Oh comme il fait noir et comme il fait sombre Quand vient le soir et qu’alors la nuit tombe Quand les ténèbres viennent noyer tout espoir Sous ce voile obscur si terrible à voir C’est alors que l’on lutte et que l’on se débat Sans pourtant, de terreur, pouvoir faire un seul pas Attirés tout tremblants aux portes de l’enfer Sous un déluge de feu, de sang et de fer Là, emportés dans un infâme tourbillon On découvre l’horreur des hallucinations Ombres grinçantes et tentacules rampants Fantômes hideux et squelettes ricanants Chocs sourds, étouffés, au plus profond des tombeaux Odeur de putréfaction montant des caveaux La mort est partout, souriante, sans merci Autour d’elle flottent des relents de folie Comme des voiles ou des serpents sinueux Se glissant dans l’esprit, ignorés, insidieux Présentant, tel une pomme, le désespoir Alors l’âme torturée gémit dans le noir Puis elle crie, hurle, tremble et se débat Appelle à l’aide puis fatiguée se noie. Alors les portes de l’enfer se referment Ne laissant au monde qu’un cadavre blême Exsangue, la face ravagée par la peur Aux yeux à jamais écarquillés de terreur Mais pourtant ce corps n’est pas totalement mort Car sous son crâne son esprit jamais ne dort Il entend toujours le cri des âmes damnées Des terreurs hurlantes, des monstres innomés Mais si par hasard une main secourable Se tendait, sous des hospices favorables Avec beaucoup de chance, de par sa bonté Peut-être pourrait-elle cette âme sauver L’arracher aux ténèbres, lui donner la vie Lui faire ouvrir les yeux et chasser la nuit…