Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Type de document : Poesie
Longtemps j'ai erré, ombre parmi les ombres Moi, Wirilómë, la Tisseuse de Pénombres Des terres desséchées de Dor Daedeloth À Nan Dungortheb sous l'Ered Gorgoroth J'ai tissé mes toiles dans cette vallée honnie Corrompant les lumières du jour et de la nuit Et tous fuyaient, évitaient cette région N'osant, même en plein jour, en prononcer le nom Ainsi, dans ma solitude j'étais enfermée Occupant tout mon temps à ruminer mes pensées Pensées de haines, de mort, rêvant de décombres Et voulant porter au monde des destructions sans nombre Recouvrir Arda d'un épais suaire noir Et ne laisser aux Hommes comme aux Elfes que le désespoir… Telles étaient mes pensées dans ma ténébreuse vallée A jamais seule là où nul n'osait s'aventurer Voulant dominer le monde et le voir périr Mais sans pouvoir y arriver, il ne me restait qu'à mourir… Lors, dans ces contrées ombreuses, un changement se produisit Et sous les toiles glacées apparut un rayon de vie Au fond d'une combe, cachée dans ma tanière Je sentis à travers mes pièges approcher la lumière Un être venait de franchir mes barrières impénétrables Alors que je croyais que personne n'en serait capable Pour la première fois la peur trouva mon cœur d'araignée Peur de celui qui, contre tout espoir, lentement s'avançait Enfin, il fut face à moi, auréolé de lumière argentée Et soudain je ne pus m'empêcher de le regarder Alors mes enchantements tombèrent en poussière Sur mon corps de ténèbres tomba la lumière Mes yeux croisèrent les siens et la vie coula en moi Je fus purifiée et la haine me laissa Sa main m'effleura et je quittais mon corps d'araignée J'abandonnais ma laideur et trouvais la beauté… Mais qui était-il, lui qui pouvait accomplir cela ? Cet être sublime était-il un Maia, un Vala ? Non, cet être n'était qu'un Elfe au cœur pur Qui avait osé traverser mon domaine d'un pas sûr Sûr que rien ne pouvait lui arriver Sûr qu'il pouvait par son amour me sauver Il me prit par la main et me fit découvrir le monde Nous vîmes les cités des Elfes, Gondolin et Nargothrond Des lieux enchantés comme Cirith Ninniach Et la forêt préservée de Taur-im-Duinath Nous allâmes à Cuiviénen, près de la mer d'Helcar Un fier vaisseau nous amena à la baie d'Eldamar Et aujourd'hui, par son amour j'ai gagné ma rédemption Et les jours coulent, paisibles, dans la cité de Tirion Dans ce lieu magnifié par ta présence et libéré de la mort Dans ce pays merveilleux de Valinor……