Telle Orphée charmant la nature magnifique
Avec son émouvante musique
Ma lyre accompagne ma voix
Partout où me mènent mes pas.
Mais bien souvent j'erre
Sans but, tel un spectre
Dans de sombres lieux où je me terre
loin des oreilles indiscrètes
Orphée avait pour auditoire
Les arbres majestueux
Les femmes au regard langoureux
Son image gravée dans leur mémoire
Les fleurs lui offraient leurs plus belles senteurs
Et pour lui la nature se parait de merveilleuses couleurs
Les oiseaux se taisaient pour mieux l'écouter
Et le vent n'osait plus souffler
Son chant fascinait même les naïades
Et craintives dryades
Qui se cachaient pour l'entendre
Et les ravissaient de sa voix tendre
Mais je n'ai pour entendre mes douloureux aveux
Que des cimetières, tombes et mausolées
Dont les occupants sont des cadavres décharnés
Moi-même l'étant presque autant qu'eux
Je découvre les épitaphes avec tristesse
Preuve d’une profonde détresse
Et de l’amour qu’on portait au défunt
Tant regretté par les siens
Je suis seul moi, et personne n’a gravé
De mots aimants sur mon tombeau ouvragé
Orné par de superbes motifs finement travaillé
Et où je trouve le repos une fois le soleil levé
Tels de sinistres rapaces, avides et sans pitié
La souffrance, la douleur se partagent mon cœur déchiré
Devenu en lambeaux à force d’être torturé
Par le souvenir de mes amours décomposées