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Sujets concernés par ce texte : Fantasy
Chapitres : 1 2 3
Type de document : Essai

     
 
Ils sont tous là, et parmi eux se trouve la bête ! Elle sent la peur s’insinuer peu à peu dans le fil de ses pensées. Cela commence par une légère pression sur son estomac qui prend rapidement de l’importance. Ensuite, elle doit retenir le tremblement de ses membres. Puis commencent à venir ces image et ces sons, souvenirs des cadavres de la nuit précédente. Des portes déchirées. Des  hurlements de terreur poussés par des villageois terrifiés. De vaillants soldats aux armures et corps effeuillés. Et la sensation  se propage le long de son échine, emportant au passage les restes de courage présents dans son cœur. Elle n’a pas la force de fuir comme la veille et reste immobile, attendant que la Bête se manifeste. Sa peur atteint son point culminant lorsqu’elle parvient à sentir l’odeur de la créature. Moment que la raison choisi pour s’éloigner  de la Voix d’Almyr.

Chapitre 5 : Destins brisés

Le corps de la femme a chu derrière le comptoir, devant lequel se tient le Lycan, lacérant quelque citadin. La créature reste sans réaction lorsque le premier projectile enflammé de Hyrthos l’atteint. Le mage a calmé sa rage juste assez pour ne pas détruire immédiatement son objet. Il veut maintenant qu’elle souffre. Il ne l’achèvera que lorsque son hôte aura refait surface.
 
Il faut tout de même qu’une odeur de chair brûlée s’élève dans les airs pour que le monstre consente à lever la tête de son repas, cinq flèches déjà plantées dans la cuisse. Son regard enragé se pose sur son ennemi et, comme il ne connaît pas la peur, la seule réaction que lui dicte son instinct est de se jeter sur lui. Il parcourt en deux bond la largeur de la salle, sa vitesse empêchant Hyrthos de développer sa protection a temps. Celui-ci est projeté contre la porte par laquelle il est entré et se retrouve a rouler dans la rue. Il se relève péniblement, mais heureusement, sans aucune blessure. Pas une trace de sang n’a encore fait son apparition.
Cependant, le garde qui lui fait maintenant face ne semble pas être de cet avis, ou doit tout du moins préférer en avoir la certitude en l’éliminant.  Hyrthos évite de justesse la pointe de son épée, écarte d’un souffle ses subalternes, et retourne en courant dans la taverne.
 
Le Lycan est retourné à son festin, s’employant à dérouler les intestins de sa victime, attiré probablement par l’odeur de charogne qui se dégage du corps. Il ne prête pas attention au bataillon de lanciers qui passe la porte, suivant celui qu’il vient d’affronter. Par contre, les soldats l’ont aperçu et se sont figés. Certains font demi-tour immédiatement, les autres attendent la réaction de leur lieutenant. L’officier ne peut perdre la face devant ses hommes, et s’élance sur la bête. Hyrthos, ne se souvenant pas avoir forgé d’épée en argent, n’a pas le temps de le prévenir de son erreur. L’arme transperce sa cible, en ressort, et la stupeur du guerrier lorsque la plaie se referme, après avoir versé sur lui une quantité impressionnante de liquide vermeil, laisse place à ce qui aurait presque pu ressembler à un sentiment de soulagement alors que le bras du monstre ressort de sa poitrine, serrant son cœur.
La suite ne dure que quelques secondes, pendant lesquelles tous les témoins restent figés. Seule la bête poursuit ce qu’elle avait entreprit et, lorsqu’elle est enfin projetée contre une paroi par la volonté du mage, plus un seul des gardes encore présents n’est en vie. En fait, peu sont encore entiers.
 
Hyrthos ne laisse pas le temps à son ennemi de se relever. Il joue de son pouvoir pour frapper plusieurs fois le monstre contre le même mur. L’accès constant à ses réserves de magie ont rapidement un effet visible sur sa physionomie. Ses pupilles se dilatent, la peau de ses avant bras perd de sa pigmentation, devenant d’une pâleur inquiétante. Soudain, il perd tout contrôle sur sa proie. Croyant avoir épuisé ses ressources, il cherche à lancer une nouvelle série de flèches enflammées sur la créature. Les premières vont se figer dans leur cible, mais les autres ne font que rebondir sur sa fourrure et s’éteindre. Les Lycans semblent pouvoir  développer une résistance à la magie. Il va donc lui falloir en finir plus rapidement.
 
Profitant de ce minime instant de reflexion, le loup réessaie la manœuvre qui lui a permis de se débarrasser de cet importun. Mal lui en prend ! Cette fois-ci,  c’est contre une paroi transparente, aux légers reflets d’émeraude que s’achève son galop furieux. Le mur vers lequel il est renvoyé explose sous la puissance de l’impact, l’enterrant sous une pile de décombres.
Mais cela n’arrête pas la bête. Seul le feu s’est éteint sur sa chair. Elle se redresse immédiatement et repart à l’assaut. Hyrthos parvient encore a développer deux fois sa protection, mais cet exercice n’est pas de ceux qu’il affectionne. La destruction a toujours été son domaine de prédilection. Et le feu son élément. Il commence alors, pendant que son adversaire se relève à nouveau, à tracer de sa main droite des lignes orangées dans l’air.
Lors de la quatrième charge, ce n’est pas vers un mur mais un réseau de mailles incandescentes que se dirige le loup. Il entre en contact avec celles-ci, et le poing du mage se referme alors, encerclant son prisonnier.
 
Une lutte de volonté commence alors, pendant laquelle Hyrthos sens son pouvoir croître de façon étrange. Il devrait être faible maintenant. Toutes les forces que lui ont confiées ses maîtres ont été consommées. Sa concentration l’empêche pourtant de penser à ce phénomène plus avant. Il ne ressent même pas le léger picotement à l’arrière de sa nuque, annonciateur de vision, habituellement. Grâce à cet afflux de magie, il peut stabiliser la prison qu’il a créée, puis la réduire lentement. Les fils enflammés mordent les chairs du Lycan, s’enfonçant de plus en plus profondément. Un hurlement s’élève, propre à glacer le sang de tout être humain, mais une part de cette humanité a déjà été retirée au mage. Le pouvoir qui s’est éveillé en lui l’a changé. Son appendice s’est développée, rattachée maintenant a toute sa colonne vertébrale. Une large ceinture de chair et de muscles viens lui ceindre les hanches, et des moignons apparaissent sur ses omoplates, mais il n’y prend pas garde. Son regard est braqué sur le bûcher qu’il a lui-même dressé. Les attributs monstrueux commencent à s’estomper dans les flammes, et les traits d’une femme apparaissent. Ses longs cheveux dorés s’embrasent rapidement sous l’effet de la chaleur. Ses chairs se liquéfient. On ne peut plus reconnaître ses traits, mais pour le plus grand malheur d’Hyrthos, il croise son regard. Etrangement, elle ne semble pas souffrir. Elle le reconnaît, et  lui adresse ce regard qu’il lui a déjà semblé apercevoir durant leur dernière rencontre. Un regard triste et désolé. Elle ne lui en veut plus. Elle lui pardonne. Mais il ne pourra plus en profiter.
 
Une fois le corps entièrement consumé, une conscience lui souffle d’abandonner sa tristesse, de se fondre dans ce nouvel être qu’il perçoit. Il accepte. Il cesse cette lutte inconsciente qu’il menait depuis sa naissance contre l’autre occupant de son corps. La transformation peut alors se terminer. Ses ailes sombres se déploient. Ses incisives s’allongent. D’un bond, le vampire passe l’ouverture percée dans le toit, s’envole bien haut et pousse un cri strident annonçant sa renaissance puis, de là-haut, voit ses anciens ennemis s’adonner à leurs massacres favoris et plonge dans le carnage.

Epilogue

Cinq hommes très âgés sont rassemblés autour d’une table ronde. L’un d’eux commence à lire le parchemin que vient de lui transmettre un messager :
 
Mes Maîtres ,
A la demande de l’empereur, je me suis rendu au temple principal d’Almyr, dans les contreforts des monts Pleyuns. Là, je n’ai pu que constater les conséquences de nos décisions. La prophétie s’est bien réalisée, je l’ai retrouvé sous les décombres d’une des nombreuses ruines de cette cité fantôme. Mais il doit bien s’agir du seul survivant en ces lieux. Je me demande s’il n’y avait pas d’autre moyen, moins sanglant, pour résoudre notre problème. Le peuple risque de ne plus être contrôlable maintenant que la preuve de la véracité de leur culte leur a été retirée.
En effet, ainsi que vous l’aviez prévu, les Lycans sont tous morts. Leurs cadavres étaient massés à l’entrée de la salle de culte du temple. Les gardes ont tous péri dans cette ultime tentative de protéger l’Envoyée, mais une créature est tout de même parvenue à atteindre le trône. Les appareils sont inutilisables. Ils ont tous été broyés par de puissantes griffes.
En poursuivant mes investigations, j’ai retrouvé le corps du capitaine Jerlal dans ses quartiers. Son corps était intact, il n’a donc pas été attaqué par ces créatures. Je suppose qu’il n’a pu supporter la vision des conséquences de sa trahison. J’ai pu retrouver le flacon de sang que vous lui aviez confié. Mais je m’interroge sur la nécessité de conserver un tel fléau. Je m’en remettrait à votre jugement pour cette décision.
Je conclut ce premier rapport en vous faisant part de mon inquiétude. Il semble qu’une créature étrange rode dans les parages. Je l’ai entendue se déplacer dans les airs durant la nuit. Il ne s’agit donc pas d’un Lycan, mais je n’ai souvenir d’aucune créature volante d’assez grande taille pour produire des battements si retentissants.
J’ose espérer que ce rapport vous parviendra rapidement, afin que vous puissiez me communiquer les informations qui pourraient m’aider à résoudre ce problème.
Respectueusement,
Gracus.
 
L’homme repose son parchemin, et s’adresse au messager :
- Combien de temps dites vous que vous avez mis pour revenir du temple ?
- Treize jours, Maître.
- Vous accompagniez notre envoyé, confirmez-vous les dires de cet homme ?
- Oui Maître.
- Egalement en ce qui concerne cette nouvelle créature dont parle Gracus ?
- Je ne pourrais affirmer qu’il s’agissait de battements d’ailes, Maître. Répond toujours aussi respectueusement l’apprenti. Mais il est vrai que je n’avais jamais perçu un tel bruit. Cependant, Maître Gracus semblait sûr de son fait. C’est pourquoi il m’a demandé de me presser.
- Vous avez tout de même mis un certain temps pour faire ce trajet !
- Je transportais un enfant nouveau né, Maître. Il a fallu que je trouve une nourrice pour faire le voyage. Celle-ci a ralenti quelque peu notre allure. Maître Gracus m’a affirmé que cet enfant vous était très cher.
- Oui, il avait raison. Vous avez bien accomplit votre tâche, mon garçon. Vous pouvez retourner chez votre tuteur.
 
Les cinq archimages attendent que l’apprenti soit sorti pour poursuivre leurs discussions.
- Ainsi, c’est d’un vampire dont parlait la prophétie ! Je penchais plutôt pour un dragon.
- Au moins sommes nous capables d’identifier les porteurs de ces créatures dorénavant !
- Je suppose que cela explique la rupture de notre lien avec Gracus. Il est dommage que nous ayons également dû nous séparer de Hyrthos, c’était une recrue brillante. Il aurait pu nous être utile.
- Je ne pense pas. Il se serait opposé à ce que nous envisageons. Il a suivi la même éducation que les autres. Vous savez bien que nous utilisons tous les arguments à notre disposition pour les convaincre que les mages ne peuvent pas diriger l’empire. Que cela créerait des soulèvements dans le peuple. Sans cela, nous aurions depuis longtemps été détruits.
- De toute manière, la question ne se pose pas. Il était essentiel à la réalisation de la prophétie. Sans lui, nous n’aurions pas pu identifier l’élu.
- N’y a-t-il aucun risque à laisser une telle créature en liberté ?
- Si vous aviez lu les archives, vous sauriez que leur disparition s’est produite lorsque le dernier Lycan a été capturé ici. Je pense que celui-ci suivra maintenant le destin de ses ancêtres.
- Il serait tout de même sage de rechercher les raisons de sa naissance !
- Cela n’a plus d’importance maintenant. Concentrons-nous sur l’enfant. Ayez foi en la prophétie.
 
 
     


Chapitres : 1 2 3  
par Myrtion Plum'mol
le 19/10/2005
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