir la tête, et procéda à quelques vérifications. Tout d'abord elle écouta son poul, ensuite, nota ses blessures les plus graves ou les plus purulentes. A la fin de son diagnostic, elle pris une décision, il fallait qu'elle la ramène tout de suite à la caverne, où elle lui prodiguerait des soins intensifs. Elle ne savait si elle aurait la force de la ramener, mais elle devait essayer.

Soulevant le petit corps, et marchant droit devant, elle se remit à penser à ce dont pourquoi elle était venue ici un peu plus tôt, à ce dont elle était en train de penser avant qu'elle n'entende ces bruits, à la chance que cette enfant avait sûrement, si elle s'en sortait, qu'elle ait prise la décision de venir cueillir une plante qui ne poussait qu'à la lisière d'une clairière. Une plante qui, pour enlever la vie, en avait alors peut-être sauvé une ? Guirlinda en était persuadée, la gamine, si elle pouvait la ramener, s'en sortirait. Au bout de plusieurs heures elle déboucha sur une vallée de forme arrondie qui dévalait sur des steppes arizonantes. Quand elle arriva à l'entrée de la caverne, elle fit quelques signes à des personnes qui se levèrent , l'entourèrent et vinrent alors lui proposer leur aide pendant que d'autres jetaient des regards empreints de curiosité. Elle s'empressa de disperser la foule de curieux, et après avoir disposé l'enfant sur des couchages, elle se mit à fouiller frénétiquement dans des sacs faits en peaux d'écureuils. Elle en sortit alors quelques racines et plusieurs feuilles de grandes tailles et se retourna vers un feu sur lequel était posé un panier de nattes durement tressées. A l'intérieur de l'eau bouillait, sans cesse ravivée par des pierres brûlantes que l'on noyait, pour intensifier la chaleur du contenu. Elle y plongea les racines qu'elle avait coupées en plusieurs morceaux, et dans un autre panier cette fois plus finement tressé, elle plongea les feuilles qu'elle avait mastiquées et qu'elle avait ensuite recrachées, pour les réduire en bouillie. Quand la mixture de feuilles fut prête, elle l'utilisa comme emplâtre sur les blessures pour empêcher qu'elles continuent à saigner et qu'elles ne s'infectent. Sa tâche acquitée, elle retourna au près du feu pour surveiller l'infusion de racines, qui ferait tomber la fièvre, et stopperait les douleurs...
 
Les gens qui avait observé la scène émirent des murmures qui parlaient à la place du bouleversement qui les troublait. Guirlinda s'était assise sur le sol humide de la caverne, à côté de l'enfant qui n'était toujours pas réveillée. Elle s'inquiétait de plus en plus. Elle avait fait tout ce qu'elle pouvait, mais la fillette ne montrait aucun signe de guérison. Elle était en train de repasser dans sa tête tous les remèdes qu'elle connaissait pour la sixième fois, espérant trouver alors une plante, une décoction, une tisane, un emplâtre et autres remèdes, qu'elle aurait pu oublier pour améliorer l'état de la fillette. L'enfant était ruisselante de transpiration. Elle s'agitait dans son sommeil, et ses paupières bougaient frénétiquement, comme si quelque chose l'effrayait. Alors que la guérisseuse  n'en pouvait plus de la voir sombrer dans un état tellement proche de la mort, un homme qui l'avait observé, et qui avait remarqué son affectation, se leva et s'approcha sans faire de bruit dans son dos. Quand la femme sentit une main se poser sur son épaule, elle se tourna et reconnu son compagnon. Il s'agenouilla près d'elle, lui prit les mains, et l'enlaça. Il se faisait beaucoup de soucis pour elle autant que pour la fillette qu'il ne connaissait pas, mais dont le mauvais état provoquait chez sa compagne une angoisse et une fureur qui se faisaient décuplement ressentir.

Soudain la petite poussa un son étranglé qui montrait qu'elle s'était enfin réveillée, et qu'elle était très faible encore. La guérisseuse se retourna, et se précipita sur un bol qui contenait une infusion de feuilles d'oseille. L'enfant était lasse de souffrance. Elle avait ouvert les yeux, et n'était pas effrayée, dû sûrement à son manque de cohérence, cause de sa faiblesse.
La femme posa une main sur son front, goûta du bout des lèvres le liquide pour en tester la température, et déposa le bol à la comissures des lèvres de la gamine. Assoifée, elle se mit à boire le contenu du récipient goulûment après que l'on l'ait aidée à se redresser, bien que le liquide tiède était amer, et que sa gorge desséchée, soudain envahie de liquide, la brûlait. Une fois fini, elle retomba dans les fourrures, et se blottit dedans, pratiquement inconsciente. La chaleur des douces fourrures l'avait attirée.

Une femme était en train de hurler. Elle courait dans les bois, tenant une petite fille dans ses bras. Des larmes coulaient sur ses joues et elle ne cessait de répéter:
"Aidez moi ! Aidez moi ! " Des ombres passaient et tournaient au dessus d'elles. Soudain quelqu'un la retint par la main, l'obligeant à s'arrêter. Elle se retourna et vit des yeux qui la scruptaient. Elle ne voyait pas le visage ni le corps de ce qui la retenait, mais quand elle aperçut la main qui l'empêchait de continuer sa cavale, elle poussa un hurlement qui réveilla des oiseaux nocturnes qui s'envolèrent en un fracas démesuré. Elle se débatit quand soudain quelqu'un la retint en arrière et elle bascula, faisant rouler l'enfant, qui arriva près d'un lourd chêne. Se retournant, la fillette vit sa mère au sol retenu par des ... choses, et qui lui criait:
"
Va, enfuis toi, cache toi ! Ne pense pas à moi, va t'en !! "
L'enfant allait s'approcher de sa mère quand une de ces choses se rapprocha d'elle.
"Va t'en !!!! " lui criait sa mère. Elle se mit alors à courir aussi vite qu'elle put et se cacha sous un amas de branches fracassées, qui s'étaient rassemblées au sol. La chose s'approcha flairant l'air, et se mit à marcher droit sur elle...

"NON !!!!! NON !!!! Au secours, maman! Ne m'approchait pas! Maman ou est tu? "
Elle pleurait, ses joues étaient innondées et enflammées. Des spasmes lui secouaient le corps. La guérisseuse accourut, et s'agenouilla auprès d'elle en la secouant doucement pour ne pas l'effrayer. En se réveillant, elle découvrit une femme qui avait posé sur elle ses mains, et la secouait. Elle poussa un hurlement aigu qui faillit bien faire éclater les tympans de tous, mais la femme lui mit la main devant la bouche et de l'autre main, mit un doigt devant sa bouche.
"Chut" lui dit-elle. "Je ne te ferait aucun mal. C'est promis."
La fillette s'était calmée mais elle ne comprenait pas ce que lui disait la femme. Elle avait compris qu'elle était en lieu sûr, et que l'être qui se tenait devant elle avait une forme normale et ne lui semblait lui vouloir aucun mal. S'était une enfant perspicace, vive et intelligente, elle savait très bien s'adapter aux nouveaux élèments. La jeune femme se leva alors et sans quitter la petite des yeux, pris deux bols qu'elle remplit d'eau, trempa alors une peau dans un, et apporta le tout à la couchette de la petite malade. Elle tendit le bol d'eau simple à la fillette, et se servant de la peau comme d'une éponge, essuya le petit front trempé de mauvais rêves.

La petite allait porter le bras à son visage, par instinct, mais quand elle sentit la peau lui effleurer agréablement le visage, elle décida de se laisser faire. Elle observa longuement la femme, et en déduisit plusieures choses. Elle devait déjà être mère, avoir la trentaine, être usagée par l'effort, ne possédait aucun pouvoir, mais elle était guérisseuse, elle le savait. Elle la détailla, et s'apperçut qu'elle ne devait pas bien dépasser les un mètre cinquante cinq. Elle était brune et frêle, son corps ne faisait que de minces vagues ou l'on découvrait son ossature, et un nouvel être devait s'accroître dans son ventre, sûrement partie de la cause de son épuisement. La femme, elle, avait surpris l'air détailleur de la gamine, et s'impréniait elle aussi de son image. Ce n'était qu'une enfant encore, mais à en surprendre la lueur qui brillait dans ses yeux, on aurait pu croire qu'elle était bien plus agée. Ce fut fou de voir la maturité de ses expressions. Pourtant, son visage encore rond et lisse laissait entrevoir un air poupon et attendrissant. Ses cheveux aux larges boucles blondes, tombaient sur ses épaules et donnaient l'impression qu'ils flottaient. Ses yeux bleus d'un éclat brillant, la sortaient du commun. Peu de gens avaient les yeux bleus. La femme elle même, qui avait aussi les yeux d'un bleu profond, s'en étonna, car elle était la seule dans son clan à les avoir de cette teinte. La petite reposa le bol par terre et prononça quelques mots dans une langue qui lui était inconnue. Elle essaya alors elle aussi de communiquer, mais elles n'arrivèrent à rien. Elle se regardèrent alors et rien qu'en se regardant elles comprirent. Elles comprirent qu'elles n'étaient pas de la même origine, et ne parlaient pas la même langue, mais elles savaient qu'elles partagaient la même souffrance. Une souffrance qui les relierait.

 
     

 
par Arlika
le 04/11/2004
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