Je maudis ces instants de silences éternels à la lumière des flammes,
Ce parchemin, si parfait et dénué de toute trace m’exaspère !
Tandis que cette nuit, son image, sans cesse, hante mes gestes
Mon écriture guerrière chuchote et m’effleure, mais ne s’est pas encore posée…
Alors que je voudrais l’en transpercer, le surprendre, le fasciner
Mais comment dit-on, sans effrayer…
Comment écrire avec des mots qui par d’autres que moi ont été créés
Le sentiment unique qui anime, qui torture et qui brûle, mais aussi apaise ?
Comment fait-on pour enfin s’en soulager avec les formules de ménestrel…
Celles qui devraient tatouer son âme de mes émotions réelles ?
La saveur de ses baisers est devenue ma nourriture. Le dessin de ses mains se prélasse dans mes yeux… L’ombre éthérée de son odeur persiste dans mes cheveux, Le timbre de la voix de cet humain dans mon esprit perdure et Au souvenir des regards qu’il a délaissés, je me surprends à succomber.
Suis-je naïve de penser que quelques rimes peut-être suffiraient,
Quand mon être, revêtu d’une armure pourtant, frissonne de se délivrer
De ces mots fugaces qui s’entremêlent et s’évanouissent aussitôt en fumée…
Dans ce cas, que l’on laisse cette folle illusion inspirer l’archère que je suis.
La plume hésite et apprend à écouter ce désordre terrifiant de mon esprit.
Et si comme ce Sorcier Noir intrigué, au matin, de moi on parvenait à s’approcher,
De doux reflets orangés sur mon visage et un vague sourire sur mes lèvres rosées,
Auprès des braises incandescentes de l’âtre, debout sans doute, on me trouverait
A contempler un parchemin déjà consumé de moitié, avec une simple affirmation effilée
D’une écriture elfique, une certitude inscrite à l’encre noire avec dextérité…
Je t’aime
par Fleur Sauvage le 07/02/2008
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