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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Science Fiction, Littérature
Type de document : Essai

     
 

  L’obscurité, l’air irrespirable, les cris incessants, les mouvements brusques, la boue sur le corps et le froid glacial du mois de février. Un homme sonne la retraite des troupes, des cadavres gisent sur le sol. Certains sont démembrés.  Avec la pluie torrentielle qui s’abat sur ce carnage, le sang serpente sur le sol creusé de petits ruisseaux.

Partout, des ombres noires attaquent, déchiquettent, décapitent…Des cris perçant me fendent le cœur, des hommes sont à genoux, priant, pleurant, suppliant le Ciel de les épargner, de leur laisser une dernière chance !

Mais moi…mon corps refuse de se déplacer, la fatigue s’est emparée de moi. J’observe cet amas de chair fraîche que les charognes auront le plaisir de déguster. Quel festin fabuleux pour des êtres si répugnants !

Mes yeux à demi ouverts ne veulent rien voir, un voile blanc  s’est glissé devant moi.  Je tremble… Ma tête tient avec difficulté, posée sur mes avants bras, elle me semble lourde, très lourde. Je suis là, dans cette vision macabre ! A plat ventre, étalé de tout mon long, à sentir de près l’odeur de la terre.

 

 

 

  La pluie redouble de violence, le froid lézarde mon corps de grands frissons. Je suis vivant, ici, toujours à même le sol. La scène sanglante que je vois en regardant vers la gauche n’est que plus terrifiante…

Le brouillard dans ma tête se dissipe, j’observe les alentours,  à mes côtés sont disposés en cercle, des enfants…. Que des jeunes enfants ! Encore des bébés ! Des larmes chaudes viennent tapisser mon visage blanc et sale, je suis pétrifié. Où suis-je ?  Je semble fermer la boucle, je suis le seul homme adulte dans ce cercle. Les enfants sont recroquevillés sur eux même, ensanglantés, tous nus, leurs yeux sont grand ouverts, et blancs, sans exception. Il y en a un, deux, trois ! Non quatre ! Ils sont neufs ! Moi je suis seul, habillé d’une sorte de salopette rouge, qui m’est inconnue. Que signifie cette disposition ?!

Je parviens à lever la tête, mon regard croise, avec  horreur, celui d’une femme. Elle n’est pas seule. Mes pleurs redoublent, je panique, j’essaie de me déplacer, je pousse de grands cris à peine audibles,  personne ne me répond. Je n’entends que des cris désespérés et douloureux. Je me rends compte que mes pieds sont liés, et par surprise que mes mains aussi !  Toujours ces combats pour unique paysage et l’incompréhension pour seul message. Tous ces efforts n’aboutissent à rien… Je cherche à retrouver les visages féminins…

 

 

 

  De grands piliers en bois sont plantés au centre du cercle, dans le sol humide. Ils me paraissent très hauts. Ils forment aussi un cercle, mais cette fois-ci, de cinq femmes le cou noué d’une grosse corde … Leurs cheveux longs cachent leur visage, leurs mains et leurs pieds pendent dans le vide. Une simple culotte leur laisse encore un soupçon de pudeur. L’eau dégouline sur leur corps dénudé et vierge de toute vie.

Cette vision me rend d’autant plus mal que je ne l’étais dès mon réveil. Je sens mes forces m’abandonner, j’ai des nausées, tout redevient blanc…

 
     

 
par EldatHnoRe
le 03/07/2005
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