Dans une verte lande d'Yira
Qui a déjà connue mille légendes,
Au beau milieu d'un matin froid
Démarra cette histoire édifiante;
Dans cette étendue verdoyante,
Peuplée de bêtes pacifiques,
Débarquèrent, la démarche conquérante,
Deux grandes figures héroïques.
Le premier, invincible guerrier,
Barbare agile, vainqueur d'immondices;
L'autre, magicienne surdouée,
Pourfendeuse connaissant tous les maléfices.
En mission pour les Dieux,
Dans cette lointaine contrée,
Pour terrasser un démon affreux,
Nos héros furent envoyés.
Quand la mage trouva "la bête",
Ils restent pour le moins circonspect.
Celle-ci leur jeta un regard assez vide,
Les saluant d'un simple "bêêêêêêêêê".
"Alors c'est ÇA ?", fit, légèrement dépassé,
"Après les centaines d'horreurs découpées,
Le barbare en pleine contemplation.
Les orcs, les trolls, les harpies, les dragons,
Après avoir combattu pendant toutes ces années,
Après toutes ces chansons qui louent nos noms,
Nous, des demi-dieux, nous faisons déranger,
Pour pourfendre un simple mouton ?"
"À ta place, je me méfierais…"
Fit la magicienne, avec conviction.
"Si c'est pour lui que les dieux nous ont envoyés,
Ils doivent bien avoir leurs raisons"
"Tu es sûr que tu ne t'es pas égarée ?
Des bêtes, par ici, il y en a foison…"
"Crois-moi, son aura ne peut tromper,
Nous tenons bien notre démon."
Cette fois, c'est avec plus de méfiance,
Que les héros regardèrent l'ovidé.
Mais celui-ci, paissant tranquillement,
Ne répondit toujours que "bêêêêêêêêê".
"Alors, que doit-on en faire ?
Le découper ou bien le sauver ?"
Fit le guerrier à la sorcière,
Qui lui répondit, "ça n'est pas précisé"
S'en suivit une discussion,
Sur le mouton et son avenir,
La sorcière plaidant sa salvation,
Le guerrier voulant le rôtir.
Il fut finalement décidé,
Que chacun tenterait sa chance.
La sorcière tentera de l'exorciser,
Et sinon, ils s'en rempliraient la panse
La magicienne se concentra,
Regardant la bête dans les yeux.
Puis, doucement, elle s'en approcha,
Pour la jauger un peu mieux.
Pendant des heures, elle psalmodia,
Les centaines de formules qu'elle lançait.
Mais au final, rien ne changea,
L'animal ne faisait que "bêêêêêêêêê".
"Bon bah… À la broche ou juste grillé ?"
Fit, ramenant du bois pour le feu,
Le guerrier plus qu'affamé,
D'avoir patienté pour si peu.
La magicienne, fatiguée, découragée,
Soulevant les épaules, ne répondit pas.
Mais quand le barbare brandit son épée,
Un grand flash blanc éclata.
Quand la praire retrouva son calme d'avant,
La prochaine chose que la magicienne ressentit,
Fut bien plus qu'un léger changement…
…elle était devenue une brebis !
Cherchant le guerrier, pensant perdre la tête,
Elle a fouillé mais ne put le trouver;
Par contre, elle eu en face des mirettes,
Un mouton avec une épée à ses pieds !
Réalisant soudainement que c'était pour de bon,
Ils se regardèrent, paniqués, décontenancés,
Avant d'hurler "Au secours !" à pleins poumons…
…mais tout ce qu'on entendait, c'était "bêêêêêêêêê".
Mesdames et messires, quand vous passerez en ces lieux,
Si des moutons à l'air perdu vous croisez,
Ayez, je vous prie, un peu de pitié pour eux,
Ou vous savez ce qui vous attend désormêêêêêêêêê…