La lune était pleine, entourée de nuage noir, elle regardait d'un oeil attentif la ville endormie.
Puis le couteau tomba, perçant la chair, volant la vie. Le sang coulait, offrande a un dieu maléfique, cadeau aux divinités de la nuit. Les Crâne de l'enfer, tel était leur nom. Sur leur toge, un crâne entouré d'un cercle de feu. Ils étaient une dizaine, en plus des quelques hommes d'armes.Eux n'avaient que faire des Dieux noirs et autres affaires mystiques. Leur adoration allait à l'or sonnant et trébuchants qui alourdissait leur poches. Pour en avoir un peu plus ils étaient prêts a tout. Même accompagner des prêtres sombres dans une antique chapelle.
Joyaux de l'architecture gothique, les majestueux piliers étaient ornés de fresque et bas relief, les hauts lustres éclairaient d'une faible lumière les voutes. Le lieu était baigné dans une ambiance morbide et lugubre, propice aux cérémonies macabres. Au centre, illuminé par la lumière de la lune, filtrant à travers la rosace, l'autel baignait maintenant dans le sang. Une jeune fille, elle devait avoir quinze ou seize ans , était allongé sur l'autel. Son sang venait souiller son corps nu, elle avait cessé de trembler et était desormais aussi froide que le marbre sur lequel elle était allongée. L'homme qui se tenait devant elle invoquait les puissances occultes d'un ton monocorde. Derrière lui, les autres se mirent a prier, acte de foie impie. Le cadavre fut enlevé et trainé dans une salle annexe laissant une trace de sang sur les dalles de marbres.
Puis deux hommes en toge noire avancèrent jusqu'à l'autel. Il encadraient une jeune fille aussi jeune que la première, sinon plus. La pauvre était en larmes et semblait avoir abandonné tout espoir. Ses cheveux blonds, retombaient sur son visage pâle. A ses pieds subsistaient les cicatrices laissées par une chaine. Elle n'était qu'une esclave choisie au hasard pour mourir. Le maître de cérémonie l'empoigna par le bras et l'allongea sur l'autel, elle se laissa faire, toute vie semblait l'avoir quitté, mise a part les larmes qui continuèrent à couler. Le prêtre sombre n'y fit pas attention et d'un coup de couteau découpa la robe blanche de la jeune fille. Il traça ensuite des signes étranges à l'aide de sang humain. Puis il commença sa prière. Dans ses yeux, cachés derrière sa cagoule on pouvait lire l'envie de meurtre et le fanatisme extrême. C'était la même lueur que les fous et les tueurs. Il leva son couteau, la prière arrivait a sa fin.
Soudain il y eu un bruit terrible, les grandes portes s'ouvrirent d'un coup et un vent violent souffla toutes les bougie plongeant toute la battisse dans le noir, il n'y avait plus que la lumière de la lune pour éclairer les pauvres êtres apeurés. Tous se retournèrent d'un seul coup. Au début il n'y eut rien, puis ils entendirent des bottes claquer le sol. Lentement. Quelqu'un s'approchait, le bruit se faisait de plus en plus proche, puis s'arrêta. Personne dans la chapelle n'osa bouger. Tous attendaient. Peut être qu'un démon les observait ? Le sacrifice n'était sans doutes pas suffisant. Il fallait continuer. Le prêtre sombre serra sa dague sacrificiel. Et se retourna vers sa victime.
Et alors , il le vit. Un homme se tenait devant l'autel, il portait un plastron peint en noir , et a sa main gauche un gantelet d'argent. Ses cheveux noirs mi-long flottait autour de lui. Mais surtout ces yeux, des yeux d'un gris d'acier, froid et imperturbable. Effrayant! Voila le mot qui convenait le mieux pour designer cet homme.
Le prêtre tomba à genou, croyant à un envoyé des divinités obscures. Il leva les deux mains vers ce démon et lui implora pitié.
Au loin une cloche sonna. Et au même moment la tête du prêtre tomba, fauchée par une lame. L'homme contourna le cadavre encore agenouillé et se dirigea vers ceux qui restaient. Il avança jusqu'au milieu de la salle, personne n'avait bougé. Ils étaient comme tétanisés par la présence de cette homme. Le visage toujours impassible il arracha de son fourreau une épée longue et avança encore, sa lame frottant contre les dalles de pierres. Un des faux prêtre hurla de peur.
Deux homme armés et vêtu d'armure de cuir s'approchèrent de l'inconnu. L'action ne dura que quelques instants, le premier des hommes de main avait brandi une hache, et l'abattit avec violence en visant la tête de son opposant. Son comparse visa la hanche. L'inconnu leva son gant et para sans effort la hache. Quant à l'épée, elle fut bloquée par sa propre lame. Il resta un instant immobile, et d'un coup sec il repoussa les armes attaquantes. Puis il tourna sur lui même, et son épée tournoya avec lui et trancha les deux hommes de main. Quand il releva la tête ses yeux s'était enflammés, allumés par le sang de ses ennemis. Il mit son épée sur son épaule. Et fis un geste de la main vers les combattants restants. Son visage avait quitté son expression de marbre et arborait maintenant un sourire. Le sourire d'un enfant qui se mesurait a un de ces camarades, le sourire d'un guerrier devant un adversaire.
Les gardes du corps se regardèrent, puis attaquèrent a nouveau, cette fois ils étaient trois. Ils se dispersèrent et bientôt l'inconnu était encerclé. Il jeta un oeuil à ses trois opposants et sourit a nouveau. Ils se ruèrent a l'assaut. L'inconnu fit un moulinet avec son arme puis la planta par terre. L'instant d'après, il avait disparu. D'un bond il était venu au contact de l'un de ses adversaire et murmura : "Corne" . Sa paume ouverte vint percuter la poitrine du malheureux qui s'écroula, inerte. Ne s'arrêtant pas là, l'inconnu disparus à nouveau. Puis il rejaillit des ombres , récupéra son épée, égorgea un autre malheureux et lança son arme qui vint se ficher dans le corps d'un autre garde. D'un violent coup de pied l'homme a la capuche noir retira sa lame et dans un même mouvement occis le malheureux qui avait voulu le poignarder par derrière.
Devant le nombres de mort et l'invincibilité du "démon", les survivants commencèrent a paniquer et s'enfuirent sans demander leur reste. Ce n'étaient que des mercenaires, leurs souffrances ne valait pas tout l'or du monde. Les faux prêtres, voyant la situation perdue se précipitèrent vers la sortie. Deux détonations retentirent. Deux des faux moines s'écroulèrent une balle a l'intérieur du crâne.
Les canons encore fumants, l'homme en noir rangea ses deux pistolets, les recharger serait trop long et il n'avait pas besoin de ça. Il ne restait que les faux prêtres, certains s'étaient mis a pleurer, d'autres étaient restés immobiles, trop choqués pour faire quoi que ce soit. Il fit un large mouvement de sa lame, chassant le sang encore humide, puis la remit sur son épaule. La chasse était ouverte.
Plus tard on appellerait cette nuit : "Le soir de la rédemption"