La communauté du fantastique et de la science-fiction  







 
Titre, Auteur, Acteur... 

Mercredi, jour du cinéma   -   Fête Médiévale de Sougné-Remouchamps   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Les elfes noirs sont de retour !   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Convention Arcanienne : Le Reportage !   -   Grand concours de dessin   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Mercredi, jour du cinéma   -   Mercredi, jour du cinéma

Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Science Fiction
Type de document : Conte

     
 

Dans la forêt, il faisait noir.  Si noir qu’il ne pouvait guère voir plus de deux mètres devant lui. Il ne pouvait rien voir et il trébuchait sur des racines et des pierres encore et encore.  La dernière fois qu’il était tombé, il s’était entaillé le front et maintenant le sang coulait dans ses yeux.  Il ne pouvait rien voir, mais malgré ça, il continuait de courir.  Il courait pour sa vie. Il percuta un arbre de plein fouet et il tomba en arrière.  Etendu dans la boue, il commença à perdre espoir.  Ses poursuivants étaient trop près, et sa force s’épuisait trop rapidement.  Grimaçant de douleur, il se releva et repartit.  Il commença à comprendre qu’il ne pourrait pas s’échapper, mais sa peur l’empêchait de s’arrêter.
 
Son souffle venait en halètements irréguliers. Il avait l’impression que ses poumons étaient en feu.  Avec ses dernières réserves de force, il traversa un ruisseau.  L’eau était glacée et après quelques minutes, il perdit toute sensation dans ses jambes et ses pieds.  Les muscles bloqués, il tomba une fois de plus.  La douleur fut si extrême, il s’était presque évanoui.  Pendant quelques instants, il pensa à se cacher.  Mais non, s’il devait mourir, il allait le faire comme un homme : debout, l’épée à la  main.  Juste devant lui, il vit de la lumière, avec beaucoup d’effort, il se leva et chancela dans une clairière, ou il s’écroula.  Il ne put aller plus loin, donc il s’arrêta pour attendre la fin.  Il ne pouvait toujours pas croire que sa soirée ait tourné aussi mal…
 
Il avait passé le début de la soirée à la taverne comme d’habitude.  Il avait joué aux cartes avec ses amis, et puis il avait raconté quelques histoires pour gagner son pain.  Oui, il était  conteur, le plus renommé dans tout le pays et tout le monde l’aimait bien.  Après avoir fini ses contes, il avait eu envie de sortir de la taverne pour prendre un peu l’air et regarder les étoiles.  Il aurait dû y rester.  Il traversa le parc, perdu dans ses pensées. Avec amertume, il se souvint qu’il était en train de chercher un sujet pour un nouveau conte, et comment, par hasard, il en avait trouvé un bon.  « C’est dommage que je ne vais jamais pouvoir le raconter », chuchotait-t-il à la pleine lune qui baignait la clairière dans une lumière blanche et froide.  C’est vraiment injuste qu’il meure pour un crime qu’il n’avait pas commis, pensa-t-il.  Malgré ses douleurs et son chagrin, il réussit un sourire ironique.  « C’est vrai » il se dit, « mais, tu es loin d’être un saint ! »  Il était un barde ; voleur, tricheur, séducteur, il avait vécu avec passion sans se faire de soucis pour les lois qu’il trouva bien contraignantes.  Peut-être après tout, c’était la fin qui convenait à un tel homme. 
 
Quelque part le cri strident d’une effraie perça le silence, exactement comme avant, dans le parc.  Mais dans le parc, le cri ne venait pas d’un oiseau, mais d’une femme.  C’était un cri vraiment affreux qui s’était éteint dans un gargouillement mouillé.  Il courut vers la source du cri, et il vit la forme d’un homme penché au dessus d’une femme couchée dans l’herbe.  Il dégaina son épée en criant, et l’assaillant se leva et s’éclipsa dans les ténèbres.  Arrivant à l’endroit de l’attaque, il aperçut une dame habillée en  bleu étendue sur son ventre dans une mare de sang.  Elle tenait une dague couverte de sang ; le sien ou celui de son adversaire, il n’avait pas la moindre idée.  Elle avait des blessures partout, la bataille fut vraiment acharnée.  Il s’agenouilla pour la regarder de plus près.  La peau claire et la chevelure sombre de la dame lui semblèrent familières.  Avec un pressentiment d’angoisse, il l’avait prise dans ses bras pour la retourner.  Avec effroi, il reconnut le visage de Fleur Sauvage.  Il avait essayé de la réveiller, mais c’était trop tard.  Fleur était morte.  Regardant alentour, le conteur vit le fidèle compagnon de Fleur. 
La panthère gisait non loin d’elle, avec une blessure mortelle à la poitrine.  Le cœur brisé et les larmes aux yeux, il tenait son corps près de lui.  Même dans la mort, elle était si belle…
 
Il ne se souvint pas combien de temps il était resté comme ça. Cela lui avait semblé une éternité, mais en réalité, ce n’était que quelques minutes avant l’arrivée des autres et le commencement de sa fuite.  Les hommes de la garnison étaient arrivés en premier.  Ils devaient patrouiller dans les environs.  Ils ont vu la femme apparemment morte et le conteur couvert de son sang.  Sans réfléchir, ils se précipitèrent vers lui avec des hurlements de « Assassin ! » et «  Arrêtez-le ».  Terrifié, il avait pris la fuite, sans se rendre compte que  pour les soldats, c’était une admission de sa culpabilité.  Sa seule pensée était de s’échapper.  Il courut à travers la forêt, ses poursuivants derrière lui.
 
Maintenant, dans cette clairière, extenué, désespéré, il attendait.  Regardant la forêt, il aperçut les lueurs des torches parmi les arbres, et entendit les pas des soldats marchant dans les sous-bois.  Ils arrivaient.  Quelques minutes plus tard, les soldats entrèrent dans la clairière armes à la main et voyant leur proie, ils l’encerclèrent et se préparèrent à le capturer.  Le conteur resta immobile, sachant que dans sa présente condition, il n’avait aucune chance contre une vingtaine des soldats.  En dehors du cercle, une voix s’éleva. « Restez où vous êtes, il est à moi ! »  C’était exactement ce que le conteur craignait.  Les soldats laissèrent passer la personne à qui appartenait la voix : Methos, le Capitaine de la Garde, et l’amant de Fleur Sauvage. 
 
Methos était grand et terrible dans sa colère.  Aveuglé par son chagrin, il ne pensait qu’à se venger de la mort de sa bien-aimée. Il avait une lumière dans ses yeux, plus brillante que celle de la lune reflétée sur son armure de plaques et sa grande épée.  Voyant sa mort dans les yeux du capitaine, le conteur essaya de le raisonner.
Methos, tu sais que je n’aurais jamais pu…-
 
« Tais toi ! », hurla le capitaine.  « Je ne suis pas venu pour entendre tes gémissements, conteur !  Je suis venu pour te tuer !  Maintenant, défends-toi sinon je vais t’exécuter comme le lâche que tu es ! »
 
Methos avança sur le conteur avec un coup enragé de son épée à deux mains.  Il évita le coup mais perdit son équilibre et  tomba.  Maîtrisant sa colère, Methos décida de le faire souffrir  avant de l’achever.  Attrapant son pitoyable ennemi par les cheveux, il l’a remit sur ses pieds.
Methos, je n’ai pas
 
« Je t’ai dit de te taire ! », il lui donna un grand coup de poing à la bouche qui le fracassa sur le sol, crachant le sang et les dents.  Avec un dernier coup d’adrénaline, il s’est remit debout et lança un coup désespéré de sa rapière à la tête du capitaine.  Methos para le coup facilement avec sa grande épée et la rapière éclata en morceaux.  Le capitaine lança son propre coup d’épée et lui trancha les deux cuisses.  Avec un cri de douleur, le conteur tomba sur ses genoux, et Methos l’attrapa encore par les cheveux, plaçant la pointe de son épée contre sa poitrine.
Methos, mon ami, je te supplie, écoute…
« Tu n’es pas mon ami ! Tu l’as tuée ! Je ne veux plus rien entendre !  Maintenant, tu vas mourir. »
Quand l’épée de Methos transperça son corps, il n’avait même pas crié. Il eut la bouche pleine de sang et sa vision devint floue. Le capitaine retira son épée et le corps du conteur s’effondra dans l’herbe.
 
A cet instant, il y eut un éclat de lumière et un bruit de tonnerre. Dans un nuage de fumée, Pyrithe et Faith InTruth sont apparus.  Plaçant sa main sur l’épaule de Methos, le sorcier lui dit : «Arrête mon ami.  Je ne pense pas que c’était lui, l’assaillant.  De plus, Fleur est vivante !  Faith l’a guérie. » Bouleversé par cette nouvelle, le capitaine laissa tomber son épée et sa colère fut remplacée par le regret.  Voyant le conteur gisant dans l’herbe, FaithInTruth courut à lui.  Elle s’agenouilla à côté du corps brisé du conteur et commença à prier Palidor de le  guérir, mais sans effet.  Pleurant, elle insista, mais le conteur leva sa main pour l’arrêter.
C’est trop tard pour moi, Dame Faith.  Ne pleure pas.  Amène Methos ici, s’il te plait chuchota-t-il. 
Blême et plein de remords, le capitaine s’agenouilla.  Il commença à dire quelque chose mais le conteur le prit par la main.  Methos, écoute, je n’ai pas beaucoup de temps… je ne t’en veux pas… à ta place, j’aurais fait pareil…je l’aimais aussi mais personne ne le savait, et maintenant, c’est trop tard. Il eut de plus en plus de mal à respirer, il ne voyait plus rien. Methos ?  Je sais qui l’a tué.  C’était Ae… Aelt… ahhh… Avec sa dernière halètement, il chuchotait, c’était Aelthan
« Mais attend ! Elle n’est pas morte !  Faith l’a sauvé ! »,  cria Methos.
 
Mais le conteur n’entendit plus rien. Sa main glissa des genoux de Methos et ainsi s’acheva le dernier conte d’Alanon, Barde d’Yria.

 
     

 
par Alanon
le 24/09/2005
page visitée 363 fois.