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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Type de document : Essai

     
 

C’était un matin de printemps, Korim était parti pour une cérémonie en l’honneur de Kroubak, le dieu de la mine locale, lorsque sur son chemin, il découvrit le corps frêle d’une jeune enfant naine. Il la pris dans ses bras et couru jusqu’à l’herboriste du village. Celui-ci le fit vite entrer dans sa bâtisse et le fit sortir tout aussi rapidement. Korim attendait sur la place du village en faisant les cent pas. Tout le village s’était réuni pour savoir ce qu’il se passait, ce n’était pas tous les jours que quelque chose comme ceci arrivait dans la calme petite bourgade. Korim leur expliqua toute l’affaire, qu’il se promenait entre les magnifiques stalagmites autour du Temple de Kroubak, la divinité locale, et qu'il avait trouvé la fille du forgeron dans une cavité sombre. Il était en train de rechercher l’inspiration pour son prochain sermon et il regardait la beauté des murs de la caverne avec toutes leurs pierres reflétant la lumière de sa torche, quand il trébucha sur quelque chose et qu’il entendit un gémissement. Il pensait avoir ennuyé un ours, mais se trouva face à la petite fille qui baignait dans son sang. Il essaya alors de stopper son hémorragie avec des morceaux de sa tunique et ensuite il l’amena sur sa brouette et la tira jusque chez l’herboriste…

Quelques heures plus tard, le guérisseur sortit de sa maison, chaque habitant avait hâte de savoir de quoi il en retournait…
- La petite est sauvée ! Elle a certainement  été attaquée par un monstre, vu les blessures de griffes et de dents qu’elle avait, mais la bête a dû fuir en entendant Korim approcher, et c’est cela qui a sauvé l’enfant.
- Peut-on aller la voir ?, demandèrent ses parents .
- Bien entendu, allez-y.

Le bourgmestre décida d’organiser un groupe de courageux nains pour découvrir la bête et la tuer, afin qu’elle ne puisse plus sévir. Korim fut choisi pour être à la tête du groupe, car il était le prêtre de la communauté minière et il avait la sagesse nécessaire pour guider cette compagnie. Ensuite on choisit le fils du forgeron, Garilak, qui s’était proposé, avide de pouvoir venger sa sœur. Barlak, était celui qui connaissait tous les recoins de la mine et le meilleur mineur des environs. Fralan enfin représentait l’ordre et la justice et il était celui qui se battait le mieux avec une hache, et tout le monde savait que ce voyage allait nécessiter quelques bonnes bagarres en plus de quelques nuits dans les mines hostiles, afin de trouver le mangeur de fillette. Ce dernier se rendrait compte très rapidement qu’il ne fallait pas se frotter aux nains, et que les mots pardon et pitié ne faisait pas partie de leur vocabulaire. Le bourgmestre invita le groupe d’aventuriers à faire les derniers préparatifs avant leur départ. 
Le lendemain matin, le village allait faire ses adieux aux futurs héros, quand tout d’un coup une mélodie merveilleuse se fit entendre, une chanson enjouée, un ode au pâté.  Une fumée s’éleva sans les airs et une douce odeur de charbon emplit les narines des nains. Une forme sortit de cette fumée dans une succession de sauts époustouflants. C’est sous des applaudissements et des  acclamations que se leva cette forme enroulée sur elle-même.

- Tada ! C’est moi Krishpa ! Je viens pour vous aider. Je ne manquerai pas la chance d’être aux premières loges d’une grande épopée et de pouvoir ainsi écrire tous vos exploits.
- Ok ! C’est bon tu peux venir Krishpa, dit Korim. A la rigueur tu réussiras peut-être à faire mourir de rire le monstre… Mais en attendant reste derrière nous et s’il te plait ne nous mets pas dans l’embarras comme tout le temps.
- Merci mes amis, je vous promets de ne pas vous gêner.

Et c’est ainsi que le groupe était prêt au départ. Ils firent leurs adieux au village et se dirigèrent vers le temple de Kroubak, sur les traces de la créature.
Après une bonne heure de marche, ils arrivèrent au temple. "Montrez-nous où vous avez découvert le corps Korim, que l’on puisse essayer de retrouver les traces de la créature", dit Fralan. Korim les dirigea donc vers la caverne. "C’est par là !" Arrivés sur les lieux du crime, Fralan et Barlak regardèrent au sol pour essayer de trouver les marques qu’aurait pu laisser la bête. Après quelques minutes ils trouvèrent des traces de pas sur le sol.

- Vu la taille de ces pieds, c’était assez gros ! Mes amis je crois que nous avons affaire à un troll. Mais c’est assez étonnant, nos ancêtres ont éradiqué tous les trolls de la contrée et nous avons vécu tranquilles durant des années. Mieux vaut s’en charger tout de suite, afin qu’il ne trouve pas de femelle, et qu’il ne fasse pas de rejetons…
- Beuuuuarrrkkk splash !, Krishpa vomissait ses tripes, excusez-moi les gars, mais rien que de penser à l’amour entre trolls, ça me donne des haut-le-cœur !
- Ah non mais quel crétin ! Tu étais obligé de vomir sur les traces !? Maintenant c’est fichu, va falloir chercher plus loin.
- C’est bon Barlak faut pas s’exciter comme ça, moi je choisit pas où je vomis, ça vient comme ça c’est tout ! Et puis d’abord ne me traite p…
- Héiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrggggggggggggh !, un cri surgit de l’une des parties du tunnel.
- Tiens écoute, tu n'entends pas le troll hurler ? Il est par là …
- Vu la puissance du cri et la densité de l’air dans ces cavernes, le troll doit être à quelques heures et il entame son chant nuptial. Et toi si tu te mets à revomir tu vas tâter de mon marteau… , dit Barlak à Krishpa penché, prêt à régurgiter.
- Chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhut ! Arrêtez vos gamineries, c’est pas ainsi qu’on arrivera à quelque chose, dit le sage Korim.
- Hiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaouuuuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrk !
- Et voilà la femelle qui lui réponds, doit y avoir un nid là-bas… », dit Fralan.
- J’vais m’les faire ! Baston !, cria Garilak en courant comme un dératé vers les brames monstrueux des trolls.
- Mais attends espèce d’idiot ! J’ai des nains ou des orcs avec moi là ?,Korim commençait à s’énerver. Faut surtout pas énerver ces bestioles là dans leur ronde nuptiale, sinon ils deviennent complètement fous, de vrais berserks, et là on peut y aller à cinquante, on se fera massacrer quand même. Faut y aller plus intelligemment, et les prendre par surprise, dans leur sommeil, là on s’en sortira sans bobos.
- Si je me souviens bien, les trolls offrent à manger à leur chère et tendre une fillette bien dodue pour pouvoir conquérir leur cœur, c’est sûrement pour ça que celui-ci a essayé de prendre la petite, rajouta Barlak, et à mon avis il devait être affamé, s’il a entamé le casse-croûte de sa vilaine, car elles n’aiment pas trop récupérer les miettes, ces femelles-là. Ben ouais c’est comme d’offrir un tonneau de bière entamé à sa belle, seul un rustre peut agir ainsi. Et le rustre généralement ne refait pas la même erreur deux fois de suite croyez-moi…

Tout le monde regardait bizarrement Barlak.

- Ben quoi c’est ce qu’un copain m’a dit. Bon on y va, ce n'est pas en me regardant qu’on va les capturer !
- Ouais c’est ça… , répondit Krishpa en pouffant de rire.
- LUI IL VA SE MANGER UN MARTEAU ÇA VA PAS TRAÎNER !!!
- Mais arrête ! Garde tes forces pour les trucs verts !, dit Korim en lui stoppant  le bras juste au dessus du crâne du bouffon. C’est quoi cette bande de mous du bulbe que je me traîne moi ? De vrais boulets ! Et arrêtez de vous mettre sur la tronche, sinon j’en prends un pour taper sur l’autre ! Il leur fit les gros yeux. Serrez vous la main et dites vous quelque chose de gentil. ET QUE ÇA SAUTE !
- Ok ok ! répondirent-ils à l’unisson.

       Après quelques heures pour trouver des excuses et des trucs gentils à dire, la bande de bougons se mit en marche vers le couple vert et puant, mangeur de fillettes, guidés et bercés par le beau chant d’amour des trolls.

- Ben au moins y en a qui s’aiment et qui ne se gênent pas pour nous en faire profiter. C’est vraiment crade !, ronchonnait Garilak qui avait été obligé de dire des compliments aux autres, alors qu’il n’avait pas participer à la dispute.
- C’est pour renforcer la cohésion de groupe ! », avait rétorqué Korim. J’t’en ficherai de la cohésion, moi ! Un truc de gonzesse ça. Ou pire, d’elfe !
- Qu’est-ce tu dis Garilak ? On ne t’entend pas ?,demanda Korim.
- Non rien, je faisais l’éloge de ces magnifiques parois…
- Ouais d’accord …

Le voyage se continua dans le calme. Mais plus ils s’approchaient plus les hurlements d’amour s’amplifiaient.

- On n’est plus très loin, je crois qu’on devrait mettre notre piège en place, dit Fralan en arrêtant le groupe. Il nous faut un volontaire pour se déguiser en fillette et attirer le troll . Krishpa tu seras volontaire.
- Quoi ? Pourquoi moi ? On n’a même pas voté !
- Moi je vote pour Krishpa, dit Barlak.
- Ah ben ça m’aurait étonné !
- Ecoute Krishpa, c’est logique, c’est toi qui sais le moins se battre, donc qui sera le moins nécessaire pour tuer les trolls. Et puis t’es le seul à avoir une robe dans ton sac.
- Une robe ? Je n'ai pas de robe, moi.
- Si ! Regardez les gars, il en a une !, dit Garilak en sortant un chiffon rouge à pois blancs du sac du bouffon.
- La preuve ! Le destin t’a choisi courageux nain, commenta Korim, nous raconterons au village tes exploits, tu restera dans nos cœurs pour ce sacrifice et ne t’inquiète pas pour cet acte héroïque c’est sûr , Kroubak te prendra à sa droite et tu atteindras le salut éternel !
- Mais je ne veux pas me faire bouffer moi ! Hmmmmmmpf !

Krishpa essayait de se débattre, alors que les autres le ceinturaient et lui enfilaient la robe. Mais alors qu’ils s’occupaient de leur petites affaires, ils oublièrent vite que…

- Hummmmmm ? Hééééééaiiiiiiiiiiiiiiiirggggggghhhhhhhhh !
- Hiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaouuuuuurk ! Cadeau mariage !
       
Les trolls étaient tombés sur ce tableau fort comique, alors qu’ils étaient partis pour une petite balade. Mais ils ne s’étaient pas arrêtaient pour les regarder, pif !paf ! Trois coups de massue bien placés et voilà les nains assommés.
Lorsqu’ils se réveillèrent enfin, ils étaient fortement ligotés. Des odeurs infectent s’échappaient d’une marmite sur le feu.

- Oh Bravo ! Nous voici invités au banquet du mariage ! Au moins on participera activement à la fête !
- Ton sarcasme Garilak, tu te le gardes pour toi ok !?, dit Korim, laisse-moi réfléchir pour savoir quoi faire pour nous sortir de là.  Après quelques secondes :  ça y est je crois que j’ai trouvé ! Rapprochez-vous.

Les nains rampèrent pour écouter l’idée du prêtre, pendant que les trolls se faisaient des mamours dans un coin de la caverne et ne s’occupaient pas d’eux…

- Alors qu’est-ce que vous en pensez ?
- Ça pourrait marcher, répondit Fralan, de toute façon j’ai rien d’autre qui me vient à l’esprit là tout de suite et vaut mieux se dépêcher, car quand ils en auront marre de s’embrasser, ils entameront les festivités… C’est parti !

Krishpa commença à se tordre dans tous les sens et à faire des pirouettes, des trucs qu’aucun nain doué de raison n’aurait penser possible de faire, mais  il réussit tout de même à se détacher les mains et les pieds. Il sortit ensuite un petit poignard et commença à couper les liens de ses compagnons.
Ensuite ils se dirigèrent tous vers leurs équipements sans faire trop de bruits. Mais de toute façon, ces idiots de trolls ne les auraient même pas entendus s’ils avaient tapé sur leurs armures comme sur des tambours, vu le vacarme dégoûtant qu’ils faisaient par leurs grognements et leurs embrassades à pleine dent. D’ailleurs, Garilak s’était vautré lamentablement sur les sacs, mais cela n’avait entraîné aucune réaction de le part des amoureux transis qui n’étaient qu’à quelques dizaines de mètres de là…
Ils rassemblèrent leurs traits d’arbalètes, une bonne trentaine, et Korim se pencha au dessus et entonna une invocation à son dieu, Kroublak. Celui-ci bénit les traits et les rendit brûlantes et protégea les nains contre les blessures de feu. Ils armèrent tous leurs arbalètes à répétition, visèrent les trolls et Garilak hurla : "Crevez pourritures ! Ça c’est pour ma sœur et ça pour mes oreilles et ça pour mes yeux ! Je vous souhaite des années de souffrance pour votre union en enfer !"
"Tadadadadadadadadadadadadada !" faisaient les petites machines de guerre, les traits brûlants sifflaient et criblaient le couple de trolls pris par surprise. Ils étaient sévèrement blessés et hurlaient de douleur à cause des pointes de métal chauffées à blancs qui s’enfonçaient dans leurs chairs. A court de munition les nains sortirent leurs haches et marteaux de guerre pour achever les monstres qui étaient sans défense face à cette grêle de coups et qui ne pouvaient bouger à cause des traits qui leur avaient percés les muscles. La bataille fut courte et les nains en sortirent vainqueur, sans une seule égratignure.

"C’était du beau travail les gars !", s’exclama Korim. "A genoux maintenant, prions et remercions Kroublak de nous avoir sauvé des griffes de ces monstres, et également de nous avoir utilisés comme  ses outils pour protéger la paix qui régnait dans notre bon village."
Ils entamèrent donc une petite cérémonie sur le lieu de la bataille, puis prirent leur haches et décapitèrent les trolls, les plantèrent sur deux belles piques, et retournèrent à la bourgade où ils furent accueillis en héros, couverts de bière, d’or et de baisers de jolies naines à barbe…

 
     

 
par Krishpa
le 30/07/2005
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