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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Chapitres : 1 2 3 4 5
Type de document : Conte

     
 

Chapitre troisième : Un sauvetage prophétique


Comme le groupe mené par Halyr était suffisamment loin, Juhn descendit dans sa barque furtive pour se rapprocher et se préparer à réceptionner l’ange de lumière, comme la prophétie le disait. Bien qu’il y croyait dur comme fer, il fût néanmoins très surpris de le voir tomber à peine à trois mètres de lui dans l’eau. Comme la brume était très épaisse il savait qu’ils seraient parfaitement invisibles aux yeux des assaillants, alors il alluma sa torche électrique pour éclairer la surface de l’eau. L’ange qui avait perdu ses ailes parvint à remonter à la surface au bout d’une dizaine de secondes, mais la lame plantée dans son omoplate droite le faisait extrêmement souffrir. Il peinait énormément à respirer et ne pouvait se servir que de ses jambes pour se maintenir à la surface. Juhn l’attrapa sous les aisselles et le monta à bord de sa barque de sauvetage, en faisant de belles grimaces pour réussir son coup.

- Ne dîtes rien ! ha ! On va s’occuper de vous ! Haa !! Ça y’est.. restez allongé sur le ventre nous allons vous soigner à bord du vaisseau.
Juhn enclencha son moteur pour remonter dans les airs et rejoindre ce qui ressemblait à un bateau volant.
- Qui êtes vous ?, parvint à articuler Adrien. Mais Juhn lui répondit aussitôt de façon autoritaire : « silence ! concentrez-vous sur votre respiration ! »
Quelques secondes plus tard il dit à Adrien : « je pensais pas vous trouver dans de telles circonstances ! c’était du gâteau ! … à part que vous êtes plus lourd que je ne le pensais ! Mon nom est Juhn, je suis prêtre de Bildor le dieu créateur. »
Adrien sourit, sa tête couchée sur le côté. Il vit le vaisseau dans les airs au loin et ne pu contenir sa joie malgré la douleur qui l’élançait dans son dos.
- Vous existez pour de vrai ! … je le savais ! …
- Bien sûr que j’existe ! Et vous aussi d’ailleurs ! Bon calmez vous maintenant, nous allons vous transporter dans l’infirmerie à bord du vaisseau.

Le vent leur fouettait les cheveux au visage, alors que la barque volante atterrissait à l’avant du vaisseau où deux autres hommes vêtus de manteaux marron à capuches les attendaient les yeux pétillants comme des enfants.
- Alors c’était vrai Rhaf ! explosa le plus grand des deux
- C’est dingue ! on a vraiment eu raison de suivre les prophéties ! allons, vite aider Juhn, Behr dépêche toi ! enchaîna le petit.
Les deux hommes encapuchonnés se précipitèrent vers Juhn et soulevèrent aussitôt le blessé pour l’emmener à l’infirmerie.
- Faites bien attention les gars ! Il a été poignardé dans le dos, évitez de lui faire bouger les bras.
Les trois hommes transportèrent Adrien dans une pièce toute blanche comme il n’en avait jamais vu auparavant. Ils le déposèrent délicatement sur un lit propre. Le drap blanc sentait bon et sa texture était douce. La pièce était insonorisée, Adrien se sentait en sécurité et il s’endormit aussitôt. Il avait perdu du sang et était très fatigué après toutes ces émotions. Il poserait ses questions à ses sauveteurs plus tard.
Juhn sortit de la pièce tout de suite.
- Je vais piloter, occupez vous de le soigner !
- D’accord ! répondirent Rhaf et Behr qui se préparaient pour la petite intervention chirurgicale.
La blessure était vilaine mais ils purent la nettoyer et la refermer avec habileté.

Adrien, pendant ce temps, était loin de tout ça. Son esprit voyageait à travers le temps et l’espace. Ni tristesse, ni douleur, ni aucune peur ne pouvaient l’atteindre. Son âme flottait à une vitesse phénoménale à travers l’obscurité et les étoiles, les systèmes, les galaxies passaient autour de lui comme on passe des arbres au galop sur un étalon très puissant. Puis le voyage intersidéral s’arrêta brusquement devant une sorte de sphère gigantesque à la fois opaque et translucide. De cette planète, sept fois grosse comme le soleil, émanait une aura, une lumière si puissante, une chaleur si glorieuse qu’Adrien se dit intérieurement qu’aucun être vivant et mortel ne pourrait être digne de supporter une telle énergie, si belle et si incompréhensible. Le passé, le présent et le futur lui étaient manifestés à travers l’intelligence de cette planète. Par la simple volonté de ses pensées, il pouvait choisir une époque à visionner et lorsqu’un doute ou une question surgissait, une voix puissante et douce lui offrait des réponses complètes, simples et claires. Cette voix était si rassurante, si familière et si pure qu’elle lui aurait donner envie de pleurer de joie mais il en était incapable, car il était dans un état de félicité qui surpassait toute émotion mortelle. Le langage de son interlocuteur lui était à la fois compréhensible et à la fois inintelligible dans son monde. La voix était aussi douce que le son produit par les cordes d’une harpe divine, et aussi puissante que le grondement des vagues de tous les océans réunis. Tandis qu’il était en apesanteur face à ce spectacle céleste, la voix lui dit de ne pas oublier ce qu’il venait de voir et d’entendre, puis Adrien fût comme téléporter d’un coup, le temps de cligner des yeux, ramené au présent dans l’infirmerie du bateau volant.

Il se réveilla brusquement sur son lit, inspira bruyamment et se redressa d’un coup :
- Je n’oublierai pas ! …Je ne peux oublier ! ..mais pourquoi ? ..s’exclama Adrien en s’adressant à la voix, mais il ne l’entendait plus.
- Doucement, ange sans ailes, répliqua Behr en posant une main sur le front du jeune visionnaire et en le faisant s’allonger sur le dos cette fois. Doucement mon jeune garçon, il faut se reposer pour le moment.
Adrien obéit docilement comme si c’était Kris, son mentor, qui lui parlait.
- Tu viens d’avoir une vision n’est-ce pas ?
Adrien ferma les yeux en guise d’acquiescement et Rhaf enchaîna : « Je me nomme Rhaf, je suis prêtre d’Elenia la demi-déesse de l’avenir »
- Et moi je suis Behr, prêtre de Kson le dieu du savoir. Nous sommes avec Juhn les hommes de foi des prophéties. Ceux qui ont été désignés et préparés par les dieux pour sauver l’élu qui apportera la paix sur le continent en déclin. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour t’aider à accomplir ta tâche divine.
Les deux prêtres croisèrent les bras et baissèrent la tête en signe de respect vis à vis de l’élu. Adrien se sentit gêné car il n’était pas au courant de toute ces choses, cependant il accepta leur soumission, car la voix lui avait tout expliqué dans sa vision. Il ne savait pas quoi dire en retour mais il leur dit ceci pour commencer : « Je m’appelle Adrien, je suis honoré de faire votre connaissance…je m’excuse d’avance de mon comportement, mais …votre technologie me parait tellement plus avancée que celle de Désolation ! » dit-il les yeux pétillants comme ceux d’un enfant le soir de Noël.

Soudain, la voix de Juhn se fit entendre depuis le plafond par le biais d’un haut-parleur.
- Nous approchons des côtes Bouclez vos ceintures et soyez bien sages dans vos sièges. Ca risque de secouer un peu lors de l’atterrissage ! Vous avez cinq minutes.
Adrien fût encore plus étonné d’entendre la voix de Juhn aussi clairement, comme s’il était dans la pièce avec eux. Behr et Rahf l’aidèrent à monter à l’étage pour s’installer dans leurs sièges pour se préparer à atterrir. Depuis la passerelle Adrien pouvait enfin voir le paysage. Il contempla l’horizon, la beauté do soleil qui se lève et les oiseaux qu volaient au dessous d’eux.
- C’est magnifique !. furent les seuls mots qu’il put articuler tant il était ébloui par la merveille de la nature qui s’éveillait sur ce continent inconnu.
- Tu n’as encore rien vu jeune Adrien ! dit Behr lui faisant un grand sourire. Tu verras à quel point le monde est beau sans la guerre…tu verras.
 
     


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par Elessar Felagund
le 27/07/2005
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