Chapitre VII
Par un jour de tourmente
Sanctuaire de fraîcheur
L’île au Dolmen est le cœur des Vaux Gris
Havre de paix et de quiétude
Troublé ce jour par les caprices du ciel.
Aileen
Une petite douleur à l’oreille éveilla Aileen. Aubegrise lui mordillait le lobe et chatouillait de ses moustaches la joue de la jeune femme. Grognant, elle prit la chatte et la serra dans ses bras, enfouissant son nez dans son pelage. Puis elle la posa près d’elle sur le lit et s’assit, s’étirant au passage. En dessous longs, elle se dirigea vers la porte après avoir enfilé ses chaussons fourrés. Elle sortit dans le couloir et se retrouva nez à nez avec une meschine, la bouche grande ouverte par un bâillement. Ça commence tôt les humiliations publiques…
Après un « bon jour » de circonstance, elle entra dans la chambre de sa sœur. Celle-ci était entortillée dans les draps, les couvertures et le dessus de lit.
Espiègle, Aileen sauta dans le lit pour secouer Sybille endormie. Elle récolta de nombreuses protestations.
- "Hey ! Ce n’est pas moi qui ai abandonné ma sœur hier soir, alors qu’elles devaient manger ensemble.
- Oui mais si je m’étais réveillée avant toi, je ne serais pas allée te sauter dessus dans ton lit !" cria-t-elle.
- "C’est moins sûr ça !"
Aileen prit un oreiller et le balança à la tête de Sybille, qui en fit autant en contre attaquant avec le traversin. C’est durant cette bataille en sœurs qu’entra Clémence, coiffée d’une natte ficelée de rubans rouges et noirs et parée d’une simple robe ocre, aux manches longues. Elle souriait devant cette scène guère noble.
"Excuse moi, Clémence, je me prépare, là, tout de suite", fit Aileen gênée. "Toi aussi Sybille, on va en ville ce matin, voir l’île au Dolmen."
Elle sauta du lit puis courut à sa chambre. Elle sortit de la malle une robe de lin noir, des bas de laine et ses bottes. Elle se coiffa en vitesse et fit tenir son chignon avec trois peignes à deux dents. Elle mâcha de la menthe et se rinça la bouche puis passa un linge mouillé sur son visage, pour enlever les restes de la nuit. Puis elle sortit pour retrouver Sybille, prête, et Clémence. Elles traversèrent les couloirs afin de rejoindre la grande entrée, descendirent les deux étages et passèrent la grande porte.
"J’ai demandé une carriole, avec un panier de nourriture, comme ça, on mangera sur l’île", expliqua Clémence.
Effectivement, un attelage d’un cheval robuste attendait devant l’entrée. Le ciel était lourd et menaçant, l’orage de la veille s’était juste calmé ; mauvaise journée pour faire une promenade. Toutes les trois montèrent dans le confortable chariot et le conducteur fit avancer la bête. Les pavés faisaient sauter les roues dans la cour, jusqu’au chemin de terre qui menait à la ville. Aileen regardait comme Sybille par la fenêtre les toits et les cheminés formant façade derrière laquelle s’étalaient l’île et le lac. Plus on s’approchaient du centre de la ville plus la route était fréquentée et l’attelage avait beaucoup de mal à circuler. Clémence fit alors arrêter le cocher et les trois filles descendirent dans la foule, anormalement dense.
Clémence fit signe à Aileen en direction d’une petite ruelle sombre, et elles s’y engagèrent pour tomber quelques minutes plus tard sur la promenade et le port.
- "Je ne comprends pas, d’habitude, le centre est calme à cette heure-ci", s’interrogea Clémence.
- "Tu connais plutôt bien la ville pour une châtelaine", s’exclama Aileen.
- "Je n’ai guère de loisir, alors je passe souvent mes journées en ville, voir les échoppes et les étals. Ca m’occupe. Je suis nostalgique des grands espaces de ma Norterr, et depuis trois ans que je suis là, je ne m’amuse pas souvent. Et puis ici… Oh ! Regardez ça !"
Dans le port, une foule s’était amassée devant le spectacle qu’offrait une galère en flamme. Des débris de bois flottaient sur les eaux du lac ou étaient éparpillés sur la chaussée de la promenade. L’épave était au trois quart immergée. Des hommes en barques recueillaient les corps d’hommes aux tabards couleurs étrangères.
"Un attentat"… lâcha Aileen. "C’est un attentat !"
Elle se tourna vers Clémence, qui avait les mâchoires serrées. Sybille avança d’elle-même pour en voir plus, mais Aileen la rejoint avant qu’elle ne voit les cadavres brûlés ou démembrés. Un homme d’arme venant du lieu du drame passa à côté de Clémence qui l’interpella :
- "Dites moi si le légat du pontife à survécu à l’attentat ?
- Qui vous… heu j’y… Oui il a survécu. Il n’était pas dans cette galère, on l’avait prévenu du risque alors il a prit le bac, parmi le commun. Maintenant je dois y aller, Dame, sinon mon capitaine va m’avoir." Le jeune homme salua puis courut vers la caserne à l’autre bout de la promenade.
- "Comment savais-tu qu’ils venaient d’Entreaux ?" demanda Aileen, curieuse.
- "Je suis de Norterr je te rappelle. Mon peuple est en guerre contre les armées du pontife. Une sphère couronnée sur fond d’azur, je ne connais que trop bien ces armes vois-tu." Puis sur un autre ton, moins grave : "Je serais d’avis d’emmener ta sœur ailleurs non ? On devait aller voir le Dolmen.
- Nous te suivons alors."
Aileen aurait pu trouver le chemin toute seule. L’île et le pont qui y menaient étaient visibles depuis les quais Est. Le paradis semblait si proche : les branches des saules pleureurs caressaient doucement la surface de l’eau au gré du vent, et de leurs racines à leurs faîtes, ils formaient un enclos de verdure protégeant le lieu saint qui se reflétait dans le lac. Elles traversèrent le pont aux quatre arches, près desquelles poussaient ajonc et roseaux, ne rencontrant que peu de monde alors qu’à quelques centaines de mètres, la foule devant l’épave se faisait plus dense et plus bruyante. Qu’est ce que cela augure pour la naissance de l’héritier ?
L’île n’était pas bien vaste, et le dolmen prenait un espace considérable dans le jardin entretenu, aux couleurs passées de l’automne. Trois piliers de taille d’homme soutenaient le plateau du mégalithe. Aileen et Sybille firent comme la plupart des visiteurs, elles tournèrent autour pour distinguer le visage si sage d’Aryon, l’ange du Savoir et des Ecrits, le regard dur et le port guerrier de Valsyon, protecteur des Armes, Guerrier Céleste. Enfin apparut la Mère, la Juste, l’Amante, celle que l’on invoque si souvent : Alvya, à l’origine de toute chose.
Sans prévenir, une bourrasque agita les ramures et souleva les robes et les capes. L’orage se réveillait : le tonnerre gronda dans les cieux illuminés par la foudre. Le vent redoubla de fureur, froid, mordant, il venait du Nord celui là, des monts enneigés d’Arban. Le premier vent du Nord… L’hiver arrivait, bientôt il serait sur les Vaux Gris. Les coups de vent décoiffèrent Aileen et un de ses peignes tomba. Elle se baissa pour le ramasser, à temps, car juste au dessus de sa tête, une tourterelle s’écrasa sur le plateau du Dolmen. En se relevant, elle vit Clémence, toute aussi décoiffée.
- "Je crois qu’il va falloir rentrer", cria-t-elle pour couvrir le bruit du vent. "La pluie commence à tomber.
- Tu as vu ça ? L’oiseau emporté par le vent ?
- Oui ! Il a du se tuer !
- Comment ? Tu as dit quoi ?
- Mort !" s’égosilla-t-elle. "Il doit être mort !"
Sybille à ce moment hurla, comme de terreur, et tomba à la renverse. Aileen la prit dans ses bras ; elle était tremblante et fixait intensément Clémence, en bredouillant quelques mots. "Allons vient Sybille, fit Aileen, on va rentrer."
Elles se levèrent et suivirent les autres personnes qui préféraient se mettre à l’abri. Tous luttaient contre le vent et la pluie devint déluge alors que la foudre s’écrasait dans les faubourgs du Havre. Les eaux du lac s’éclataient contre les quais et les piles du pont. Il n’y avait plus personne sur la promenade, plus personne devant l’épave qui semblait s’être encore enfoncée un peu plus. Les gens rentraient chez eux ou s’abritaient dans les tavernes, les échoppes. Clémence prit le chemin du château, et les deux jeunes Fléseau la suivirent.
Maintenant elles couraient, malgré le poids des vêtements trempés et les bourrasques toujours plus vives. Un chariot montant au château les dépassa puis s’arrêta quelques mètres plus loin. Le conducteur descendit pour aider les jeunes filles. "Venez, venez !". Elles entrèrent soulagées dans le chariot. L’homme au secours providentiel était seul dans la cabine et elles s’assirent en face de lui, leurs habits se dégorgeant sur les étoffes et le plancher.
Après avoir retiré quelques mèches de devant ses yeux, Aileen dévisagea l’homme. Il devait avoir la quarantaine, les cheveux encore sombres malgré son âge, piqués ça et là par quelques cheveux blancs. Son regard était aimable, mais certaines rides attestées d’un tempérament dur, d’un forte volonté. Il était plutôt maigre, élancé sous ses chauds et riches habits. Assurément un homme de très haute noblesse. D’une voix grave et volontaire, avec un accent du Nord : "Mesdemoiselles, je suis heureux d’avoir pu vous aider. Je me présente, je suis Keranel de Montpuissant, envoyé par notre Sérénissime Pontife Suriel IV à la cour de votre Duc." Les gouttes tombant sur le toit rendaient la conversation difficile.
Aileen regarda Clémence qui détourna le regard.
- "Alors vous venez d’Entreaux !" lâcha Sybille, apparemment remise de ses émotions. "Le plus belle ville du monde…
- Oui, la plus belle ville du monde, celle vers qui tous les cœurs se tournent", répondit le légat, souriant.
- "Veuillez excuser ma sœur, monseigneur. Je suis Aileen Fléseau, et ma sœur Sybille, nous venons de Valgrive. Et voici…
- Laisse Aileen", exigea Clémence. "Son éminence Kéranel sait très bien qui je suis. Elle venait régulièrement à Dambre en ambassade.
- Mais votre père ne voulait jamais me recevoir, Clémence TerrMador."
L’attelage s’arrêtant devant la porte d’entrée, Clémence sortit aussitôt du chariot et entra. Quatre domestiques arrivèrent avec un dais de toile épaisse pour protéger le légat de la pluie, toujours plus forte, mais en vain, car le vent secouait sans cesse le dais. De Montpuissant descendit et passa la porte d’entrée. Sybille et Aileen n’étaient pas mécontentes d’être à l’abri de la tempête. Elles remercièrent le légat pour son aide et allaient monter à leur chambre quand Abaell apparut, seule.
"Et bien dis-moi Aileen, tu essaies de mettre en valeur le peu de forme que tu as ?"
En effet, les tissus collés à sa peau épousaient ses petites formes d’adolescente.
"Ah d’ailleurs", continua Abaell en se retournant, "votre grand-mère est très mécontente de ne pas vous avoir vu depuis la veille. Surtout la morveuse", finit elle en désignant Sybille du menton.
Plantées là, au milieu de la grande entrée, les deux sœurs n’en revenaient pas de tant de véhémence. Sans un mot, elles montèrent à leur chambre. Aileen retrouva sa chambre, identique à celle de Sybille. Elle retira ses bottes et ses vêtements qu’elle posa dans une petite panière d’osier. Elle enfila une toilette ample sur ses dessous de lin, de couleur fauve. "Je ne mettais pas mes formes en valeurs !" Elle se regarda dans un petit miroir. "Pourquoi l’écouterai-je ?" Elle enleva sa robe et sortit de la malle une robe de mère, serrée avec un corsage à lacet. "Voilà de quoi me mettre en valeur, Abaell."
Elle sursauta quand une centaine de bruits sourds et terribles envahit l’atmosphère. Aileen s’approcha de la fenêtre à croisillons. Elle voyait de nombreuses personnes courir dans la cour, se protégeant avec des morceaux de bois, des tissus, de leurs mains même. Un des carreaux du croisillon éclata devant Aileen. Parmi les éclats de verre sur le tapis, un morceau de glace de taille conséquente. "Il grêle !" Après la pluie, le vent et la foudre, les cieux lâche sa glace. Réagissant enfin, elle ouvrit la fenêtre et chercha le volet contre le mur. La pluie la trempa de nouveau et ses beaux cheveux collèrent au visage et aux joues. Après avoir fermé le volet et la fenêtre, elle sortit de la chambre pour aller dans celle de Sybille, afin de faire la même chose.
Sybille était dans ses draps, assise dans le lit.
"Qu’est ce que c’est Aileen ? Ça fait du bruit et ça fait mal !" Elle montra son bras lacéré et sanguinolent. "J’étais près de la fenêtre et elle a explosé à cause de ce glaçon." Aileen vit les débris de verre près de la fenêtre, à moitié brisée. Elle jeta une épaisse couverture sur le verre puis ouvrit la fenêtre pour fermer le volet. Cela fait, elle s’assit près de Sybille pour voir ses plaies quand une chambrière entra dans la pièce.
- "Je… Excusez moi, je venais fermer les volets, la grêle tombe et …
- C’est fait, merci. Dans la chambre suivante aussi. Mais ma sœur s’est coupée, vous ne pourriez pas … ?
- Le vieux Amboise est médecin, il occupe une cellule du donjon. Je peux vous y mener ?
- Oui je vous prie. Je vais mettre une robe, je reviens."
Elle enfila la robe large et des chaussons, puis rejoint Sybille et la chambrière. Ensemble, elles montèrent au quatrième étage puis arrivèrent dans le donjon au centre duquel la grêle et la pluie tombaient, ravageant le jardin plus bas. Là, elles rencontrèrent Erwan, qui courait vers elles. Il ne portait une chemise de lin et aucune arme.
- "Aileen ! Qu’est ce qui est arrivé à Sybille ?
- Ce sont les éclats de verre de la fenêtre. On va voir le médecin et…
- Je dois descendre, les chevaux sont affolés en bas."
Il prit l’escalier en colimaçon d’un des tours, suivit de nombreux hommes. La chambrière montra la cellule d’Amboise, et les deux sœurs entrèrent. Elles trouvèrent un vieil homme courbé, assis sur un tabouret. De profondes rides de tristesses marquaient ses traits. Il se leva et d’une voix chevrotante, comme un sanglot : "Montrez moi son bras voulez vous ? Retirez le linge. Oh, ce n’est rien, quelque coupure, et un morceau de verre à retirer."
Il se tourna vers une sorte de tabernacle et en sortit une petite pince, un flacon d’alcool et deux linges. Devant les yeux embués de Sybille, il chuchota quelques mots d’apaisement. Il retira l’éclat de verre, d’un coup étonnement vif pour son âge, puis humecta un linge d’alcool et le mit en compresse sur les plaies. Aileen vit sa sœur serrer les lèvres. Le médecin retira le linge tâché puis noua l’autre, en guise de pansement. "Tu le garderas deux heures, puis ensuite tu laisseras respirer les plaies."
Il prit un bâton en forme de béquille, trop grand pour lui, et décoré de nombreux affiquets.
- "Je crois que je vais descendre. Notre petite blessée ne doit pas être la seule à avoir souffert des grêlons.
- Merci beaucoup", souffla Aileen.
Moins précipitamment, elles rejoignirent leur chambre après avoir remercier la meschine. Dans la chambre d’Aileen, Sybille s’assit sur le lit et regarda sa sœur sécher ses cheveux et les peigner.
- "Tu sais quand j’ai crié tout à l’heure sur l’île", commença Sybille.
- Oui ?
- Ce n’était pas pour l’oiseau mort, j’en ai déjà vu beaucoup à Valgrive tomber de leur nid. C’était à cause d’un rêve que j’avais fait, il y avait Clémence alors que je ne la connaissais même pas, et l’oiseau sur le Dolmen, et la tempête. Et Clémence disait le mot mort, comme tout à l’heure.
- Tu as du te l’imaginer tout ça, après coup non ?
- Non ! Il y avait même un serpent rouge dans mon rêve.
-Mais il n’y avait pas de serpent sur l’île", rétorqua-t-elle, finissant d’enfiler la robe de sa mère. "Dis, tu veux bien me serrer les lacets derrière, s’il te plait."
Sybille se leva, Aileen prit ses cheveux dans la main, puis les lacets furent noués fortement. Aileen cherchait son souffle, mais se plaça devant le miroir, et lâche ses cheveux. La robe lui allait parfaitement, même si la mode des tissus rayés était dépassée.
- "Alors qu’en penses-tu ? Je suis comment dedans ?
- Tu essaies de plaire à qui, Aileen ?", glissa Sybille.
- "Et bien d’abord à moi-même. Et puis, j’aimerais qu’elle se taise un peu !
- Tu parles d’Abaell ? Moi je n'y fais plus attention. Sauf que si on ne se présente pas devant grand-mère au plus vite, on va se faire punir…
- Oui sans parler de ses réprimandes devant les invités et les domestiques", ajouta Aileen. "Je mets mes bottes et on y va."
Ceci fait, elles se précipitèrent sans beaucoup de dignité vers la chambre de Rose, au premier étage, dans la même aile du logis. La pièce était bien plus grande, derrière la porte massive, bien mieux meublée que celles des deux sœurs. Rose attendait, assise dans une chaire à haut dossier, garnie de coussins pourpres et jaunes. Elle faisait tourner sa rose en or blanc entre ses vieux doigts lorsqu’elle s’aperçut de la présence des deux jeunes filles, alors, son visage s’anima.
"Et alors ! Je vous fais si honte qu’aucune d’entre vous n’est venue me voir hier soir, pour le coucher. Sybille, tu es encore jeune et j’aimerais savoir où tu es !" Elle se tourna alors vers Aileen. "Tu devrais avoir un minimum de bon sens pour surveiller ta sœur et me prévenir que vous alliez à l’île ce matin avec la filleul du Duc. Tu es inconsciente comme ta mère, et égoïste aussi. Imagine ! Je ne savais pas où vous vous trouviez quand l’orage à éclater et je l’ai appris de l’émissaire du pontife, c’est un comble.
Soudainement plus calme, elle se leva de la chaire et se dirigea vers la porte : "Je vous reverrai ce soir, pour la bonne nuit. Je dois assister au déjeuner avec le Duc et l’émissaire, ainsi qu’un envoyer de Thélèmes. Je vous défends de sortir par ce temps". Sur ce, elle sortit, suivie de ses petites filles. Ces dernières regagnèrent leurs chambres.
- "Je vais essayer de trouver Abaell, et de la harceler", dit Aileen. "Tu restes dans ta chambre ?
- Je câlinerai Aubegrise pendant ce temps. On s’est pas beaucoup occupé d’elle depuis notre arrivée."
Elles se quittèrent espiègles, comme si la confrontation avec Rose n’avait pas eu lieu, ni l’incident de l’orage ou l’attentat dans le port.