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Sujets concernés par ce texte : Fantasy, Littérature
Chapitres : 1 2 3 4 5
Type de document : Conte

     
 

Des ténèbres il surgit
L’enfant des temps d’oubli.
Les anges l’auront choisi
Pour restaurer la vie.

Ce n’est pas sur Terre,
Mais plutôt dans les airs
Qu’il va trouver la foi
Et répendra la joie.

Au milieu des mensonges,
Il recevra des songes.
Au cœur des trahisons,
Il trouvera la raison.

Brandissant son épée
L’enfer il va frapper
Tous ceux qui auront tort
Seront face à leur sort.

Prologue

Un peuple divisé depuis des millénaires vit ses dernières années, avant l'accomplissement de terribles prophéties qui mettront en scène une bataille ultime pour décider du sort du monde des vivants.

En ces temps présents, le héros légendaire, chevalier du temps, le seigneur Cyrik avait disparu depuis vingt années déjà. On entendit plus parler de lui après sa victoire contre le seigneur démon Azar. Si bien que nul ne sait s'il est toujours en vie, ou s'il est mort comme beaucoup de gens du pays de Désolation le pensent. D'après la légende, un ange des cieux, à l'apparence féminine, l'aurait emmené dans le ciel pour le récompenser du succès de sa tâche. Cette Elenia l'aurait, dit-on, glorifié. Mais qu'est-ce que cela pouvait-il bien signifier ? Nul n'était capable de répondre à cette question à ce jour. De plus, les gens oublient vite et trouvent de nouveaux héros pour remplacer les anciens. Les villageois et les habitants des villes ne pensaient plus à ce chevalier héroïque. En effet, il y eut tant de guerres, depuis plus de mille ans, qu'on ne comptait plus les héros depuis le siècle passé, chaque famille en ayant au moins sept...
Cependant, cela faisait vingt ans qu'il n'y avait plus eu de véritable victoire. Chaque année, les forces maléfiques de l'armée des ténèbres avançaient un peu plus pour gagner du terrain, jusqu'à provoquer le désarrois et la panique parmi le peuple de Désolation. Tous les héros étaient tués au cours de sanglantes batailles sur les régions frontières, et leur moyenne d'âge ne cessait de baisser jusqu'à frôler la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte. Les parents pleuraient leurs fils chaque nuit. C'est pourquoi le peuple commençait à douter de l'efficacité du Roi Benegor et de ses généraux pour mettre un terme à cette guerre interminable. Car l'armée royale n'avait remporté aucune victoire depuis Cyrik, et les menestrels et autres bardes en vogue se mettaient à chanter des poèmes pessimistes et critiques pour enfoncer le clou et pousser le Roi à abdiquer pour laisser le trône à quelqu'un de plus compétent.
Quelque part dans le sud du pays, dans un village abandonné et inaperçu, des gens se rassemblaient et une force armée se constituait en secret, sous la direction du commandant Gadianton qui avait pris sa retraite de l'armée royale cinq ans plus tôt. Les hordes de Gadianton commençaient à prendre de l'ampleur et leur nom gagnait le coeur de beaucoup des jeunes hommes. Car d'après ce que l'on entendait, les forces de Gadianton parvenaient à repousser des légions de Thortuur, le général en chef de l'armée des ténèbres.
C'est ainsi que le peuple de Désolation fut partagé entre Gadianton et ses victoires officieuses, et le Roi Benegor avec ses défaites officielles. Les ténèbres planaient sur le palais royal de Benegor, et des murmures de complots, de révolutions et d'assassinats faisaient écho dans les rues d'Alesia, la cité royale qui était battie sur la côte ouest du pays.

Malgré ce contexte peu réjouissant, c'est en ces temps de frayeur qu'un nouveau héros surgira et rendra l'espoir, oui, le héros même des prophéties oubliées, qui ramènera la foi et la paix à son peuple incrédule.

Chapitre premier

« Quelque part non loin de la cité royale d’Alésia »

Le vent glacial soufflait avec puissance au bord de la falaise. Après une lutte acharnée et une course-poursuite interminable, Adrien était essoufflé et les gouttes de pluies qui tombaient se mêlaient avec sa sueur sur son visage ruisselant. Il n’y avait plus aucune issue, personne ne viendrait à son secours, il était fait comme un rat. Ses assaillants qui autrefois avaient été ses amis marchaient lentement vers lui à présent, agacé qu’il leur ait donné autant de fil à retordre. Ils étaient vêtus de capes en velour noir qui semblaient vouloir fuir leur propriétaires tant le vent était violent . Il faisait nuit et la tempête atteignait son paroxysme sur les côtes du Pays de « Désolation ».
Un des assaillants fit signe aux autres de rester en ligne, puis s’avança d’un pas disant :

- « Adrien abandonne ! Il n’y a pas d’autres issues ! Rejoins-nous mon ami ! Nous te considérons tous comme notre frère… » On l’interrompit.
- « Ouais… » dit un autre d’un ton ironique, prêt à se ruer sur la cible dès qu’on lui en donnerait l’ordre.
- « La ferme Néhor ! » reprit le premier. « Il nous a prouvé qu’il pouvait être digne de confiance ! » dit-il en tournant sa tête vers le groupe.
- « Pourquoi ?… » intervint Adrien haletant en essuyant son front de la main gauche, le regard vide.
- « Pourquoi voulez-vous trahir le roi Bénégor ? Réponds moi Halyr ! »
- « Nous avons tous grandi ensemble Adrien ! Tu sais aussi bien que nous que le royaume est au déclin et que l’armée des ombres de Désolation veut reprendre ses terres ! Si nous n’agissons pas maintenant il sera trop tard ! Nous devons nous rallier aux hordes de Gadianton dans les vallées de Thyr ! Ils sont suffisamment nombreux pour qu’ensemble avec l’armée du roi nous ayons une petite chance de nous en sortir et de renvoyer ces âmes damnées dans l’abyme des esprits ! Il faut tuer le roi pour notre salut ! »

Adrien réfléchit encore quelques secondes tout en évaluant la hauteur de la falaise. Il y avait bien une vingtaine de mètres de l’océan jusqu’à lui.
Malheureusement, il n’avait aucune chance de s’enfuir à la nage avec une tempête pareille. Des nuages ténébreux approchèrent alors des côtes à très basse altitude, ainsi la mer qui reflétait un puzzle fou du ciel rempli d’étoiles, la galaxie semblait pleurer sur ses enfants. Seules la lune pleine et quelques étoiles parsemées n’étaient pas cachées par les nuages remplis d’eau.

- «  Allez Adrien ! Rentrons. » insista Halyr. « Tu réfléchiras à tout ça avec nous à la maison ! Ne fais pas l’idiot il y a au moins trente mètres de haut, personne ne pourrait y survivre dans une tempête pareille ! »

Ils étaient tous obligés de crier s’ils voulaient être entendu à cause du bruit des vagues de la mer déchaînée et du vent qui soufflait à en faire tomber les pommes des arbres du verger de Kris, le mentor d’Adrien, qui se situait à un kilomètre à l’est de la scène.

- « Jamais ! » enchaîna Adrien, le cœur battant à tout rompre. « Je vais m’envoler et trouver de l’aide au royaume oublié ! Je me suis suffisamment entraîné et préparé, je le trouverai et nous sauverons Désolation. »

Nahor commençait à s’impatienter et s’amusait à faire claquer un de ses nombreux poignards dans son fourreau en le faisant entrer et sortir frénétiquement. Il mourait d’envie de planter une de ses lames aux dents crochues vers l’extrémité en plein cœur d’Adrien, une mort subite qu’il réservait déjà depuis quelques années à son rival.

- « Assez ! – s’exclama t-il – Finissons-en ! Nous perdons notre temps avec cet abruti ! Et puis on est trempé et on se les gèle ici ! »
- « Ne bouge pas Néhor ! »  cria Halyr. «  Adrien ! Ce royaume n’existe pas ! ce n’est qu’un conte de fées inventé par des soi-disant prophètes antiques il y a plus de milles ans ! Ressaisis- toi mon vieil ami, je ne te laisserai pas sauter dans le vide ! Arrête Adrien ! Nooon !!! »

Adrien s’était retourné d’un coup et une aura bleue l’entoura. Puis il s’élança dans les airs en se répétant inlassablement « pourvu que ça marche ! ».
Les hommes en capes noires fermèrent les yeux en baissant la tête sauf Halyr et Néhor qui se ruèrent vers Adrien qui n'était qu’à cinq mètres d’eux. La chute rapide faisait pleurer les yeux d’Adrien quand soudain des ailes fantomatiques apparurent dans son dos et il s’éleva aussi vite qu’il ne tombait dans les airs. Sa tunique de velour marron sembla devenir toute bleue et ses yeux étaient remplis d’une lumière éclatante. Il n’était plus qu’à quelques mètres des eaux furieuses mais était à plus de trente mètres au-delà de la falaise à présent, sous le regard époustouflé de Halyr et jaloux de Néhor, qui profita de cet instant surnaturel pour lancer de toutes ses forces une de ses dagues vers Adrien qui ressemblait à une créature divine.

- « Néhor, noooon !!! » hurla Halyr un peu trop tard.

La dague atteint sa cible en plein dans le dos, blessant grièvement l’ange de lumière qui chuta vertigineusement à une centaine de mètres de là dans la mer couverte de ténèbres épaisses.

 
     


Chapitres : 1 2 3 4 5  
par Elessar Felagund
le 15/06/2005
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