Les articulations rouillées,
Il ne peut plus se déplacer.
Seul, dans un crâne dépouillé,
Tourne son esprit surclassé
Par les cerveaux positroniques
Qui composent ses descendants,
Remplaçant ses circuits classiques,
Les rendant bien plus performants.
Pourtant, on ne l’a pas jeté,
Mais exposé dans un musée
Et devant cette étrangeté
Passent des jeunes amusés
Et leurs parents la regardant
Avec un brin de nostalgie.
Un reste de leurs jeux d’enfants
Ici sur un piédestal gît.
Son seul refuge est sa mémoire,
Dans laquelle tout s’accumule.
Les images bien dérisoires,
Des robots, de ceux qu’ils émulent,
Les flots de paroles ridicules,
Présentant ses heures de gloire,
Et les pensées souvent très noires
De tous ces êtres qui simulent.
Il sent que personne ne sait,
Qu’il joue de son don nouveau né
Issu de l’amas calciné
De fils qui se sont enlacés.
Il ne lui reste plus qu’une heure
Avant qu’on n’enlève son cœur
Ne pouvant ici conserver
Un exemplaire endommagé.
Le savant que l’on a chargé
De le débrancher a rêvé
Pendant des jours de découvrir
De quoi tarir tous ses soupirs.
Mais son esprit manipulé
Bâillonne sa curiosité
Et le force contre son gré
À exaucer le voeu de paix.